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Grandeur et décadence de Blackberry

Article très intéressant dans l’excellente ParisTech Review: Grandeur et décadence de BlackBerry. L’article montre comment la « disruption » est de plus en plus menaçante non seulement pour les entreprises établies, mais aussi pour les start-up à croissance rapide .

Blackberry a été fondée en 1984 comme Research in Motion par deux jeunes étudiants ingénieurs de l’Université de Waterloo – Mike Lazaridis – et de l’Université de Windsor – Douglas Fregin. Ils avaient environ 23 ans. Huit ans plus tard, un homme d’affaires expérimenté, James Balsillie, les rejoindra, investira une partie de son argent ($250k) et deviendra le « co-PDG » avec Lazaridis. RIM a financé une grande partie de son activité initiale avec ses partenaires (Ontario New Ventures – $15k; General Motors – $600k; Ericsson – $300k; l’Université de Waterloo – $100k; le développement local de l’Ontario – $300k) de sorte qu’elle n’a levé des fonds auprès des investisseurs qu’1995 seulement, y compris Intel en 1997. La société est entrée en bourse à Toronto en octobre 1997, puis sur le Nasdaq en 1999.

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Comme les auteurs le remarquent, « si BlackBerry représente à peine 1% des parts de marché du smartphone aujourd’hui, l’entreprise canadienne en contrôlait la moitié il y a quelques années. […] Or, dans cet âge de la rupture, l’histoire du BlackBerry est la mère de toutes les histoires. L’entreprise qui l’a lancé en 1998 pèse 20 milliards de dollars une décennie plus tard. Puis, quatre ou cinq ans après, cette même société, à bout de souffle, ne vaut plus que 3 milliards. Ce n’est pas seulement une histoire de rupture ; c’est une histoire qui résume la vitesse de la course technologique actuelle. »

Ils expliquent comment Lazaridis était un visionnaire lorsque les téléphones mobiles devaient être des dispositifs simples et comment il a échoué quelques années plus tard: « Le moment crucial, c’est janvier 2007, quand Steve Jobs se promène sur scène, à San Francisco, en tenant cet objet brillant que nous tous connaissons et adorons tous, et qu’il dit: « C’est un iPhone ». […] La partie vraiment fascinante de l’histoire de BlackBerry, c’est leur réaction ce jour-là. À Mountain View, chez Google, il y avait deux projets secrets : l’un pour un nouveau téléphone à clavier, l’autre pour un téléphone à écran tactile exploité sous Android. À la minute où ils ont vu Jobs présenter l’iPhone, ils ont réalisé que leur projet avec clavier était mort, et ils ont tout basculé vers le téléphone à écran tactile. Mike Lazaridis, lui, a regardé cette annonce, considéré ce qu’offrait Steve Jobs, et il a dit : « C’est impossible. » Une fois encore, l’ingénieur conservateur disait non, les réseaux ne pourront jamais transmettre toutes ces données. C’est une impossibilité. Ce n’est même pas logique que quelqu’un le propose. Il a eu raison les deux premières années. N’oubliez pas tous les appels interrompus, toutes les frustrations, toutes les poursuites contre Apple et les opérateurs. Cela ne fonctionnait pas… Mais ensuite cela a fonctionné, et RIM a eu tout faux. Deux ans, dans la technologie, c’est une vie complète ; au moment où ils ont enfin réalisé la gravité de la menace, ils en étaient à suivre la meute. »

Blackberry était (est encore) la réussite la plus connue de l’Université de Waterloo et Wikipedia mentionne à quel point Lazaridis a remercié son alma mater: En 2000, Lazaridis a fondé l’Institut Perimeter pour la physique théorique. Il a fait un don de plus de 170 millions de dollars à l’institut. En 2002, Mike Lazaridis a fondé l’Institute for Quantum Computing (IQC) de l’Université de Waterloo. Avec sa femme Ophelia, il a fait don de plus de 100 millions de dollars à l’IQC depuis 2002. Cela me rappelle ce que Logitech et Daniel Borel sont à l’EPFL (où je travaille). Vous devriez lire l’article complet et je conclus ici avec ma table de capitalisation habituelle…

