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Archives pour le tag ‘Finlande’

Finlande (épisode 3)

3 novembre 2010 Commentez! »

La semaine dernière, j’ai rencontré Pekka Roine. Cela fait suite à mon voyage en Finlande (et à mes récents posts sur le sujet) où nombreux furent ceux qui me conseillèrent de rencontrer ce “Finn” établi en Suisse. Il s’était décrit comme “bbb = big, bald, and bearded” (gros, chauve et barbu)… alors j’ai répondu que j’étais “gg = grey hair and glasses” (grisonnant à binocles) afin que nous puissions nous reconnaître sur le campus de l’EPFL.

Nous avons au moins un point commun: nous avons passé du temps à Stanford et il m’a dit quelque chose de très intéressant sur cette université. D’après lui il y a trois points qui font de Stanford (mais on pourrait généraliser à d’autres lieux aux moins aux USA) un endroit passionnant:
- le moins important des 3 est que Stanford a les meilleurs professeurs au monde,
- le second en ordre d’importance est que sur place, vous vivez avec 200 personnes qui sont comme vous, donc vous n’êtes pas isolé,
- mais le point le plus important est que vous êtes loin de chez vous et que cela donne de la perspective et ouvre de nouveaux horizons.

Pekka a travaillé pour DEC avant que la société ne disparaisse et y a vécu les plus belles années de sa croissance. Ensuite et depuis 1994, c’est un indépendant qui a siégé au board de plus de 25 compagnies et il a aussi co-fondé deux sociétés de capital-risque, PTV et Conor.

Nous avons eu une conversation à bâtons rompus sur la manière d’aider au mieux les apprentis-entrepreneurs. Il croit au modèle israélien et à ses incubateurs, où de vrais professionnels sélectionnent 2 à 3% des meilleurs projets et les suivent attentivement. Il m’a parlé de cette personne qui après avoir échoué dans sa première start-up, vendu sa deuxième et mis en bourse sa troisième, se sent qualifier pour diriger un incubateur. Bon point!

Je ne suis pas un grand supporter des incubateurs, quelqu’un m’avait demandé si je parlais d’incinérateur, mais avec un modèle où l’initiative de Yozma fut privatisée avec les bonnes personnes et motivations, c’est peut-être un modèle que je devrais revoir. C’est peut-être là le moyen de résoudre l’insoluble, ce problème de poule et d’œuf dans le sens oui n’avons pas de modèles et donc d’entrepreneurs avec les bons modèles. Pekka croit aux échanges avec Israël, je crois au “Go West” qui est finalement similaire. Il doit y avoir des moyens de convaincre nos politiciens et décideurs, locaux et nationaux, académiques et économiques et nous ne devrions jamais nous lasser d’essayer et d’essayer encore parce que… Pekka, nous avons RAISON! Nous avons besoin de start-up de croissance qui créeront les emplois pour nos enfants.

Comme vous le voyez, la Finlande et les Finlandais ont été une belle source d’inspiration!

Finlande (épisode 2.5)

29 octobre 2010 Commentez! »

Comme suite a mon post et demi sur la Finlande (http://www.startup-book.com/fr/2010/10/28/israel-en-passant-par-la-finlande/ et http://www.startup-book.com/fr/2008/04/03/finlande), voici quelques enseignements que j’ai retiré de mes amis du nord de l’Europe. Laissez-moi juste préciser que j’ai visité l’Université d’Aalto ainsi que l’Université de Technologie de Jyväskylä.

La leçon principale est la confirmation que les petits pays tels que la Finlande, la Suisse ou Israël doivent être ouverts sur le monde. Nokia est un bon exemple de ce que peut accomplir un petit pays, mais cette entreprise inquiète les Finlandais car elle est en perte de vitesse face à Apple ou Android. Alors la Finlande cherche aussi de nouvelles idées avec comme références Israël ou les États Unis. Relisez mes deux posts cités plus haut pour voir combien Israël est une référence.

