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L’Université de Stanford, le lieu où l’optimisme se mèle à l’empathie

Les gens qui me connaissent pourraient bien être fatigués de mon enthousiasme à propos de l’Université de Stanford. Mes enfants se moquent de moi, et même certains de mes anciens professeurs! Pourtant, souvent, quand j’entends quelque chose à propos de Stanford, cela me rappelle le bon vieux temps. Mais pas seulement. Stanford regarde la plupart du temps vers l’avenir! Je lisais hier soir, le Stanford Magazine et ai été attiré par deux articles qui illustrent ma nostalgie (et d’une certaine manière, l’EPFL a des caractéristiques similaires aujourd’hui):

– Stanford et la Silicon Valley ne sont pas connues pour leur intérêt pour l’art. Cependant, l’université va ouvrir une nouvelle galerie d’art (près des sculptures de Rodin) sur son campus, montrant une importante collection d’art moderne privé de la famille Anderson. Plus sur la collection d’une vie.

StanfordArtGallery
le nouveau bâtiment de la Anderson Collection sur le campus de l’université de Stanford

– L’éditorial de son Président dit également des choses très vraies, comme « on me demande souvent ce qui distingue Stanford des autres universités. L’esprit d’entreprise de l’université est certainement une caractéristique distinctive. Mais il est un autre élément essentiel: le désir de rendre le monde meilleur pour les autres. » Encore une fois, on peut en rire, mais je vous invite vraiment à lire « Optimism Meets Empathy » de John Hennessy.

John Hennessy
John Hennessy

J’en ai fait une rapide traduction:

On me demande souvent ce qui distingue Stanford des autres universités. L’esprit d’entreprise de l’université est certainement une caractéristique distinctive. Mais il est un autre élément essentiel: le désir de rendre le monde meilleur pour les autres.

Dans un discours très émouvant lors du « Commencement » (remise des diplômes) cette année, les philanthropes Bill et Melinda Gates ont défini l’esprit de Stanford de cette façon: « c’est l’optimisme Il y a un sentiment contagieux ici que l’innovation peut résoudre presque tous les problèmes….. » Mais d’ajouter: «Si nous avons l’optimisme, mais pas l’empathie alors il n’est pas d’important de maîtriser les secrets de la science, nous ne pouvons pas vraiment résoudre les problèmes, nous sommes en train de travailler sur des devinettes.  » Ce fut l’un des plus beaux discours de Commencement que j’ai entendu -pragmatiques et plein d’espoir, émouvant et détaillé, je vous encourage à le lire ou l’écouter en ligne. [N’oubliez pas celui de Jobs en 2005 ! – HL]

Les Gates partagent l’optimisme de Stanford, et, à travers leur fondation, ils travaillent à améliorer la santé dans les régions les plus pauvres du monde. Par exemple, Bill a dit avoir été profondément affecté en Afrique du Sud par les patients atteints de tuberculose multi-résistante. «Cette année, nous entrons dans la troisième phase d’un nouveau régime antituberculeux. Pour les patients qui répondent, au lieu d’un taux de guérison de 50 pour cent après 18 mois pour $2000, nous pourrions obtenir un taux de guérison de 80 à 90 pour cent après six mois pour les moins de $100. » Melinda a parlé du chagrin de voir des femmes qui meurent du sida, souvent sans traitement. A la fin de leur discours, je me suis dit que notre monde a la chance d’avoir ces deux personnes incroyables tout investis à l’idée que «chaque vie a la même valeur. »

Le désir de «promouvoir le bien-être public» est un principe fondamental à Stanford et une pierre angulaire de l’esprit de Stanford. Comme je le disais au commencement, cette année marque le 50e anniversaire de la mort d’un ancien élève qui a illustré cet esprit. Herbert Clark Hoover – ingénieur, entrepreneur, humanitaire et le 31e président des États-Unis – était un membre de la Pioneer Class de Stanford. Orphelin à l’âge de 9 ans, Hoover vivait avec son oncle dans l’Oregon où il a entendu parler d’une nouvelle université qui enseignait l’ingénierie et était, à l’époque, sans frais de scolarité. À Stanford, il a rencontré Lou Henry, notre première diplômée en géologie (1898) et la future épouse de Hoover.