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3 choses que tout premier entrepreneur devrait savoir selon le fondateur de HouseTrip

Un article remarquable que j’avais totalement manqué. je l’ai lu et hier grâce à une collègue de IFJ/venturelab, merci! Arnaud Bertrand ne donne pas les leçons habituelles relatives à l’argent, le produit, le marché, blablabla. C’est beaucoup plus profond et douloureux…:

1- Réussir à bâtir une entreprise c’est d’abord réussir dans l’art de recruter et de gérer des personnes.
2- Avoir un produit ou un service différencié est loin d’être suffisant pour capter votre marché.
3- Créer une entreprise et l’emmener vers le succès, c’est gagner beaucoup de combats contre soi-même.

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Vous devez absolument lire l’article en entier: https://www.hottopics.ht/stories/how-to/3-things-all-first-time-entrepreneurs-should-know/

Startup Land : l’aventure de Zendesk – du Danemark à la Silicon Valley jusque l’IPO

Nombre de mes amis et collègues me disent que la vidéo et les films sont aujourd’hui plus efficace que les livres pour documenter la vie réelle. Je me pourtant qu’il y a toujours dans les livres une profondeur que je ne trouve pas ailleurs. Une question de génération, sans doute. Le Silicon Valley de HBO est sans doute une description drôle et assez proche de la réalité de ce qu’est l’esprit d’entreprise high-tech, mais Startup Land est un excellent exemple de la raison pour laquelle je préfère encore les livres. Je n’ai pas trouvé pas tout ce que je cherchais – et je vais vous donner un exemple à la fin de cet article – mais j’ai pu ressentir de l’authenticité et même de l’émotion dans le récit de Mikkel Svane sur la construction d’une start-up et le développement de ses produits. Alors permettez-moi de partager avec vous quelques leçon de Startup Land.

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La motivation pour se lancer

« Nous ressentions que nous avions besoin de changer de vie avant qu’il ne soit trop tard. Nous savons tous que les gens vieillissent avec une plus grande aversion au risque avec les années. Quand nous commençons à avoir des maisons avec leurs prêts hypothécaires, et des enfants et des voitures, et les écoles et les institutions, nous commençons à nous poser. Nous investissons beaucoup de temps dans les relations avec les amis et les voisins, et faire de grands changements devient plus difficile. Nous devenons de moins en moins disposés à simplement tout jeter par la fenêtre et à tout recommencer. « [Page 1]

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« Dans mon récit, je vais développer le point de vue non conventionnelle que vous n’apprenez que dans les tranchées. Je suis allergique au saupoudrage de conseils business qui vise à donner une formule pour le succès. J’ai appris qu’il n’y a pas de telle formule pour le succès; le monde va trop vite pour que dure aucune formule, et les gens sont beaucoup trop créatifs –et itèrent toujours pour trouver une meilleure méthode. « [Page 6]

À propos de l’échec

Dans la Silicon Valley, il y a beaucoup de discussions à propos de l’échec – là-bas on y célèbre presque l’échec. Les gens récitent des mantras sur le « échouer vite » (fail fast), et les gens qui réussissent sont toujours prêts à vous dire ce qu’ils ont appris de leurs échecs, affirmant qu’ils ne seraient pas là où ils sont aujourd’hui sans leurs précédents et spectaculaires ratages. Pour moi, ayant connu la déception qui vient avec l’échec, tout cet engouement est un peu bizarre. La vérité est, d’après mon expérience, que l’échec est une chose terrible. Ne pas être en mesure de payer vos factures est une chose terrible. Laisser les gens partit et les décevoir, eux et leurs familles est une chose terrible. Ne pas tenir vos promesses aux clients qui ont cru en vous est une chose terrible. Bien sûr, vous apprenez de ces épreuves, mais il n’y a rien de positif dans l’échec que vous a conduit là. J’ai appris qu’il y a une distinction importante entre promouvoir une culture qui permet de ne pas avoir peur de faire des erreurs et d’admettre et une culture qui dit l’échec est une bonne chose. L’échec n’est pas quelque chose dont on puisse être fier. Mais l’échec est quelque chose à partir duquel vous pouvez repartir. [Pages 15-16]

