Que vaut une start-up? ou l’entrée en bourse ratée de Facebook

Nouvelle chronique de la série « la start-up du mois » que j’écris pour l’EPFL

Lors de l’annonce de son entrée en bourse, en février dernier, tout le monde s’accordait à valoriser Facebook à près de 100 milliards de dollars. Aujourd’hui, Facebook a perdu 40% de sa valeur… Comme cela est-il possible?


Facebook a perdu plus de 40% de sa valeur

Facebook n’est malheureusement pas une start-up EPFL, mais la controverse autour de son entrée en bourse surévaluée me donne l’occasion de parler de la valeur des start-up, et en particulier celle de nos spin-off.

La valeur d’une entreprise n’est pas une mesure parfaitement scientifique, même s’il existe des techniques liées aux revenus et profits générés par la société – Logitech ou Swissquote, qui ont des liens historiques avec l’EPFL, sont mesurées de la même manière. C’est la loi de l’offre et de la demande qui prédomine : la valeur d’une société est le produit de son nombre d’actions par le prix par action. Les sociétés côtées sont otages des marchés et de leur humeur!

Quand les sociétés ne sont pas cotées, comme c’est le cas avec la majorité des start-up, on peut tout de même les valoriser. Le lecteur pourra approfondir le sujet en parcourant l’article «Répartition des actions dans les start-up » Quand les start-up EPFL telles que Eelcee, Abionic, Aleva ou Kandou (voir nos précédentes chroniques) ont récemment annoncé des levées de fonds, elles ont été valorisées par leurs investisseurs, même s’il n’y a pas de marché où acheter leurs actions. La Suisse nous donne toutefois quelques informations grâce à son registre du commerce dans lequel chaque start-up indique l’évolution de son nombre d’actions. Du coup, si vous connaissez le montant de l’argent levé, vous pouvez déduire le prix par action et donc la valeur de la société. Mais je ne ferai pas l’exercice, par respect pour la discrétion souhaitée par les entrepreneurs et les investisseurs… Dommage!

Il ne s’agit à nouveau que d’une valeur subjective dépendant de la bonne volonté des investisseurs. Facebook, tout comme Google il y a presque 10 ans, n’a pas tout à fait accepté les règles de Wall Street selon lesquelles une société acceptait d’être sous-évaluée lors de son entrée en bourse pour que le cours suive ensuite une courbe à la hausse. Ceci n’est que simple spéculation, et il faudra attendre quelques années avant de dire si l’IPO de Facebook fut ratée ou non.

Nos start-up ont un problème similaire. J’ai connu bon nombre d’entrepreneurs qui préféraient obtenir la meilleure valorisation possible quand ils levaient de l’argent. Ils oubliaient que la seule valeur est celle qui est créée sur la durée par leurs produits ou leurs services, et que la valeur d’une société est très volatile, comme l’a montré Facebook. Les entrepreneurs gardent une plus grande part de leur société, même s’ils semblent aussi ignorer le conseil de Daniel Borel, fondateur de Logitech: «On préfère un petit gâteau que l’on contrôle complètement qu’un gros gâteau que l’on contrôle seulement à 10% ce qui peut être un facteur limitatif.»

J’ai la conviction (bien que je me trompe souvent) que Zuckerberg marquera son époque comme Brin et Page. En Suisse, j’espère que nous verrons également bientôt une création de valeur locale similaire à celles de Daniel Borel, Mark Bürki ou Paolo Buzzi.

Références

L’entrée en bourse de Facebook

Les chiffres de Facebook aujourd’hui

Logitech

Swissquote:

Partage d’actions

Eelcee et les composites

Abionic – Deux millions levés pour l’appareil à détecter les allergies

Le registre du commerce suisse

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