Après leurs études, le couple a beaucoup voyagé pour la carrière de Hoover. Lorsque la Première Guerre mondiale a commencé, ils étaient à Londres. Avec beaucoup d’Américains bloqués en Europe, Hoover a commencé à mettre son expertise au service de problèmes humanitaires, afin d’aider plus de 120’000 personnes à retrouver leur foyer. Peu de temps après, il s’est attaqué à l’aide alimentaire belge. Avec une grande partie de la Belgique détruite et occupée par les armées des deux côtés, beaucoup ont considéré la logistique des denrées alimentaires comme un problème insoluble. Mais Hoover a convaincu les deux parties de laisser le Comité de secours de la Belgique de faire son travail, et il a dirigé l’effort de trouver plus de 1 milliard de dollars pour nourrir 11 millions de personnes.

Après la guerre, il a poursuivi ses efforts, dirigeant l’American Relief Administration pour nourrir 300 millions de personnes dans 21 pays. Quand certains se sont opposés à fournir des secours pendant la famine russe de 1921, il n’admit pas l’argument: «Vingt millions de personnes souffrent de la faim; quelle que soit leur politique, ils doivent être nourris. » Cela est resté l’un des plus grands efforts de secours alimentaire de tous les temps.

Hoover est connu mondialement comme le « grand humanitaire », un homme qui pouvait résoudre les problèmes mondiaux. Bien que l’effondrement du marché boursier et la dépression qui suivit peu de temps après son élection comme président des États-Unis a changé la façon dont on se souvient de lui, ses nombreux efforts humanitaires, pour lesquels il n’a jamais reçu un seul centime en compensation, furent probablement ses plus beaux cadeaux au monde.

L’engagement pour un monde meilleur et l’optimisme pour trouver des solutions, même pour des problèmes très difficiles, ont motivé Herbert Hoover il y a des décennies, tout comme ils motivent Bill et Melinda Gates. J’espère que même esprit inspire nos diplômés à contribuer un monde meilleur.

Quelques enseignements des start-up valant un milliard: licornes, super-licornes et cygnes noirs

Quelques collègues m’ont mentionné Welcome To The Unicorn Club: Learning From Billion-Dollar Startups de Aileen Lee. Je comprends pourquoi. L’article est étroitement lié à certains de mes principaux centres d’intérêt : croissance des start-up et dynamique des entrepreneurs. Aileen Lee a analysé les start-up dans le domaine du logiciel et de l’internet qui ont atteint le milliard de dollars de valorisation tout en ayant été fondées ces dix dernières années. Elle les appelle des licornes, alors que les super-licornes sont les entreprises qui ont atteint une valeur 100 milliards de dollars !

unicorn2a

Tout cela me rappelle mon analyse des 2700 start-up liées à Stanford. Vous pouvez consulter Les serial entrepreneurs sont-ils meilleurs? ainsi que Croissance et profits et dans une moindre mesure le lien entre l’âge et la création de valeur dans Y a t-il un âge idéal pour créer?

Aileen Lee a obtenu des résultats intéressants :
– Sur plus de 10.000 entreprises créées par an, il y a 4 licornes par an (39 dans la dernière décennie – soit .07 % du total) et environ 1 à 3 super-licornes par décennie,
– elles ont levé plus de 100 millions de dollars auprès de leurs investisseurs (plus de 300 millions de dollars pour les start-up « B2C »). Elles peuvent avoir été maigres (cf le mouvement lean start-up) à leurs débuts , mais elles grossissent rapidement!
– il faut plus de 7 ans pour une sortie,
– les fondateurs ont une moyenne d’âge de 34 ans,
– ils ont 3 co-fondateurs en moyenne avec une longue expérience ensemble, souvent datant des années d’étude,
– 75% des PDG fondateurs dirigent la société à une sortie,
– ils sont souvent diplômés d’universités prestigieuses (1/3 vient de Stanford),
– Le « Pivot » (un changement radical de stratégie à un moment de la vie de la start-up) est une exception.

J’ai trouvé cet article intéressant, important et j’ai même ressenti de l’empathie et laissez-moi vous dire pourquoi. On a une certaine tendance à sous-estimer l’importance de la croissance hyper-forte et hyper-rapide. La croissance est extrêmement importante pour les start-up. Atteindre 100 millions de dollars de valeur est un succès. En regardant le petit groupe qui atteint le milliard de dollars et 100 milliards de dollars est intéressant. Vous avez besoin d’argent pour cela (des VCs), vous n’avez pas besoin de beaucoup d’expérience, mais vous devez avoir la confiance des co-fondateurs. Les fondateurs de super-licornes semblent être les explorateurs de territoires inconnus. Il y faut de la passion et des moyens.

