Le statut de l’innovation

A mon retour de congé d’été, j’ai lu quelques courriers d’amis ou collègues, ayant tous en commun un point de vue sur de nouvelles (en fait d’anciennes) tendances de l’innovation. Merci à Jean-Jacques, Andrea, Will et Martin :-). Voici les quatre articles en question:
Les Misérables – Europe not only has a Euro crisis, it also has a growth crisis. That is because of its chronic failure to encourage ambitious entrepreneurs publié par the Economist (Juillet 2012).
Small is not beautiful publié par the Economist également (Mars 2012).
In bid for start-ups, venture capitalists elbow their way into the spotlight from the International Herald tribune, (non disponible en ligne).
In Silicon Valley, Chieftains Hold Sway With Few Checks and Balances publié par the New York Times (Juillet 2012)

Le second est probablement le plus facile à résumer. Le message est si important qu’il est bon de le marteler à nouveau: l’innovation n’est pas un problème de grandes entreprises ou de petites (les PMEs), mais de croissance rapide (les gazelles, les start-up). Et laissez-moi ajouter: il s’agit aussi d’une culture de l’essai et de la prise de risque. « Plutôt que de se concentrer sur la taille, les décideurs devraient examiner la croissance. » […] « Dans une économie en bonne santé, les entrepreneurs peuvent facilement créer des entreprises, les meilleurs se développent rapidement et les moins bons sont rapidement balayés. La taille n’a pas d’importance. La croissance compte. »

Le premier article est plus complexe à décrire et je n’ai vraiment aimé que la première moitié. La seconde moitié explique que l’Europe se débat en raison de mauvaises lois sur les faillites, de l’accès difficile au financement et d’une mauvaise législation sur le travail. Je ne suis pas certain que ce soient les causes de notre crise de l’innovation. J’ai préféré la première partie, comme par exemple: « la culture de l’Europe est profondément hostile aux entrepreneurs; vouloir croître une start-up en un géant est tout aussi contre-culturel que les piercings ou les arts du spectacle. » […] « Ils auront du mal à embaucher des professionnels pour aider leurs entreprises à grandir, parce que les cadres européens sont extrêmement frileux. Les jeunes entrepreneurs découvrent rapidement que les entreprises établies en Europe ont tendance à ne pas aimer travailler avec des entreprises minuscules. » Et en conséquence, « les géants sont tous vieillissants ».

« L’Europe a donné naissance à seulement 12 nouvelles grandes entreprises entre 1950 et 2007. L’Amérique du Nord en a produit 52 dans la même période (voir tableau ci-dessus). » […] « Beaucoup d’entrepreneurs en herbe quittent l’Europe tout simplement. Il y a environ 50’000 Allemands dans la Silicon Valley, et on estime qu’il y a 500 start-up avec les fondateurs français dans la baie de San Francisco. Une des choses qu’ils y trouvent est une tolérance l’échec. » La solution n’est pas simple, mais il y a de l’espoir: « Il existe des programmes pour rendre les universitaires moins réfractaires à l’entrepreneuriat et exposer les étudiants aux notions entrepreneuriales. »

This leaves the wunderkinder of the Internet free to run their companies without interference. The question is whether this is merely a bubble in corporate governance or a trend that will spread to the rest of corporate America. »

Les deux derniers articles sont sans doute moins importants, mais donnent de nouvelles tendances intéressantes dans la Silicon Valley. L’article suivant montre que les capital-risqueurs sont de plus en plus visibles (pour séduire les entrepreneurs) et surtout grâce à ou à cause au nouveau fonds Andreessen Horowitz. Mais il y a là aussi débat (et je suis d’accord avec le commentaire qui suit):  »Je ne comprends pas très bien la célébrité des capital-risqueurs. Nous devrions soutenir les acteurs. Les entrepreneurs font le travail et méritent le crédit. » Mais Andreessen ajoute un commentaire intéressant sur la dynamique du capital-risque:. « Chaque année, 15 start-up représentent 97 pour cent de tous les bénéfices de capital-risque. Pour réussir, ils devront poursuivre ces 15 sociétés. Et ils doivent se marketer de façon agressive auprès des journalistes et des blogueurs qui suivent les start-up. » Le dernier article se plaint du trop de pouvoir des fondateurs et managers face au conseil d’administration ou aux actionnaires ». […] « Depuis que Google est devenue publique en 2004 d’une manière qui a donné le contrôle à ses fondateurs, les dirigeants de la Silicon Valley ont été avares quant les droits de vote des actionnaires. » […] « Les conseils d’administration sont destinés à agir comme un contrôle sur les cadres, ou du moins à proposer leur expertise et leurs conseils aux décideurs. Dans la Vallée, cependant, l’idée du CEO visionnaire domine, et il y a peu de place pour les administrateurs. » […] « Donc, la nouvelle tendance dans la Silicon Valley semble être de gérer les entreprises cotées comme des entreprises non cotées sans un apport important du board et des actionnaires. Cela laisse les petits génies de l’Internet libres de gérer leurs entreprises à leur guise, sans ingérence. La question est de savoir si il s’agit simplement d’une bulle spéculative dans la gouvernance d’entreprise ou d’une tendance qui se propagera au reste de l’Amérique des entreprises.  »

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