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Yvonne Le Meur-Rollet, poétesse des XXe et XXIe siècle

J’ai déjà en juillet dernier mentionné ici cette poétesse assez méconnue et que j’aimerais appeler grande poétesse du XXIe siècle mais qui suis-je pour user d’un pareil qualificatif ? C’est la beauté d’Internet d’apporter beaucoup de liberté et aussi de pouvoir contribuer à la connaissance avec moins de barrières qu’au XXe siècle. On pourra se référer à la page Wikipédia d’Yvonne Le Meur-Rollet pour les données les plus factuelles possibles puisque c’est l’ambition de cette encyclopédie en ligne universelle.


Yvonne Le Meur-Rollet en avril 2025
(photographie par Marianne Frank)

Une rencontre impromptue m’a permis d’aller plus loin encore dans la connaissance et l’œuvre de cette belle artiste. Voici par exemple deux poèmes qu’elle m’a autorisé à publier :

Deux poèmes de l’auteur

La Mort 

Elle aime à chevaucher les cercueils et les dalles,
Cravache les tourments, fait courir les rumeurs
Au-dessus des gradins résonnant aux clameurs
Qui mènent les esprits dans les plus noirs dédales.
 
Je l’attends de pied ferme et ne cillerai pas
Quand elle gravira la colline en vendange
Et frappera du poing les vantaux de la grange :
J’entendrai sans trembler le bruit noir de ses pas.
 
Car je la connais bien l’aveugle loterie
Qui tourne à tous les vents, ivre de barbarie,
Et condamne le sage au destin du méchant.
 
Comme une vieille barque à la coque de chêne
Qui s’en va se briser sur un écueil tranchant,
Je m’élance vers elle en entraînant ma chaîne.

Déraison

Je viens de voir tomber la pomme,
Rouge, dans l’herbe du verger.
Je me sens ivre, soudain, comme
Un grand bateau prêt à sombrer.
 
Rouge, dans l’herbe du verger,
Tel un soldat qui fait un somme,
Un grand bateau prêt à sombrer,
C’est Arthur Rimbaud qu’il se nomme.
 
Tel un soldat qui fait un somme,
Dans un vallon, je l’ai blessé.
C’est Arthur Rimbaud qu’il se nomme…
J’ose enfin tout vous avouer.
 
Dans un vallon, je l’ai blessé…
Le cresson bleu est sans arôme.
J’ose enfin tout vous avouer :
J’ai fait couler le sang d’un homme.
 
Le cresson bleu est sans arôme,
Les rayons pleuvent sans mousser,
J’ai fait couler le sang d’un homme,
Nature ne peut me bercer.
 
Les rayons pleuvent sans mousser.
Je suis un criminel en somme :
Nature ne peut me bercer.
Je viens de voir tomber la pomme…

Avec ce choix de poèmes, Yvonne Le Meur Rollet a tenu à préciser que le « je » de la narration ne fait pas entendre sa propre voix mais celles de poètes masculins, tous plus ou moins névrosés, angoissés, perturbés ou mélancoliques ou auxquels elle rend hommage. Dans le sonnet « La Mort » il s’agit de la voix de Maurice Rollinat, dans le pantoum « Déraison », de celle de Paul Verlaine.

Critiques du style de l’auteur

Que dire de son style et de ses inspirations ? Ils sont décrits par les préfaciers de ses ouvrages :

Dans la préface à Après le déluge, Nathalie Lescop-Boeswillwald, docteur en Histoire de l’Art parle « d’un style limpide où le verbe dévoile sans jamais exhiber les retrouvailles amoureuses. […] Par le truchement d’une poésie arrimée aux sens, elle évoque cette part de nous qui fuit le miroir par peur de vieillir et de l’Après sans cet autre soi-même. »