EPFL-BlackSwan

Sur ces licornes, j’ai fait une analyse similaire dans « Y a t-il un âge idéal pour créer? » J’ai aussi un âge moyen de 34 pour la 1ère expérience start-up de tous les fondateurs, et en ce qui concerne les super-licornes que j’appelle cygnes noirs (les événements totalement imprévisibles selon Taleb), j’ai identifié 10 super-licornes (voir ci-dessous) et il y a une à quatre par décennie depuis les années 60. L’âge moyen des fondateurs est 28 et même 27 si je compte le 1ère expérience.

[Mes cygnes noirs – Ancêtre: HP (1939); Années 60: Intel (1968); 70: Microsoft ( 1975), Oracle (1976), Genentech (1976), Apple (1977); 80: Cisco (1984); 90: Amazon (1994), Google (1998); 00: Facebook (2004).
Age des fondateurs – HP: Hewlett et Packard (27) – Intel: Noyce (41) et Moore (39) (mais ils avaient fondé Fairchild 11 ans plus tôt). Andy Grove avait 32 ans – Microsoft: Gates (20) et Allen (22) – Oracle: Ellison (33) – Genentech: Swanson (29) et Boyer (40) – Apple: Jobs (21) et Wozniak (26) – Cisco: Lerner et Bosack (29) – Amazon: Bezos (30) – Google: Brin et Page (25) – Facebook: Zuckerberg (20) – son cofondateur avait 22 ans].

Voici maintenant quelques données et statistiques sur les entreprises liées à Stanford. Vous pouvez consulter une présentation récente puis mes statistiques sur les licornes.

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Analyse des licornes liées à Stanford

Stanford unicorns by decade

Stanford unicorns by field

Il y a 3 super-licornes dans ce groupe (HP, Cisco et Google). Sur 2700 start-up, il y a 97 licornes, ce qui est un énorme 3% ! Cela signifie probablement que mon échantillon n’est pas exhaustif! En effet, le professeur Eesley estime que 39’900 entreprises actives peuvent trouver leurs racines à Stanford. Cela signifie désormais 0.2%. Maintenant, ce sont de vraies sorties tandis que Lee inclut des sociétés privées sans sortie, avec une valorisation fournie par leurs investisseurs. Quel que soit ce pourcentage, les licornes sont rares. Les miennes sont moins grasses que celles de Lee: elles lèvent $30M avec les VCs.

J’ai moins de 2 fondateurs liés à Stanford par entreprise (mais je ne compte pas ceux sans lien à Stanford). Cela confirme le commentaire de Lee que de nombreux fondateurs ont des liens qui datent de l’école. Il faut 8 ans pour une sortie (moins au cours des dernières années toutefois) et 7 ans pour décider de fonder une entreprise .

Le concept de licornes et la création de grande valeur sont intéressants pour ne pas dire un sujet important. Des valorisations de un milliard de dollars ne sont pas seulement des événements rares; elles nous disent quelque chose à propos de l’impact de l’innovation high-tech et de l’esprit d’entreprise . Ils sont possibles et souhaitables !

Stanford va investir dans les sociétés créées par ses étudiants

« La prestigieuse université américaine Stanford va désormais investir dans des start-up. » C’est ainsi que commence un article du journal Le Monde. L’auteur, Jérôme Marin, est plutôt négatif quant à cette décision, telle la citation suivante: « La confusion des genres est alimentée même au sommet de l’université : son président entretient des liens étroits avec plusieurs géants de la Silicon Valley, notamment Google dont il est membre du conseil d’administration. » Sans chercher à polémiquer, il me semble que le journaliste se trompe.

Stanford va investir

Mais avant de vous donner mon point de vue, j’aimerais mentionner que j’ai cherché d’autres articles sur le sujet, j’en ai trouvé au moins deux:
– celui de TechCrunch, proche de celui du Monde, Stanford University Is Going To Invest In Student Startups Like A VC Firm. L’article est également critique mais mieux informé… il parle aussi des tensions entre mondes académiques et des affaires. « That tension between academia and industry was highlighted this past spring when a number of students dropped out of school to start Clinkle » avec des références à un autre article du New Yorker.
– le communiqué de l’université de Stanford, StartX, Stanford University and Stanford Hospital & Clinics announce $3.6M grant and venture fund. Si on lit le communiqué attentivement, il est question d’un don de Stanford à StartX et d’un fond conjoint Stanford-StartX. StartX est un accélérateur créé par les étudiants et je comprends que l’université soutient donc cette initiative. Il n’est pas question ici toutefois d’un fond géré par Stanford comme par un VC.

