Posts Tagged ‘Passion’

La composante humaine de l’équation capital-risque.

Jeudi, août 21st, 2008

Un post intéressant de Fred Wilson pose la question du remplacement nécessaire des fondateurs par du management expérimenté « The Human Piece of the Venture Equation ». Je n’ai pas pu m’empêcher de réagir à son post puisqu’il s’agit de mon sujet favori : la passion dans les start-up. Voici ce que j’ai écrit.Le sujet est en effet passionnant. Comme ancien étudiant dans la Silicon Valley et comme ancien VC, j’ai vu beaucoup, beaucoup de start-up et de fondateurs. Mon intuition est que dans un monde idéal, le fondateur devrait être CEO aussi longtemps que possible. Laissez-moi faire une analogie (que j’utilise souvent) : une start-up est un bébé dont les fondateurs sont les parents. A moins qu’ils en soient totalement incapables, ils auront la responsabilité de son éducation. De nombreux « spécialistes » les assisteront (enseignants, médecins, etc.). Et bien sûr, ils feront des erreurs parfois mortelles. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils doivent le/la contrôler indéfiniment. Ca n’est pas du tout souhaitable (pour les parents du moins !). Et laissez-moi ajouter, mais peut-être suis-je devenu trop conservateur, que deux parents/fondateurs sont la formule idéale pour le bébé/start-up.

Je suis donc en accord avec la remarque de Wilson “nothing can replace the entrepreneur’s passion and vision for the product and the company. If you rip that out of the company too early, you’ll lose your investment. I think it’s best to wait”. J’ai publié Start-Up juste avant de lire “Founders at Work”, l’excellent livre de Jessica Livingston. J’ai essayé d’élargir la perspective car je ne suis pas sûr que l’Internet et le Web2.0 aient fondamentalement changé le problème. Oui, vous pouvez bâtir plus vite et à moindre coût mais Hewlett et Packard avaient un peu plus de 25 ans quand ils fondèrent HP en 1939. Gates, Jobs et Dell ne sont pas les premiers gamins des start-up. Il ne s’agit pas que d’ordinateurs et de logiciels. Je crois qu’il s’agit de passion, qui est peut-être plus importante encore que l’expérience. Il s’agit de mon intuition et sans doute des études approfondies seraient utiles à l’analyse. La Passion est un des mes sujets préférés.

Un dernier point. Faut-il remplacer le CEO quand “the CEO’s job goes from managing the product, writing a little code, doing customer support, and raising money to managing people and teams, processes and priorities.” Je n’en suis pas sûr. Je suis en accord avec cette remarque, mais aussi avec ce que Wilson dit plus tard quant au rôle du CEO dans la définition de la vision et de la stratégie. Ne peut-on pas demander aux autres managers dont le COO de maîtriser les processus ? Quand Logitech fut en difficulté, son fondateur, Daniel Borel, confia les rênes à un nouveau CEO, ancien homme de marketing chez Apple. C’est au moins sur le marketing qu’il redessina Logitech. L’histoire bien sûr unique de Steve Jobs a des similitudes (« Inside Steve’s Brain » est une autre lecture intéressante.)

Il est difficile de résoudre l’équation capital-risque et elle inclut de nombreux éléments contre-intuitifs. Elle n’est ni blanche, ni noire. Vous avez besoin de passion et d’expérience et par définition, on retrouve rarement les deux ingrédients chez la même personne. Voilà un autre argument pour l’utilité d’avoir deux fondateurs. Google a parfaitement résolu l’équation avec la venue d’Eric Schmidt car il n’y a aucun doute que les deux fondateurs restent essentiels pour leur start-up.

L’Europe manque d’entrepreneurs audacieux, pas de moyens

Mardi, avril 8th, 2008

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Merci à “Innovation - Le Journal” qui publie une interview ce matin, relative à “start-up”. Vous en trouverez le contenu sur “L’Europe manque d’entrepreneurs audacieux, pas de moyens.”