Dans la préface à Sur les sentiers de la mélancolie, la même Nathalie Lescop-Boeswillwald écrit que « l’écriture d’Yvonne Le Meur-Rollet est lumineuse et sensible, resplendissante et simple à la fois. […] Ce sont les voies masculines de Poètes célèbres – tels Rollinat, Hugo [1], Rimbaud, Baudelaire, Verlaine (implicitement présents dans l’inspiration de l’auteur) et d’hommes anonymes rencontrés dans la « vraie vie » que l’auteur nous fait entendre tour à tour. […] Par une écriture classique (parfois néo-classique) où le pantoum croise le sonnet, Yvonne Le Meur-Rollet nous parle dans un langage tendre et universel […] traduisant leur mal de vivre et leur mélancolie. »

Dans l’introduction à Et maintenant que mes mains tremblent, Claude Prouvost, Président de Flammes Vives, décrit « une poésie [qui] s’appuie sur un rythme régulier, parfois volontairement bousculé, afin de traduire les moments d’émotion ou de désarroi d’un narrateur qui assume son « inculture » littéraire. On peut souligner que dans cet ouvrage, comme dans la majorité de ses ouvrages précédents, elle privilégie les images sobres, en employant des mots simples, choisis à la fois pour leur pouvoir évocateur et leur musicalité. »

Dans la préface à Saisons de pluie, le poète tunisien Patrice Fath écrit « tout est dans une subtilité qui rappelle plutôt les luxe, calme et volupté baudelairiens. L’auteur laisse sa nostalgie errer le long des rivages, nostalgie de l’amour, de la jeunesse, du voyage, du temps qui passe. Yvonne Le Meur-Rollet écrit ses poèmes dans un style régulier, agréable et rafraichissant comme une caresse d’alizé, ou tonique et sans concessions, tel le murmure du vent du large en pays breton. »

Dans la préface à Un bûcher d’acanthes, Jean Liabœuf : « Au-delà des émotions d’une ville de Marseille cosmopolite, odorante et pittoresque, ses poèmes par leur rythme, leurs images, leur sonorité, leur forme, sont un moyen de nous libérer des conventions et du déjà-dit : ils nous permettent d’entrer librement dans un monde qu’en lecteurs actifs nous réinventons et habitons autrement. »

Dans la préface à Souvent pour s’amuser… Jean-Paul Lamy parle : « d’une prose aussi simple dans le choix des mots que dans la condition sociale des personnages. […] L’eau est présente tout au long des ces pages, mais point de vagues qui déferlent : l’eau stagnante d’un étang, profonde d’un puits plus propice à cacher des secrets plutôt glauques. Yvonne Le Meur-Rollet se moque des lois du genre : la nouvelle se caractérise par une chute qui assomme le lecteur. Eh bien ces trois nouvelles ont un dénouement mais point de chute. Les dénouements s’écartent résolument des principes de la Morale, mais jamais un mot qui juge. » Et dans une dédicace pour Le chaos de la Divine, l’auteur confirme ce jugement : « Des nouvelles noires ou grises où les personnages condamnables sont souvent en quête d’amour. »

Quelques commentaires de plus

Dans quelques échanges qui suivirent le premier, des questions essentielles ont surgi sur le sujet de l’inspiration, de cette capacité rare à écrire comme si le narrateur était un homme et sujet connexe, la description des femmes à la première personne qui fait sans aucun doute qu’Yvonne Le Meur Rollet est une autrice féministe.

« Et chaque auteur donne une réponse différente. En ce qui me concerne je pense que j’ai eu la chance d’avoir beaucoup lu, d’avoir étudié la langue, d’en avoir mesuré la richesse, les nuances et la rigueur, d’avoir été attentive au monde et aux gens qui m’entourent, d’avoir éprouvé de grandes admirations pour les auteurs qui ont nourri mon imaginaire, d’avoir éprouvé des joies qui ont enluminé ma vie et d’avoir surmonté des peines intimes tout au fil du temps. Ainsi, j’ai commencé par engranger des matériaux de toutes sortes et je suis parvenue à maîtriser des outils nécessaires à la réalisation d’une « œuvre », à la manière obstinée et passionnée d’un artisan qui a le goût de « la belle ouvrage ».