La raison pour laquelle je pense que le journaliste se trompe c’est quand il dit que « Stanford va investir dans les sociétés créées par ses étudiants ». Comme si cela était nouveau. Même si on admettait que la prise de participation dans des start-up en échange de licences de propriété intellectuelle n’est pas un investissement en soi, Stanford a tout de même pris des participations dans plus de 170 de ses start-up dans le passé.

De plus « l’endowment » de Stanford a investi au cas par cas dans de nombreuses start-up dans le passé (ainsi que dans des fonds de capital-risque). Par exemple, j’ai trouvé dans une base de données que je construis sur les entreprises liées à Stanford, que Stanford a investi dans Aion (1984), Convergent (1980), Gemfire (1995), Metreo (2000), Tensilica (1998). le site LinkSv mentionne Stanford dans 143 entreprises. [Je suis conscient qu’il y a une confusion entre investisseur et actionnaire, de sorte que le sujet reste quelque peu confus].

Enfin, dans les années 2000, le bureau de transfert de technologie de Stanford, OTL gérait deux fonds, le Birdseed Fund (pour des montants de $5k à $25k) et le Gap Fund ($25k to $250k) comme l’indique le rapport annuel d’OTL de 2002.

Il n’est donc pas du tout nouveau que Stanford investisse dans les start-up de ces étudiants ou chercheurs. Il y a toujours eu des tensions, il ne faut pas le nier non plus. Un exemple assez peu connu traite des débuts de Cisco, spin-off de Stanford. Rien donc de nouveau sous le soleil. Mais je vais ajouter sans surprise que le résultat global me semble extrêmement positif pour tous les acteurs, l’université (y compris dans sa dimension académique), les individus, les start-up et l’économie plus globalement.

L’impact entrepreneurial de Stanford

Mon ami Jean-Jacques m’a rappelé cette nouvelle étude sur l’entrepreneuriat à l’Université de Stanford. Charles Eesley (qui est aussi le co-auteur de l’étude sur l’impact du MIT) et William Miller l’ont publiée en Octobre dernier après avoir interrogé des milliers d’anciens de Stanford . J’ai été un peu déçu par les résultats, mais il se pourrait que je sois partial (je travaille sur le sujet, voyez mon post précédent sur les entrepreneurs de Stanford) et aussi parce que je préférais l’étude du MIT. Il y a tant à dire sur Stanford et ses start-up! Il y a  tout de même des données très intéressantes (voir figures ci-dessous), et elles commencent avec le résumé:

« Le rapport […] estime que 39 900 entreprises actives peuvent retracer leurs racines à Stanford. Si ces entreprises collectivement forment une nation indépendante, son économie estimée serait au 10e rang dans le monde. En extrapolant à partir des résultats de l’enquête, ces entreprises ont créé environ 5,4 millions d’emplois et générer des revenus annuels de $ 2,7 trillions. » [Page 6]

J’ai aussi beaucoup aimé le petit paragraphe sur la prise de risque [page 27]: Lorsque nous avons demandé à Bechtolsheim si prendre des risques fait partie des raisons de son succès, il a plutôt proposé: « Le risque n’est pas le bon mot. Pour moi, Sun Microsystems était une start-up sans risque parce que je savais qu’il y avait une grande opportunité de marché pour ce produit. Il suffisait de se lancer pour le vendre. Franchement, les bonnes start-up ne prennent pas beaucoup de risques. Elles se concentrent sur des choix technologiques et des investissements dans des produits à la recherche de  marchés significatifs. Si vous construisez le bon produit au bon moment pour le bon marché, le succès est beaucoup plus prévisible. C’est encore vrai aujourd’hui « .

Maintenant, les chiffres que j’ai notés,  (il y en a beaucoup plus dans l’étude): le capital initial levé par start-ups est élevé. Il est cohérent avec mes données sur 190 entreprises cotées. La valeur moyenne est de 7,2 millions de dollars au total dans mon étude et la médiane 3,0 M $ (tous domaines confondus; les chiffres sont de 6,4 M $ et 2,7 M $ sans la biotech).

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De nombreux fondateurs sont des immigrants. En voici une nouvelle illustration

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Enfin, il y a une tendance intéressante sur le nombre d’années entre l’obtention du diplôme et l’acte entrepreneurial.