La difficile éclosion des start-up en Europe est généralement reliée à l’insuffisance du financement des projets innovants et au manque de business angels. Un point de vue que ne partage pas tout à fait Hervé Lebret…

The Art of the Start

Mardi, mars 4th, 2008

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The Art of the Start est un grand livre car il inspire. Guy Kawasaki, l’auteur, vous explique comment bâtir une vision, un message. Il ne s’agit pas d’écrire un business plan de 40 pages. Il y est question de “faire du sens” qui pourra impliquer “faire de l’argent”. Ce livre est direct, clair, limpide, et quand vous l’aurez lu, vous ne verrez plus les choses de la même manière. Courez l’acheter!

Voici un bref extrait qui illustre l’intérêt des start-up.

“L’innovation a souvent son origine hors des organisations, en partie parce que les organisation efficaces ont une maitrise du statu-quo et une résistance face aux idées qui pourraient changer les choses” - Nathan Rosenberg.

The Man Behind the Microchip

Mardi, février 5th, 2008

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The Man Behind the Microchip est une des meilleures biographies ayant pour sujet la technologie et l’entrepreneuriat. Ce livre est un plaisir à lire du début à la fin. C’est un livre essentiel sur la Silicon Valley, son histoire et son développement.

Voici une citation de Robert Noyce, le héros du livre, fondateur de Fairchild et de Intel:

Look around who the heroes are. They aren’t lawyers, nor are they even so much the financiers. They’re the guys who start companies

et l’auteur, Leslie Berlin, ajoute:

Noyce testified against an industrial policy managed by the Federal government. He referred to his own experience with Apple to strengthen his argument: “If I was not capable of identifying the future champions of technology, how could we believe that the government could do better?”

Voici un livre incontournable pour ceux qui s’intéressent aux start-up et à la high tech.

Steve Jobs à l’Université de Stanford en 2005

Mercredi, juillet 4th, 2007

Pas de meilleure manière d’initier un blog que de commencer avec Steve Jobs. Jobs fit un discours émouvant en 2005 sur la beauté de la vie. Je le considére comme la meilleure explication de la raison pour laquelle les start-ups sont intimement liées aux parcours individuels. Le site web de Stanford Web fournit texte et video. En voici ma traduction.

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“Vous devez découvrir ce que vous aimez” nous dit Steve Jobs.

Voici le texte du discours de Steve Jobs, PDG d’Apple Computer et des studios d’animation Pixar donné lors de la remise des diplômes de l’université de Stanford le 12 juin 2005.
Je suis honoré d’être avec vous aujourd’hui à la cérémonie de remise des diplômes d’une des meilleures universités de la planète. Je n’ai jamais été diplômé d’une université. En vérité, je n’avais été présent à une telle cérémonie. J’aimerais aujourd’hui vous raconter trois histoires personnelles. C’est tout. Ca n’est pas grand-chose, juste trois histoires.

La première histoire parle de liens entre les choses.

J’ai quitté le Reed College après six mois, mais je suis resté aux alentours comme un touriste (auditeur sans doute plus précis, mais bon) pendant encore dix huit mois avant de partir définitivement. Alors pourquoi ai-je abandonné l’université ?

Cela a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante, célibataire, qui décida de me confier à une famille adoptive. Elle était intimement convaincue que je devrais être adopté par une famille éduquée si bien que tout fut planifié pour que je sois adopté à ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que lorsque je vins au monde, ils décidèrent soudainement que c’est une fille qu’ils souhaitaient. Si bien que mes parents qui étaient sur une liste d’attente reçurent un appel téléphonique au milieu de la nuit leur demandant : « Nous avons un bébé garçon non attendu ; le voulez vous ? ». Ils dirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit plus tard que ma mère n’avait jamais reçu de diplôme de l’université et que mon père n’avait pas fini son lycée. Elle refusa de signer les papiers d’adoption définitifs. Elle finit par s’y résigner lorsque mes parents promirent qu’un jour, j’irai à l’université.