Il y a d’autres jolis points de vue sur « être ennuyeux est beau » [page 23], le « travail à domicile » [page 34], « l’argent est non seulement dans votre compte bancaire, il est aussi dans votre tête » [page 35], et une « checklist non conventionnelle (et peut-être illégale) sur la manière d’embaucher » [page 127]

Je cite à nouveau Svane tout d’abord sur les investisseurs [page 61]: «J’ai appris une leçon importante dans cette expérience – qui a influencé toutes les décisions que nous avons prises depuis sur les investisseurs. Il y a un vaste éventail d’investisseurs. Les investisseurs professionnels sont extrêmement conscients du fait qu’ils ne seront couronnés de succès que si tout le monde réussit avec eux. Les grands investisseurs ont des relations uniques avec les fondateurs, et ils se consacrent à faire croître l’entreprise de la bonne manière. Les investisseurs médiocres et les mauvais contournent les fondateurs, et l’histoire se termine en catastrophe. Le problème est que dans les premiers jours de nombreuses startups ont peu d’options, et les fondateurs ont à interagir avec des investisseurs amateurs qui sont à courte vue et uniquement concernés par l’optimisation de leur propre position » [et page 93] « De bons investisseurs comprennent que l’équipe fondatrice est souvent ce qui porte l’esprit d’une entreprise et fait ce qu’elle est.  »

Et à propos de la croissance [Page 74]: « Même après le tour d’amorçage avec Christoph Janz, nous étions toujours à la recherche d’investisseurs. Si vous n’avez jamais été dans une start-up, cela peut sembler étrange, mais quand vous êtes un fondateur, vous êtes toujours essentiellement à la recherchede fonds. Construire une entreprise coûte de l’argent, et plus vite vous grandissez, plus vous avez besoin d’argent. Bien sûr, ce n’est pas le cas pour toutes les startups – il y a bien sûr des exemples de sociétés qui ont réussi uniquement grâce à leur trésorerie – mais la règle générale est que si vous optimisez la rentabilité, vous sacrifiez la croissance. Et pour une startup, il n’est question que de croissance. »

En mai 2014, Zendesk est entrée en bourse et l’équipe était si enthousiaste, qu’elle a tweeté de nombreuses photos! La société a levé 100M$ à 8$ par action. Ils ont fait un placement secondaire en mars 2015 à 22,75$ en recueillant plus de 160 millions de dollars pour l’entreprise. En 2014, le chiffre d’affaires était de 127M$ Zendesk! … Et la perte de 67 M $.

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Il y a un élément d’information que je n’ai trouvé ni dans Startup land ni dans les documents IPO : Zendesk a trois fondateurs, Mikkel Svane, PDG et auteur du livre. Alexander Aghassipour, responsable des produit et Morten Primdahl, ditecteur technique. Je suis un fan des tables de capitalisations (comme vous le savez peut-être ou pouvez le voir ici dans L’actionnariait de 305 start-up high-tech avec les parts des fondateurs, employés and investisseurs) et en particulier j’aime étudier comment les fondateurs partagent le capital à la fondation de l’entreprise. Mais il n’y a pas d’informations sur les actions de Primdahl. Je n’ai qu’une seule explication. A la page 37, Svane écrit: « l’argent, cela se passe dans votre tête. Tout le monde le traite différemment. » Aghassipour et Svane pouvaient vivre sans salaire dans les premiers temps de Zendesk, mais Primdahl ne pouvait pas. Il est possible qu’il ait eu un salaire en contrepartie de moins de d’actions. Je serais ravi d’apprendre de Svane si j’ai raison ou tort!

