Ce blog contient des articles issus du livre "Start-Up" et des articles originaux de Hervé Lebret. Le livre est disponible sur Amazon ainsi qu'en version électronique. Pour acheter le livre cliquez ici.

Archives pour le tag ‘Web2.0’

Si Twitter allait en bourse, un scénario tiré par les cheveux

1 mars 2011 1 Commentaire »

Twitter est avec Facebook, Groupon et LinkedIn, une des divas du web 2.0. Ce matin encore, court une nouvelle rumeur d’un investissement à une valorisation de $4.5B. Twitter a déjà levé plus de $250M et la dernière valorisation avait déjà atteint la somme record de $3.7B pour environ $45M de revenus en 2010 et 300 employés. A ce petit jeu, les trois fondateurs, Evan Williams, Jack Dorsey et Bis Tome sont déjà riches, d’autant qu’ils semblent que certains investisseurs achètent non pas de nouvelles actions, mais du stock aux actionnaires existant.

Je vais jouer à Madame Soleil en essayant de deviner comment l’actionnariat est réparti. Il y a trop d’inconnues pour que je puisse être très proche de la réalité, mais bon… En analysant les levées de fonds, en faisant l’hypothèse d’un plan de stock options classique et en suivant un article de Quora sur les fondateurs, voici le résultat:

LinkedIn prépare sa mise en bourse

1 février 2011 Commentez! »

L’annonce largement anticipée de l’intention de LinkedIn d’aller en bourse a finalement eu lieu la semaine dernière. J’ai donc pu me consacrer à un de mes exercices préférés, l’étude de la capitalisation et de l’actionnariat de la start-up. Mais j’ai ressenti une vraie frustration à la recherche de la part des fondateurs. Bien que Wikipedia mentionne que “la start-up a été fondée par Reid Hoffman et une équipe issue de Paypal et Socialnet.com (Allen Blue, Eric Ly, Jean-Luc Vaillant, Lee Hower, Konstantin Guericke, Stephen Beitzel, David Eves, Ian McNish, Yan Pujante, et Chris Saccheri)” et que le site web même de LinkedIn donne sa liste officielle de fondateurs, le document d’entrée en bourse ne donne que la part de Hoffman sans doute parce que la part des autres est trop faible. Voici donc la table de capitalisation (avec des date d’entrée en bourse et prix par action fictifs).

Autre information intéressante: la liste complète des investisseurs de LinkedIn.

Le réseau social - Facebook

19 octobre 2010 1 Commentaire »

Le nouveau film sur Facebook et son fondateur Mark Zuckerberg est un grand film. Il n’est sans pas très important de savoir ce qui tient de la fiction et de la réalité. Vous pouvez le voir comme une pure fiction et il restera un grand film grâce aux acteurs et au scénario.

C’est aussi un excellent travail sur le monde des start-up qui est décrit d’une manière très fidèle. Même si ce n’est pas un documentaire sur cet univers, il y a quantité de détails qui m’ont rappelé des histoires vécues!

La première leçon est que argent et amitié ne font pas bon ménage. Les histoires d’Eduardo Saverin, le fondateur dilué, de Sean Parker, le fondateur exubérant de  Napster et Plaxo puis mentor de Zuckerberg et la très brève apparition de Peter Thiel en sont de bonnes illustrations.

Il montre aussi la différence entre le monde compassé de la Nouvelle Angleterre, de Boston et de Harvard où certains semblent croire que les idées ou le talent sont tout et celui, post-moderne, de la Silicon Valley où ce qui compte sont les actes. C’est la raison pour laquelle la Silicon Valley est bien le Triumph of the Nerds. Le film montre à quel point Paul Graham est dans le vari en écrivant que la Silicon Valley est le mariage des nerds et des riches. Chacun y verra les vies folles, tristes, excitantes ou déprimantes de ces fous du travail, qui s’amusent comme ils peuvent. C’est à prendre ou à laisser, mais c’est une description très proche de la réalité des start-up.

J’ai cherché ce que les acteurs clés pensent du film. En voici quelques extraits. Eduardo Saverin a dit sur ce site-ci “The Social Network” was bigger and more important than whether the scenes and details included in the script were accurate. After all, the movie was clearly intended to be entertainment and not a fact-based documentary. What struck me most was not what happened – and what did not – and who said what to whom and why. The true takeaway for me was that entrepreneurship and creativity, however complicated, difficult or tortured to execute, are perhaps the most important drivers of business today and the growth of our economy.”