Et 17 ans plus tard, j’entrai à l’université. Mais je choisis avec naïveté un endroit presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents, famille modeste, allaient aux frais d’inscription. Après six mois, je ne vis pas l’intérêt de tout cela. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie et je ne voyais pas comment l’université allait m’aider à trouver la réponse. Et voila que je dépensais tout l’argent que mes parents avaient économisé jusque là. Je décidai de démissionner en étant persuadé que tout finirait par s’arranger. C’était plutôt effrayant à l’époque, mais avec le recul, ce fut une des meilleures décisions que j’ai jamais prises. A parti du moment même où j’étais parti, je n’avais plus à suivre les cours obligatoires, qui ne m’intéressaient pas, et je commençai à suivre ceux qui me semblaient intéressants.

Ca n’était pas tout rose. Je n’avais pas de chambre, et je dormais sur sol de chambres d’amis. Je ramenai les bouteilles de Coca consignées à 5 cents pour m’acheter de quoi manger, et je parcourais à pied chaque dimanche soir, les 11 kilomètres à travers la ville pour m’offrir un bon repas par semaine, au temple Hare Krishna. Je l’adorais. Et beaucoup de sur quoi je suis tombé en suivant ma curiosité et mon intuition se révéla être de grande valeur plus tard. En voici un exemple:

Le Reed College, à cette époque, offrait peut-être la meilleure formation en calligraphie du pays. Sur le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur les casiers était magnifiquement tracée à la main. Parce que j’avais abandonné le cursus et que je n’avais plus à suivre les cours normaux, je décidai de suivre ce cours de calligraphie pour apprendre comment faire. J’ai appris la typographie des caractères avec et sans empattement J’ai également appris à varier les espaces entre diverses combinaisons de lettres, à comprendre pourquoi une superbe typographie est superbe. Les subtilités pouvaient être d’ordre esthétique, historique ou artistique d’une manière que la science ne peut pas expliquer et je trouvai cela fascinant.

Rien de tout cela n’avait le moindre espoir d’utilité pratique pour ma vie. Mais dix ans plus tard, quand nous concevions le premier ordinateur Mackintosh, tout cela m’est revenu. Et nous avons tout intégré dans le Mac. C’était le premier ordinateur avec une belle typographie. Si je n’avais pas suivi ce seul cours à l’université, le Mac n’aurait jamais eu de caractères multiples et espacés en proportion. Et si Windows n’avait pas copié le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur ne les aurait. Si je n’avais pas tout abandonné à cette époque je ne serais jamais tombé sur ce cours de calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être jamais la merveilleuse calligraphie qu’ils ont aujourd’hui. Bien sûr il aurait été impossible de faire le lien entre ces choses a priori, quand j’étais au collège. Mais cela était devenu très, très clair a posteriori, dix ans plus tard.

Encore une fois, il n’est pas possible de faire le lien entre les choses a priori : vous ne pouvez les relier qu’a posteriori. Il faut donc faire confiance aux choses pour se rejoindre à l’avenir. Il faut croire en quelque chose, vos tripes, votre destin, votre vie, votre karma, ce que vous voudrez. Cette approche ne m’a jamais trompée et elle a fait toute la différence dans ma vie.

Ma seconde histoire parle d’amour et d’abandon.

J’ai eu de la chance – J’ai vite su repérer dans ma vie ce que j’aimais faire. Woz et moi avons lancé Apple dans le garage de mes parents quand j’avais vingt ans. Nous travaillions dur, et en dix ans, Apple est partie d’un garage avec nous deux pour devenir une société de plus de 4 000 employés et deux milliards de dollars de ventes. Nous venions de lancé notre plus belle création, le Mackintosh, une année plus tôt et je venais d’avoir trente ans. Puis, je fus viré. Comment peut-on être viré de la société qu’on a lancée ? Eh bien, Apple grandissant, nous recrutâmes quelqu’un que je croyais très talentueux pour diriger la société avec moi, et pendant a peu près un an, tout alla bien. Puis nos visions de l’avenir commencèrent à diverger et finalement il y eut rupture. Le conseil d’administration prit son parti et à trente ans, j’étais dehors. Et de manière très visible. Ce qui avait représenté toute ma vie adulte m’abandonnait. Ce fut une tragédie.