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Biocartis, la start-up à succès (presque) suisse.

Biocartis aurait pu être une réussite suisse, mais la société est maintenant basée en Belgique. Probablement pas une décision des investisseurs (ce à quoi on pense en général quand une start-up déménage), mais plutôt de l’équipe de management. Un des fondateurs est belge et c’est un entrepreneur en série impressionnant: Rudi Pauwels. Voici ce que vous pouvez lire dans le document IPO:

BiocartisHistory

Pourtant les chiffres sont intéressants. La société a levé plus de €200M avant son introduction en bourse de €100M cette semaine. Malgré ces énormes montants, les fondateurs ont gardé environ 5% de la société. Son prospectus d’IPO est disponible sur le site Web de la société. Elle a signé des accords avec Philips, Hitachi, Biomérieux, Abbott, Janssen et Johnson & Johnson et compte Debiopharm, basée en Suisse, parmi ses actionnaires. Voici mon tableau de capitalisation habituel:

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Célébrons une (trop rare) IPO suisse: Molecular Partners

J’aurais pu dire: célébrons une (trop rare) IPO européenne. Molecular Partners est une spin-off de l’université de Zurich fondée par le Professeur Andreas Plückthun, Christian Zahnd, Michael Stumpp, Patrik Forrer, Kaspar Binz et Martin Kawe en 2004. Elle a été financée par des investisseurs privés: un premier tour de CHF18.5M en 2007 et un second tour de CHF38M en 2009. Elle a aussi signé un grand nombre d’accords avec des sociétés pharmaceutiques, ce qui explique des revenus élevés pour une biotech. L’université de Zurich en est aussi actionnaire depuis un accord de licence signé en 2004, grâce auquel elle touche aussi des royalties.

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Il est intéressant je crois d’illustrer l’évolution de l’actionnariat en fonction des financements successifs, dont l’IPO qui a apporté une centaine de millions à Molecular.

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J’aime aussi mentionner l’âge des fondateurs. Le document d’entrée en bourse fournit des données et j’ai estimé les autres à partir du parcours académique (18 ans pour une entrée à l’université…) Une moyenne de 33 ans avec un écart de 20 ans entre les extrêmes. Je sais que l’argent reste un tabou; les Européens n’aiment pas afficher des fortunes, qui restent très théoriques, car on ne vend pas ses actions dans une biotech aussi facilement qu’en employé de Facebook… Pourtant il me semble important de célébrer le succès des fondateurs et de leurs investisseurs… Bravo à tous!

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Les entrepreneurs doivent-il avoir des compétences en start-up ? Deux réponses contre-intuitives

J’enseigne l’entrepreneuriat et je me demande souvent ce qui doit être enseigné. Je ne suis pas sûr. Dans le cours How to Start a Startup, Paul Graham et Peter Thiel ne fournissent des réponses à travers quelques exemples. D’abord Paul Graham. Il suffit de cliquer ici ou d’aller à la minute 5:26 ci-dessous ou lire le texte après la vidéo.

« Le deuxième point paradoxal, cela pourrait être un peu une déception, mais ce dont vous avez besoin pour réussir dans une start-up n’est pas une expertise dans des startup. Cela rend cette classe différente de la plupart des autres classes que vous prenez. Vous prenez un cours de français, à la fin vous avez appris à parler français. Vous ne pourrez sans doute pas parler exactement comme un Français, mais assez proche, non? Cette classe peut vous apprendre des choses sur les start-up, mais ce n’est pas ce que vous devez savoir. Ce que vous devez savoir pour réussir dans une start-up n’est pas une expertise dans des start-up, ce dont vous avez besoin est d’une expertise quant à vos utilisateurs.