Quant à Dustin Moskovitz, il ajoute sur ce site-là: It is interesting to see my past rewritten in a way that emphasizes things that didn’t matter (like the Winklevosses, who I’ve still never even met and had no part in the work we did to create the site over the past 6 years) and leaves out things that really did (like the many other people in our lives at the time, who supported us in innumerable ways). Other than that, it’s just cool to see a dramatization of history. A lot of exciting things happened in 2004, but mostly we just worked a lot and stressed out about things; the version in the trailer seems a lot more exciting, so I’m just going to choose to remember that we drank ourselves silly and had a lot of sex with coeds. [...] I’m very curious to see how Mark turns out in the end - the plot of the book/script unabashedly attack him, but I actually felt like a lot of his positive qualities come out truthfully in the trailer (soundtrack aside). At the end of the day, they cannot help but portray him as the driven, forward-thinking genius that he is. And the Ad Board *does* owe him some recognition, dammit.

Et Zuckerberg lui-même (en anglais)!

Watch live video from c3oorg on Justin.tv
Cela vient de la Start-up School de Paul Graham; voici la suite.

Watch live video from c3oorg on Justin.tv

Bien sûr, il y a là de langue de bois institutionnelle. N’oublions pas que ces deux-là ont encore des actions dans Facebook! En parlant d’actions, il y a une autre chose qui m’a gêné récemment, à savoir que selon Forbes, Zuckerberg serait plus riche que Steve Jobs. J’ai eu une discussion sur le sujet avec un ami ce weekend et il était d’accord avec l’analyse alors que j’étais contre. C’est sans doute un détail, mais pour moi, tant que Facebook n’est pas cotée, la fortune de Zuckerberg est faite de papier qu’il ne peut pas vraiment vendre librement. Je suis sûr qu’il est déjà riche, il a sans doute déjà vendu pas mal de ses actions mais il n’est pas livre d’en faire ce qu’il veut tant que Facebook n’est pas en bourse alors que Jobs possède des actions qu’il est libre de vendre plus ou moins quand il veut. Ce n’est sans doute pas très différent tant Facebook semble être un succès, mais j’ai trop vu de start-up où les gens pensaient que la fortune liée aux actions était réelle et ne valait plus rien d’un jour au lendemain.

Quand ma fille m’a dit hier qu’elle pourra enfin expliquer à ses amis ce que fait son père, c-a-d qu’il travaille dans le monde des start-up, je me suis dit que le film avait au moins le mérite de montrer à une très large audience ce qu’est ce monde et comme le dit Saverin que l’entrepreneuriat et la créativité sont essentiels pour notre avenir.

Dernier point, que j’aborde de manière récurrent: la capitalisation et la structure actionnariale de Facebook. Comme Facebook n’est pas cotée, c’est un défi de s’atteler à sa tache et de séparer la vérité du mythe. J’ai utilisé les données disponibles sur le web. Le poitn le plus original est la dilution de Saverin de 30% à 5% alors que Zuckerberg ne passe que de 65% à 24%, pas vraiment proportionnel! Nous verrons quand Facebook ira en bourse, à quel point j’étais loin de la réalité!

A propos de “Once you’re lucky, Twice you’re good”

3 novembre 2008 Commentez! »

Voici le troisième que je signale sur ce blog concernant les entrepreneurs high-tech. En fait, il s’agit même du quatrième si j’inclus Inside Steve’s Brain (qui par contre ne décrivait qu’un seul entrepreneur). Les deux précédents contenaient une série d’interviews d’entrepreneurs célèbres, à savoir Betting it all and Founders at Work. La beauté (et sans doute aussi la faiblesse) de Once you’re lucky, twice you’re good est que le thème choisi est le web2.0 : cette nouvelle étape du développement de l’Internet est-elle une bulle spéculative ou bien une  révolution en marche ? Il est sans doute trop tôt pour juger mais l’auteur Tracy Lacy (qui apparaît dans un autre post) est assez convaincue qu’il s’agit d’une révolution.

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C’est un beau livre car il montre à nouveau la richesse des connections individuelles. Je l’illustre plus bas à la manière d’autres réseaux de relation que vous trouverez dans mon livre. Cette fois, Paypal et ses fondateurs semble être le tronc commun à de nombreux entrepreneurs. Faichild avait joué un rôle similaire aux débuts de la Silicon Valley dans les années soixante, puis Apple, Sun, Cisco plus tard.

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Un autre sujet intéressant concerne les investisseurs. Il y a une idée à la mode selon laquelle la capital-risque ne fut pas présent à la naissance du web2.0. Les business angels qui furent les entrepreneurs 1.0 auraient fait leurs propres expériences. La situation est plus complexe comme le montre le tableau qui suit. Greylock, CRV, Accel mais aussi Benchmark ou Sequoia sont très actifs.

Enfin, l’ouvrage montre que les entrepreneurs sont des passionnés. Je ne peux qu’encourager à la lecture de l’épilogue assez fascinant sur l’enfance de Max Levchin. Il faut toujours des légendes dans ces histoires et celle-ci est assez belle.

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Référence: Crunchbase et sites web des start-up.