A Aalto, j’ai particulièrement aimé des expériences telles que

  • leur Venture Garage
  • leur Entrepreneurship Society
  • et évidemment leur voyage en Silicon Valley
  • Will Caldwell coordonne une grande partie de l’effort avec ses collègues et j’ai rencontré des gens passionnés tels que Pauli, Teemu, Panu, Jari, Paolo, Ramine, Matalie, Juha, Kristo et pardon à ceux que j’oublie …

    L’internationalisation ne signifie pas juste envoyer des sociétés ou des individus à l’étranger, cela signifie d’attirer des gens chez soi. J’ai été très intéressé par leur récente étude Silicon Valley Journey, Experiences of Finnish IT Startups from Dot-Com Boom to 2010, sur des Finlandais dans la Silicon Valley dont l’expérience peut être précieuse. Il y a là-bas une conscience que nous n’en savons pas assez sur la Silicon Valley, et nos écosystèmes (étudiants, entrepreneurs, investisseurs et organismes de soutien) devraient toujours être plus curieux de cette expérience unique. Cela signifie aussi attirer des investisseurs internationaux, ce qu’Israël (mais aussi la Suisse d’ailleurs) a très bien réussi à faire.

    J’ai vu des choses similaires à Jyväskylä, mais si cette ville est assez éloignée de la capitale, Helsinki. En voici trois illustrations:

    - les mentors tels que Jussi Nukari, aussi auteur de “Launching Your Software Business in America”,

    - l’expérience Protomo qui soutient els entrepreneurs localement,

    - les cours d’entrepreneuriat de Sharon Ballard qui vient d’Arizona (et qui m’a aussi questionné sur l’efficacité du programme SBIR aux États Unis, un programme qui m’a(vait) toujours laissé sceptique :-) mais ceci est une autre histoire!). Sharon amène une attitude typiquement américaine à des étudiants Européens. Et il n’y avait pas là que des étudiants Finlandais, mais un groupe très international de jeunes gens enthousiastes!

    Mille mercis à Juha Saukkonen qui m’a invité à JAMK et qui a peut-être oublié qu’il faut la 1ère personne à me mentionner le rapport Victa report, et merci à ses collègues, Asta, Mari, Heikki, Sharon, Jussi, Kari, Marko, et … Juha, Juha, Juha et Juha encore.

    Des leçons moins positives? J’ai cette impression qui revient régulièrement d’un manque de taille critique en Europe. Chaque pays, chaque région, chaque ville essaie de promouvoir l’innovation et c’est en effet ce qu’ils doivent faire. Mais ne prenons nous pas le risque de diluer l’effort en ne prenant aucune décision de lieux plus concentrés ou centralisés pour l’entrepreneuriat, comme d’ailleurs on le fait pour l’éducation, la recherche, voire le sport ou les arts? Je n’ai pas de bonne réponse à apporter sur le sujet tant il est difficile, et nous savons tous que de toute façon, il faut essayer et essayer encore. Mais les États Unis n’ont qu’une Silicon Valley, même s’ils ont aussi Boston, Triangle Park, Seattle ou Austin. Mais nous n’avons pas de Silicon Valley en Europe. Alors quelle est l’efficacité de tous ces efforts est une question bien délicate.

    Israël (en passant par la Finlande)

    28 octobre 2010 Commentez! »

    Je viens de passer 5 jours en Finlande et j’en suis revenu avec des enseignements intéressants. mais avant de les décrire dans mon prochain post, j’aimerais revenir sur la situation d’Israël, qui est de manière surprenante, un modèle pour la Finlande. J’avais découvert il y a quelques années le rapport Victa (cf un de mes posts plus anciens) et lors de mon récent voyage, Will Caldwell qui m’avait invité à Helsinki m’a offert son livre Attracting Foreign Investment into Early-Stage Finnish Technology Companies. An Examination of Different Investment Modes Including Case Study: Comparing High-Tech Investing Environments in Israel and Finland.