Eesley-Years-Aft-Grad

Un quiz pour les nouveaux étudiants EPFL de 2012

J’ai une petite tradition de soumettre un quiz lié aux start-up chaque année aux nouveaux étudiants de l’EPFL. Le voici:

J’étais à Helsinki la semaine dernière, et là, le président de Nokia a fait un exposé. «Le monde est en crise et la solution à nos problèmes viendra des créateurs et entrepreneurs. […] C’est pourquoi l’esprit d’entreprise devrait être chéri, ce n’est pas un métier, c’est un état d’esprit. […] Encore une fois, c’est un état d’esprit. »

La 1ère mission de l’EPFL est d’enseigner, sa 2ème mission est la recherche. Sa 3ème mission peut-être moins connue, est l’innovation et le transfert de technologie, qui comprend l’entrepreneuriat. Si vous avez des idées créatives, nous sommes ici pour vous aider. Plus sur http://vpiv.epfl.ch/innogrant

Pour vous montrer que ceci a été entendu au sommet des meilleures universités, tant le président de l’Université de Stanford que le président de l’EPFL ont été des entrepreneurs, ils ont été les fondateurs de 3 start-ups chacun. Je vais offrir une bouteille de champagne au premier étudiant qui m’envoie par email les noms de ces 6 entreprises. Je suis Lebret Hervé et je soutiens les entrepreneurs à l’EPFL.

La réponse se trouve ici, mais plus important encore, je vais revenir rapidement sur le discours de Risto Siilasmaa, le chairman de Nokia.

Les serial entrepreneurs sont-ils meilleurs?

Les serial entrepreneurs sont-ils meilleurs? C’est un sujet classique de l’entrepreneuriat et il me semble que la légende urbaine dirait plutôt que oui. Il y a des travaux académiques qui vont dans ce sens, avec l’idée que l’expérience compte. Pourtant, je viens de terminer un travail de recherche que j’ai présenté à la conférence BCERC à Fort Worth (Texas). Il est  basé sur mon travail passé sur les start-up liées à Stanford: Stanford University and High-Tech Entrepreneurship: An Empirical Study (vous pouvez voir ici la présentation et l’article). L’article sur les serial est disponible sur le SSRN network et vous pouvez aussi cliquer sur l’image pour voir la présentation (en pdf) que j’ai faite.


cliquer sur l’image pour voir la présentation pdf

Et la conclusion? Je ne trouve pas de preuve que les novices seraient moins bons. Il s’agit d’un « work in progress » mais parcourez les slides et vous le verrez en particulier sur les slides 7, 9 et même 20. La slide 7 donne des valeurs moyennes selon l’expérience. La slide 9 (graphiques q-q) monre autre chose: les serial font plutôt pire avec le temps. Enfin la slide 20 montre que le taux de succès des serial ayant réussi est de 28-29 % ce qui est similaire aux novices (le chiffre n’est pas sur la slide). Par contre les serial ayant échoué ont un taux de succès moindre. Comme si le talent comptait plus que l’expérience…

Croissance et profits

Je vais faire comme je fais parfois, juste mentionner ici un post en Anglais: High Growth and Profits, que je n’ai pas le courage de traduire entièrement. J’y parle de croissance, de profits comme deux domaines qui seraient contradictoires au début des start-ups, j’y parle de mon retour à la recherche académique à travers la conférence Babson où Ernesto Bertarelli et Nicolas Hayek ont été deux intervenants passionnants.

Bertarelli a parlé de
passion, fire and love,
team,
vision,
taking chances,
risk of failing is OK
donc de valeurs!

Quant à Hayek, il a parlé de l’importance des créateurs plus que des managers.

Enfin, j’y parle de mon débat avec d’autres chercheurs qui privilégient les profits sur la croissance, chose qui est peut-être valable pour les PMEs, mais peut-être pas pour les start-ups high-tech, du moins à leurs débuts…

Plus ici

Une brève histoire de Google

Il s’agissait du premier chapitre de mon livre! Je n’ai pas de secret à révéler sur Google si ce n’est ma brève mésaventure lorsqu’il fallut que j’obtienne l’autorisation de leurs gens pour le logo Start-Up que j’utilise pour ce blog. Ils me dirent oui, puis non, puis finalement oui, mais le livre était édité. J’ai aussi échoué dans ma tentative de leur vendre un brevet car ils affirmèrent n’acheter que des start-up, pas des brevets!