Mark Zuckerberg n’a pas réussi à Facebook parce qu’il était un expert dans des start-up, il a réussi en dépit d’être un « noob » complet au début; je veux dire que par exemple Facebook a été incorporé comme une LLC en Floride. Même vous en savez plus que cela. Il a réussi en dépit d’être un « noob » complet au début parce qu’il comprenait très bien ses utilisateurs. La plupart d’entre vous ne connaissent pas les mécanismes pour lever des fonds, non? Si vous vous sentez mal à ce sujet, ne le soyez pas, parce que je peux vous dire que Mark Zuckerberg ne connait probablement pas la mécanique de levée de fonds; si il a fait attention quand Ron Conway lui a signé un gros chèque, il a probablement oublié à aujourd’hui.

En fait, je m’inquiète, ce n’est pas seulement inutile d’apprendre en détail la mécanique du démarrage d’une start-up, mais peut-être un peu dangereux car une autre erreur caractéristique des jeunes fondateurs est de passer à travers toutes les étapes du démarrage d’une startup. Ils arrivent avec une idée plausible, ils lèvent des fonds pour obtenir une belle valorisation, puis la prochaine étape consiste à louer un bureau agréable à SoMa et embaucher un tas de leurs amis, jusqu’à ce qu’ils réalisent peu à peu à quel point ils se sont fait baiser parce que en imitant toutes les étapes du démarrage, ils ont négligé la seule chose qui est en fait essentielle, qui est de faire quelque chose que les gens veulent ».

Deuxièmement, Peter Thiel sur le mouvement Lean Startup. Encore une fois il suffit de cliquer ici ou aller à la minute 44:55 ci-dessous ou lire après.

« Qu’est-ce que je pense du mouvement Lean Startup et de la pensée itérative où vous obtenez les commentaires des gens en opposition à la complexité qui peut ne pas fonctionner. Personnellement, je suis assez sceptique de toute la méthodologie Lean Startup. Je pense que les très grandes entreprises ont fait quelque chose qui était un peu plus qu’un saut quantique, une amélioration prodigieuse qui les différencie vraiment de tout le monde. Ils n’ont généralement pas fait de vastes enquêtes sur les clients; les gens qui dirigeaient ces entreprises, parfois, pas toujours, ont souffert de formes légères de syndrome d’Asperger, de sorte qu’ils ne sont pas réellement influencés et pas si facilement découragés par ce que les autres leur ont dit de faire. Je pense que nous sommes trop concentrés sur l’itération comme une modalité et pas assez d’essayer d’avoir un lien ESP virtuel avec le public et à trouver par nous-mêmes. »

NB: je crois que ESP signifie Extra-Sensory Perception

Zalando prépare son entrée en bourse

Zalando, l’une des start-up européennes les plus visibles doit devenir une société cotée le 1er Octobre en Allemagne. Ce n’est pas tant les chiffres que j’ai trouvé d’intérêt, mais combien il m’a été difficile de les obtenir. Comme d’habitude, l’Europe montre moins de transparence. Trouver le prospectus n’a pas été facile, et je ne suis pas sûr que j’aurais pu le trouver sans prétendre que je vis à Berlin. Et encore, je n’ai aucune idée de combien la société a levé, à quel prix et quand. Ce n’est pas dans le prospectus. J’ai juste toutes les dates des augmentations de capital et le nombre d’actions, cela n’aide pas beaucoup.

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Rubin Ritter, David Schneider et Robert Gentz

J’ai quand même pu construire ma table de capitalisation habituelle et voici ce que cela donne.

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L’actionnariait de 305 start-up high-tech avec les parts des fondateurs, employés and investisseurs

Je compile régulièrement des données sur les start-up, notamment l’actionnariat des fondateurs, employés et investisseurs ainsi que la taille des tours de financements. Cette mise à jour contient 305 start-up qui sont allées en bourse (ou en ont eu l’intention en déposant un dossier) ou qui furent des acquisitions connues.

Le succès inhabituel et extraordinaire de deux entrepreneurs en série: Andy Bechtolsheim et David Cheriton

Serial entrepreneur est un terme à la mode. Je n’ai jamais été convaincu par le lien entre l’entrepreneur en série et le succès. J’ai même fait une analyse pour ceux liés à l’Université de Stanford (consultez entrepreneurs série: sont-ils meilleurs?). Mais de temps en temps, vous voyez ces étonnantes et rares réussites.