    Un des aspects intéressants de la stratégie des start-up israéliennes est leur forte internationalisation. Cela veut dire des investisseurs étrangers, mais aussi que ces start-up s’installent aux Etats Unis très tôt dans leur développement. Elles ont compris le Go West de mon post d’hier. Et bien sûr les M&As et IPOs qu’elles connaissent en sont une conséquence. Le livre de Will date de 1999 mais il n’est pas daté! Je vous en donne quelques exemples. Tout d’abord une comparaison saisissante de ce que les entrepreneurs ont besoin et de ce que les business angels (en Finlande) peuvent leur apporter.

    Le décalage est une thèse en faveur de la nécessité d’investisseurs internationaux. Cela est toujours d’actualité et pas seulement en Finlande.

    Mais voici plus de données sur Israël extraites de son livre.
    - Table 6: Israël avait plus de start-up cotées au Nasdaq que l’Europe toute entière. On pourrait penser que l’Europe a ses propres marchés mais cela serait trompeur.
    - Table 5: L’activité de M&A avec des acquéreurs essentiellement bien sûr. vous pourriez comparer ce tableau avec les M&A européennes de mon livre.
    - Appendix 4: les capitalisations des sociétés israéliennes au Nasdaq en 1998.

    Toutes ces données sont bien sûr impressionnantes, mais il faut aussi regarder les détails tels que les volatilités de ces stock! Cela montre à quel point il y a aussi de la spéculation dans tout cela. Même en Israël, il y avait diversité des situations. J’ai fait un peu plus bas une mise à jour de ces chiffres.

    Un dernier extrait de son livre compare ce que les entrepreneurs prévoyaient dans leur plan d’affaires et ce qui s’est réellement passé. Pas de surprise ici, mais j’avais rarement vu cette information!

    Voici donc mes mises à jour: J’ai utilisé les données du Nasdaq et de Wikipedia puis celles de Yahoo et Google finance. Vous trouverez donc les valeurs 2010 des sociétés qui étaient déjà cotées en 1998 ainsi que les sociétés cotées plus récemment. Pas de statistiques mais je trouve ces informations suffisamment intéressantes en soi.

    Finlande

    3 avril 2008 Commentez! »

    Je ne suis pas seul à me lamenter de la faiblesse de l’Europe en ce qui concerne les start-up. Juha Ruohonen, dans son rapport VICTA (www.tekes.fi/en/document/42911/victa_pdf), compare la situation de la Finlande et d’Israël et il arrive à des conclusions similaires aux miennes : pas assez de start-up qui croissent, un manque d’ambition, trop de start-up qui stagnent (« lifestyle »)

    La table qui suit se suffit à elle-même :

    finland-data.jpg

    Et son analyse des problèmes est la suivante:

    finland-probs.jpg

    Enfin il tire les conclusions suivantes : il y a en Finlande un besoin

    • De créer un écosystème pour une croissance forte
    • De multiplier le nombre de sociétés compatibles avec le capital-risque
    • D’éliminer le gaspillage de ressources destinées aux start-up lifestyle
    • De fournir une plateforme viable pou un développement international rapide
    • D’augmenter l’implication des grandes entreprises et le nombre de spin-offs de ses sociétés
    • De faciliter la transformation des projets de recherche en start-up de croissance

    Ceci peut être atteint

    • En passant de la quantité à la qualité
    • En se déplaçant d’une politique de projets à des structures efficaces sur le long-terme
    • En créant des structures qui permettent les succès commerciaux
    • En attirant des talents internationaux dans la communauté finlandaise.

    Mon commentaire : on peut remplacer Finlande par Europe et on a sans doute la même analyse. Il ne fait aucun doute que les solutions ne sont pas simples. J’ajoute toutefois qu’un pari sur la jeunesse, la prise de risque me parait être primordial (le “Stay Foolish, Stay Hungry” de Steve Jobs, décrit dans mon post de Juillet 2007) et que l’échange international passe aussi par une découverte de ce qui se passe à l’étranger.