J’avais tout de même tellement lu de choses sur cette start-up que j’avais assez de matériau pour le premier chapitre de mon livre mais aussi pour des présentations que j’ai souvent faites à des étudiants, à des entrepreneurs et à toute personne intéressée par l’entrepreneuriat high-tech et Google en particulier. Donc après ces quelques années, j’ai pensé qu’il était temps de mettre en ligne la Google Story (en anglais, désolé!) que vous trouverez intéressante, je l’espère.

Quelques leçons (pas intuitives) de Stanford

Un de mes sites préférés (sur l’entrepreneuriat high-tech), le Stanford Technology Ventures Program, vient de fournir sa dernière livraison de clips vidéo.

Les leçons sont intéressantes car assez peu intuitives et peu communes:
– pas besoin de trop travailler
– faites ce qui vous plait
– il n’y a pas de règle pour un entrepreneur

Voici la première (en anglais): Les Grandes Idées Viennent aux Esprits Reposés. « Être un fou du travail n’est pas une garantie de succès. David Heinemeier Hansson notre que le produit principal de 37signals, Basecamp, fut créé sur une base de 10 heures de travail hebdomadaires, pendant une durée de six mois. Quand vous êtes débordés, vous ne pouvez pas être créatif. »

Et que penser de la suivante: Faites ce que Vous Aimez pour Aller où Vous Voulez. « John Melo, CEO de Amyris Biotechnologies, aimait construire des oscilloscopes, des circuits et des transistors – et pourtant il n’a pas fini ses études (un autre school dropout). Dans cette vidéo, Melo décrit sa carrière en dent de scie et comment sa passion, ses intérêts personnels et son esprit d’indépendance l’on conduit d’une expérience à une autre. Il affirme qu’il considérait d’abord have les occasions de faire ce qu’il aimait et qu’il ne se focalisait qu’ensuite sur les lieux où il voulait être. »

Enfin, Les Entrepreneurs n’ont pas de Règle. Entre autres, « ne renoncez jamais au titre de CEO… Dans de nombreux cas, c’est le fondateur qui est capable de fournir la vision pour bâtir efficacement le produit. »

Win, Win, Win

J’ai pris connaissance hier du 2008 Academic Ranking of World Universities réalisé par le Institute of Higher Education, Shanghai Jiao Tong University (IHE-SJTU). A nouveau les USA ont la part du lion: 8 dans le top 10 et 17 dans le top 20. Seuls le Royaume Uni (Cambridge et Oxford) et le Japon (Tokyo) entrent dans la liste. Le classement est beaucoup plus détaillé puisque qu’il donne le classement des 500 premières.

Lorsque j’ai publié “Start-Up”, j’avais eu une brève conversation avec Christophe Alix, journaliste à Libération, qui m’avait indiqué que je n’insistais pas assez sur le budget considérable dont le pentagone disposait pour la recherche et l’innovation. I Je n’avais rien à redire à l’argument et ma lecture récente d’un livre va en effet dans ce sens:

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“Creating the Cold War University- The Transformation of Stanford” de Rebecca S. Lowen est un livre intéressant. Il explique comment Stanford est devenue riche dans les années 50 et 60 grâce à l’argent public et aux contrats militaires et industriels. Frederick Terman, souvent considéré comme le père de la Silicon Valley, qualifia la situation de “Win-Win-Win”. Le gouvernement finançait la recherche fondamentale et appliquée (la différence entre les deux étant bien souvent floue) pour soutenir les efforts militaires durant la guerre froide, les industriels développaient des produits à partir des résultats de ces recherches (et n’avait pas toujours à payer cette recherche), et des sociétés telles que H-P, Varian, GE en bénéficièrent grandement. Enfin Stanford devint riche et excellente (ce qu’elle n’était pas dans les années 30).

Lowen explique que “by 1960, the federal government was spending close to $1B for academic research and university-affiliated research centers, 79 percent of which went to just twenty universities, including Stanford, Berkeley, Caltech, MIT, Harvard and the University of Michigan” (page147). Dans le classement de Shanghai, Harvard est #1, Stanford #2, Berkeley #3, MIT #5, Caltech #6 et Michigan #18 seulement…

Clairement l’argent aide. J’avais tout de même réagi à l’argument de Alix car l’argent des militaires ne peut pas expliquer à lui seul l’esprit entrepreneurial qui s’est développé à Boston ou dans la Silicon Valley. Caltech et son JPL n’ont jamais eu la même activité de spin-off. Mais la qualité des universités et leur richesse reste un des ingrédients clés des clusters technologiques.