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Andy Bechtolsheim (à gauche) et David Cheriton (à droite) [avec leco-fondateur de Arista, Ken Duda).

Andy Bechtolsheim est une icône de la Silicon Valley. En 1982, il a co-fondé Sun Microsystems. Né en Allemagne en 1995, il a déménagé aux États-Unis à 20 ans pour son master à CMU. Il s’installa dans la Silicon Vallley afin de travailler chez Intel, mais a ensuite atterri à Stanford pour son doctorat. Sun est venu par la suite. Il y est resté jusqu’en 1995…

David Cheriton est un professeur de Stanford. Né en 1951 au Canada, il a obtenu son BS à l’UBC et son doctorat à l’Université de Waterloo. Il arrive à Stanford en 1981. Je ne sais pas comment ils se sont rencontrés, mais ils ont co-fondé Granite Systems en 1995. Un an plus tard, la start-up est achetée par Cisco pour 220 millions de dollars. Bechtolsheim est resté chez Cisco jusqu’en 2003. Cheriton est toujours professeur à Stanford. Deux ans plus tard, ils rencontrent deux étudiants inconnus de Stanford, Larry Page et Sergei Brin. Chacun investit 100’000 dollars dans leur start-up, mais c’est une autre histoire …

En Février 2001, ils fondent ensemble une autre start-up, Kealia. En Avril 2004, « Sun a émis un total d’environ 20’000’000 d’actions ordinaires (y compris les options) en échange de toutes les actions en circulation et les options de Kealia » (source: Newswire). A cette époque, l’action Sun valait environ 4$, ce qui donne une valeur d’acquisition d’environ de 80 millions de dollars. Cette même année, Google est entrée en bourse (le 19 Août) à 85$ par action. Ils avaient reçu 1’600’000 actions pour leur investissement de 100’000$ (soit 0,0625$ par action, un multiple de 1’360 et avec un six mois de lock-up, la valeur de l’action a plus que doublé). Le succès de Kealia est tout relatif…

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Granite a pu avoir un logo, mais je ne l’ai pas le trouvé sur le web. Kealia était apparemment toujours en mode furtif. Pas de logo disponible non plus…

Mais il ne se sont pas arrêtés là. En Octobre 2004, ils co-fondé Arista Networks. Le nom était à l’époque Arastra. La société vient de faire son entrée en bourse, ce qui est la motivation de cet article. Et vous trouverez mon tableau de capitalisation habituel ci-après. Et parce qu’ils avaient ainsi fait beaucoup d’argent, les deux entrepreneurs en série ont financé presque entièrement la start-up eux-mêmes… Pas le moindre succès de tous!

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PS: Cheriton et Bechtolsheim sont-ils bons amis? Je n’en ai pas la moindre idée, mais le document d’iIPO d’Arista mentionne un litige, je vous laisse aller lire l’article en anglais en cliquant ici.

GoPro prouve qu’une start-up peut faire du matériel et réussir

GoPro vient de déposer son document d’entrée en bourse (voici le lien vers le document S-1 auprès de la SEC). Son fondateur Nick Woodman est si peu conventionnel qu’il est appelé le milliardaire fou.

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Mais ce qui est vraiment peu conventionnel est le fait qu’une société de matériel peut encore aller en bourse à l’ère des médias sociaux. Il y a d’autres caractéristiques peu conventionnelles, en particulier dans l’actionnariat. Le fondateur et son père possèdent ensemble plus de 40% de la société. Le premier développeur en possède encore environ 5%. Bien sûr, les investisseurs n’en ont pas autant… La Silicon Valley est également connue pour la force des réseaux alors comment est-il possible qu’un surfer puisse attirer l’attention de la région? Parce que les caméras GoPro sont superbes bien sûr! Eh bien, ce n’est peut-être pas tout… Irwin Federman est un VC légendaire, actionnaire de GoPro … et beau-père de Woodman…

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