Je n’avais aucune idée de ce que j’allais bien pouvoir faire et cela dura plusieurs mois. J’avais l’impression d’avoir abandonné la génération d’entrepreneurs qui m’avait accompagnée- d’avoir laissé tombé le bâton du relais qui m’était confié. Je rencontrai David Packard et Bob Noyce et je tentai de m’excuser pour avoir aussi lamentablement échoué. C’est un échec très visible et je pensai même à quitter la Vallée. Mais quelque chose commença à renaître en moi – j’aimais toujours ce que je faisais. La tournure des événements chez Apple ne m’avait pas changé d’un iota. Et je décidai donc de tout recommencer.

Je ne l’avais pas ressenti au début mais être viré de chez Apple était la meilleure chose qui pouvait m’être jamais arrivée. Le fardeau du succès céda la place à la légèreté d’être à nouveau un débutant, mois pétri de certitudes. Cette liberté me permit d’entrer dans une des périodes les plus créatives de ma vie.

Pendant les cinq années qui suivirent, je fondai une société appelée NeXT, une autre société, appelée Pixar, et je tombai amoureux de cette personne fabuleuse qui deviendrait ma femme. Pixar parvint à créer le premier dessin animé de synthèse, Toy Story, et est aujourd’hui le studio d’animation le plus puissant du monde. Par un acte du destin étonnant, Apple acheta NeXT ; je retournais chez Apple et la technologie que nous développions chez NeXT est au cœur de la renaissance actuelle d’Apple. Et Laurene et moi avons ensemble une famille merveilleuse.

Je suis à peu près sûr que rien de tout cela ne se serait passé si je n’avais pas été viré d’Apple. Ce fut un traitement très douloureux, mais j’imagine que le patient en avait besoin. Parfois la vie vous frappe comme une pierre en pleine tête. Ne perdez pas la foi. Je suis certain que la seule chose qui me permit de continuer est que j’aimais ce que je faisais. Vous devez découvrir ce que vous aimez. Ceci est vrai pour votre travail comme pour vos amours. Votre travail va remplir une grande partie de votre vie et la seule manière d’être véritablement satisfait est de faire ce que vous croyez être du très bon travail. Et la seule manière de faire du très bon travail est de faire ce que vous aimez. Si vous n’avez pas encore trouvé, continuez à chercher. Ne vous résignez pas. Comme toutes les affaires du cœur, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et comme toute grande relation, elle s’améliore et s’embellit avec les années. Alors continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez. Ne vous résignez pas.

Ma troisième histoire parle de la mort.

Quand j’avais 17 ans, j’ai lu une citation qui disait quelque chose du genre : « Si tu vis chaque jour comme si c’était le dernier, un jour, tu auras certainement raison. » Cela m’impressionna et depuis lors, depuis 33 ans, je me suis regardé chaque matin dans la glace en me demandant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est ce que je ferais ce qui je suis sur le point de faire aujourd’hui ? » Et à chaque fois que la réponse était « non » trop de jours d’affilée, je savais que je devais changer quelque chose.

Ne jamais oublier que je vais mourir bientôt est le moyen le plus important que j’ai jamais utilisé pour m’aider à faire les grands choix de mon existence. Parce que presque tout, les espérances, la fierté, la crainte de la honte ou de l’échec, ces choses s’évanouissent face à la mort, ne laissant vivace que ce qui compte vraiment. Ne pas oublier que l’on va mourir est le meilleur moyen que je connaisse d’éviter le piège de penser que l’on a quelque chose à perdre. Vous êtes déjà à nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre les aspirations de son cœur.