« Au sujet de ma « capacité » de femme à prendre le point de vue d’un homme, il apparaît en effet que cette posture est plus rare que l’inverse. Beaucoup d’hommes l’ont fait dans leurs romans (le plus célèbre est sans doute Flaubert dans Madame Bovary [2]). Mais nombre de femmes ont excellé dans l’exercice. Après un petit échange avec Chat GPT, je retiens quelques exemples : Geoge Sand dans Indiana, Mary Shelley dans Frankenstein, Agatha Christie dans Les enquêtes d’Hercule Poirot et, plus proches de nous, Marguerite Yourcenar dans Mémoires d’Hadrien ou Anna Gavalda dans ses recueils de nouvelles dont Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part. Ce parti-pris d’écriture impose à l’auteure de s’effacer totalement derrière le narrateur-personnage masculin dont elle s’approprie le moi intime afin de s’identifier à son personnage. C’est un exercice que je trouve très enrichissant dans la connaissance ou la découverte de l’Autre et très exaltant sur le plan de la création littéraire. »

« Je crois qu’il n’est nulle part fait allusion au féminisme dans les préfaces de mes recueils. Mais, pour ce qui concerne la vie des femmes en général, j’en ai parlé au cours de l’entretien avec Stéphanie Noirard le jour du Festival La Houle des mots. » Cela reste à creuser !

Bibliographie

Recueils de poésie

  • Saisons de pluies Brest : Éd. An Amzer, 1999, 40p. (ISBN 2-908083-50-7) (réédité en 2022)
  • Brûlants silences Presses Littéraires de Saint-Estève, 2001
  • Sous l’écorce, les mots… Cours-la-Ville : Editions la Licorne, 2003
  • Confidences croisées Châtel-Guyon : CRDP de Clermont-Ferrand, 2003
  • Absente Vaison-La-Romaine, 2003
  • Noyades Brest : Éd. An Amzer, 2003, 27p. (ISBN 2-908083-74-4)
  • Après le déluge Limoges, 2004 (réédité en 2015)
  • Canicule Bergerac, 2004
  • L’aube des brûlures Paris, 2004
  • Un bûcher d’acanthes Cuisiat (la Salamandre en Vallière, 01370) : SPEPA éd., 2005, 20p. (ISBN 2-914376-15-4)
  • Guirlandes à la dérive Le Creusot, 2009 (inédit)
  • Deux souffles sur la flamme Roissy-en-Brie : Flammes vives, 2009, 53p., (ISBN 978-2-915475-63-0) (BNF 42198629)
  • L’étang perdu Pau : A portée de mots, 2010
  • Quatre galets dans une paume Douai : Éditions du Douayeul, 2017, 32p. (ISBN 978-2-35133-127-9)
  • Silences Lyonx : Salon des poètes de Lyon, Collection : Mignardises. Poésie ; n° 25, 2018, 29p. (ISBN 2-906569-45-3)
  • Au creux de ton sourire Lyon, 2018 (ISBN 2-90656-950-X)
  • Sur les sentiers de la mélancolie Argenton sur Creuse, 2019
  • Là où s’envolent les poussières dorées de l’enfance Limoges. Edit: Amis de Thalie (dépôt légal 1er décembre 2021)
  • Quatre jours en novembre 2024, 40p.
  • Et maintenant que mes mains tremblent Crouttes : Flammes vives, 2025, 53p., (ISBN 978-2-36550-198-9)

Recueils de nouvelles

  • Le chaos de la Divine Douai : Éd. du Douayeul, 2012, 72p. (ISBN 978-2-35133-094-4)
  • Souvent pour s’amuser… Fontanil-Cornillon : Zonaires éditions, Collection Lapidaires 2015, 36p. (ISBN 979-10-94810-00-2)
  • Points de suture 2016, 110p., (ISBN 978-1-519692-67-2)

Recueils de poésies et nouvelle

  • Trophée « Or des Aulnes » Halsou (Bibliothèque Pierrette Cazaux, 64480) : Kliho, 2002, 21p., (BNF 39021777)

