Les accélérateurs, nouvelle mode de l’innovation?

The Startup Factories: The rise of accelerator programmes est certainement la meilleure analyse que j’ai lue sur la nouvelle tendance (la nouvelle mode?) dans le soutien aux start-up. « Les premières données suggèrent qu’ils ont un impact positif sur les fondateurs, les aident à apprendre rapidement, à créer des réseaux puissants et devenir de meilleurs entrepreneurs. Bien que les incubateurs soient parfois stigmatisés comme un soutien artificiel à la survie des entreprises, ces programmes d’accélération sont remarquables par la qualité élevée des mentors et les équipes avec lesquels ils travaillent et la valeur qu’ils ajoutent à ces entreprises. « [Page 3]

Si vous savez pas ce que sont les accélérateurs, alors voici de quoi il s’agit: un programme qui rassemble un nombre limité de porteurs de projets avec
• un processus de sélection ouvert à tous, mais très compétitif,
• des investissement de pré-amorçage, généralement en échange d’actions (quelques 10k$ pour 5-10%),
• un accent mis sur de petites équipes de fondateurs et non pas des fondateurs isolés,
• un programme limité dans le temps comprenant des événements et du mentorat intensif (généralement 3 mois)
• des cohortes ou « classes » de start-up plutôt que des entreprises individuelles (de 10 à seedcamp à 60 pour Y Combinator)

En outre, l’élément de limite dans le temps met la pression sur les entrepreneurs qui veulent faire bonne figure par rapport à leurs pairs; une journée de démonstration / des séances de pitchs des entrepreneurs ajoutent une pression supplémentaire pour la livraison de prototypes et la définition de leur vision. Il est évident que les fondateurs, business angels, VCs et même corporates bénéficient de cette nouvelle source de soutien.

Les programmes les plus célèbres sont Y Combinator, Techstars, Seedcamp et Startupbootcamp.

Alors, pourquoi ces programmes ont vu le jour. Les rationnels sont les suivants:
– Ils apportent des solutions nouvelles à l’innovation: [page 24] « Le problème que les accélérateurs résolvent pour les fonds de capital-risque, c’est qu’ils créent de nouveaux deal-flow. Un certain nombre d’investisseurs nous ont dit que c’était la raison principale de soutenir Seedcamp à Londres. Il n’y avait tout simplement pas assez de jeunes fondateurs ni de sociétés ayant des contacts avec le monde de l’investissement. La communauté du capital-risque a un intérêt à la croissance du nombre total de bonnes entreprises. Si elles peuvent attirer des personnes talentueuses dans les start-up plutôt que dans les grandes organisations, ce pourrait être une bonne nouvelle pour l’ensemble du secteur. »
– Ils donnent accès à des mentors de qualité et aux investisseurs pour des fondateurs qui reçoivent une validation précoce grâce à la sélection de l’accélérateur.
– Au moins dans le monde du web et du mobile, les coûts pour lancer une start-up sont en diminution.
– À nouveau dans ces mondes, il est plus facile d’atteindre de nouveaux clients et la route vers les revenus est moins semée d’embûches.
– Les concepts autour des « lean start-up » (Eric Ries, Steve Blank) permettent un développement de produits itératif grâce à des interactions efficaces avec les adopteurs précoces.

Maintenant, les accélérateurs ne sont pas des modèles éprouvés. Ils sont d’abord trop jeunes et deuxièmement, ils ont été critiqués pour les raisons suivantes [page 32]:
– Ils ne bâtissent que des entreprises relativement petites.
– Ils détournent les talents des autres start-up à forte croissance .
– Les bonnes entreprises échouent tout de même après les programmes d’accélération.
– Ils exploitent les fondateurs de start-up.
– Ils attirent les entreprises qui sont déjà en difficulté.
– Ils aident à créer une bulle.
– Ils sont juste des écoles de démarrage.

En conclusion: les accélérateurs sont intéressants pour les connexions et le filtrage qu’ils fournissent. Ils créent aussi de la valeur par l’aspect d’éducation, incluant une culture ouverte. Mais le modèle d’affaires n’est pas validé et s’ils s’appliquent bien au monde des applications logicielles, web et mobiles, le modèle est moins clair pour d’autres segments de la technologie . Si vous voulez en savoir plus, vous devriez lire ce très bon rapport 🙂

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