Il ya environ un an, un cancer m’a été diagnostiqué. J’ai subi un scanner à 7h30, un matin, qui montra clairement une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent qu’il s’agissait certainement d’un type de cancer incurable, et que je ne devais pas espérer vivre plus de 3 à 6 mois. Mon médecin me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui est la manière de la profession médicale de vous préparer à mourir. Cela signifie d’essayer de dire à vos enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez avoir le temps de leur dire dans les dix prochaines années. Cela signifie être sûr que tout est planifié pour faciliter l’avenir de votre famille. Cela signifie dire au revoir.

Toute cette journée là, j’ai vécu avec ce diagnostic. Plus tard, dans la soirée, on m’a fait une biopsie. On m’a glissé en endoscope dans la gorge, à travers mon estomac et mes intestins, on a enfoncé une aiguille dans mon pancréas pour prélever quelques cellules de la tumeur. J’étais sous anesthésie, mais ma femme, qui m’accompagnait, m’a raconté que lorsque les médecins virent les cellules au microscope, ils se mirent à pleurer car il se trouva que j’avais une forme très rare de cancer du pancréas qui peut être soignée par chirurgie. J’ai subi une intervention chirurgicale et je vais bien aujourd’hui.

Il s’agit de ma plus proche expérience de la mort, et j’espère que ce sera la plus proche que j’aurai connue pour les dizaines d’années à venir. Ayant vécu tout cela, je peux vous en parler avec un peu plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept, certes utile, mais purement intellectuel.

Personne ne souhaite mourir. Même ceux qui rêvent du paradis ne veulent pas mourir pour y monter. Et pourtant la mort est la destination que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est ainsi que cela doit être, parce que la Mort est sans doute la plus belle invention de la Vie. Elle l’agent du changement pour la Vie. Elle nettoie l’ancien pour laisser la place au neuf. Vous êtes le neuf, mais un jour, pas si éloigné, vous deviendrez progressivement l’ancien et vous serez nettoyé. Désolé d’être aussi tragique, mais c’est la vérité.

Votre temps est compté, alors ne le gaspillez pas à vitre la vie d’autrui. Ne restez pas prisonnier des dogmes, c’est-à-dire du résultat des pensées d’autrui. Ne laissez pas le bruit des opinions assourdir votre propre voix intérieure. Et plus important encore, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. Ils savent quelque part déjà ce que vous voulez vraiment devenir. Tout le reste est secondaire.

Quand j’étais jeune, il y avait une publication fantastique, intitulé le Catalogue Whole Earth, qui était une des bibles de ma génération. Il avait été créé par un homme qui s’appelait Steward Brand, pas loin d’ci à Menlo Park et celui-ci l’avait produit avec une touche poétique. C’était à la fin des années soixante, avant les ordinateurs personnels et la bureautique, alors il était fait à l’aide de la machine à écrire, des ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en papier, 35 ans avant l’arrivée de Google : il était idéaliste et débordant de jolis trucs et de grandes idées.

Stewart et son équipe publièrent plusieurs éditions du Catalogue Whole Earth et la vie suivant son cours, le dernier numéro fut publié. C’était au milieu des années soixante-dix et j’avais votre âge. Sur la quatrième de couverture de ce dernier numéro, il y avait une photographie d’une route de campagne au petit matin, le genre de celles que vous parcourez peut-être en joggant si vous êtes un peu curieux. Au dessous, se trouvaient les mots : « Restez insatiable. Restez fou ». C’était leur message d’adieu au moment de tout arrêter. Et j’ai me suis toujours souhaité de le rester. Et maintenant que vous allez recevoir votre diplôme et entrer dans la nouveauté, je vous le souhaite également.

Restez insatiable. Restez fantaisiste.

Merci beaucoup.