Prix et récompenses

  • Prix de la ville de Plouzané 1999 pour Saisons de pluies
  • Prix du Cercle des Poètes Caducéens, la Queue en Brie 2001 pour Brûlants Silences
  • Prix d’Estieugues, Cours la Ville 2003 pour Sous l’écorce, les mots…
  • Grand Prix Richelieu, Châtel-Guyon 2003 pour Confidences croisées
  • Prix du recueil Poésie Vivante, Vaison-La-Romaine 2003 pour Absente
  • Grand Prix de la ville de Plouzané 2003 pour Noyades
  • Prix des Amis de Thalie, Limoges 2003 pour Après le déluge
  • Prix de l’Académie des Sciences, des Lettres et des Arts de Lyon 2003 pour « Pantoums » (recueil de poèmes inédits)
  • Prix Louis Bouilhet 2004 décerné par la Société des Poètes Normands pour Après le déluge
  • Prix du Manoir des Poètes, Paris 2004 pour L’aube des brûlures
  • Prix des Ecrivains du Pays de l’Ain, Attignat 2005 pour Un bûcher d’acanthes
  • Prix du recueil inédit 2006 décerné par la SPAF, Saint-Malo pour L’étang perdu
  • Prix européen des Amourines 2006 pour Après le déluge
  • Prix Léon Dierx Société des Poètes Français, Paris 2006 pour Guirlandes à la dérive
  • Prix Georges Riguet, Le Creusot, 2009 pour Guirlandes à la dérive
  • Prix Jean Aubert Flammes Vives, Paris 2009 pour Deux souffles sur la flamme
  • Prix Marceline Desbordes-Valmore décerné par la Société des Poètes Français, Paris 2011 pour Amours Naufragées (inédit)
  • Prix des Beffrois 2012 pour Le chaos de la Divine
  • Prix des Beffrois 2016, catégorie poésie pour Quatre galets dans une paume
  • Prix du Salon des Poètes, Lyon 2018 pour Au creux de ton sourire
  • Prix Maurice Rollinat – recueil inédit de poésie classique 2019, Argenton sur Creuse pour Sur les sentiers de la mélancolie
  • Prix des Amis de Thalie – Poésie classique, Limoges 2019 pour Sur les sentiers de la mélancolie 2019
  • Prix des Amis de Thalie – Poésie libre, Limoges 2020 pour Là où s’envolent les poussières dorées de l’enfance
  • Prix Maurice Rollinat – recueil inédit de poésie libre 2021, Argenton sur Creuse pour Quatre jours en novembre
  • Prix Jean Giono 2022 décerné par la Société des Poètes Français, Paris pour Quatre jours en novembre
  • Prix de poésie Jean Aubert 2024 pour Et maintenant que mes mains tremblent
  • Prix de l’édition poétique de la ville de Dijon 2026 pour Quatre jours en novembre

Notes

[1] Il est fait allusion à Hugo dans les références de l’auteur cela m’avait également frappé. Yvonne Le Meur-Rollet m’a signalé Elle était déchaussée, elle était décoiffée,de mon côté, je me suis souvenu de Vieille chanson du jeune temps
[2] On peut penser aussi au magnifique Dalva de Jim Harrison.

 

 

Doris Lessing à nouveau – à propos des Grands hommes

J’ai écrit dans Testament ou témoignage ? Lessing, Reich, Grothendieck, Jobs, Arles à quel point j’avais aimé lire Le carnet d’or.

Je viens de lire une page étrange qui m’a intrigué. Et encore plus étrange, j’ai découvert que la traduction française (que j’ai découverte en premier) était assez différente de la version originale. Allez sur l’article en anglais pour comparer ou à ma traduction ci-dessous. Voici le texte original (mais allez jusqu’à la fin de l’article pour une autre surprise) :

Mais, ma chère Anna, nous ne sommes pas les ratés que nous croyons. Nous passons notre vie à lutter pour faire accepter à des gens à peine moins sots que nous les vérités que les grands hommes ont toujours sues. Ils ont toujours su, depuis dix mille ans, qu’en enfermant un être humain dans un isolement total on peut faire de lui un ou une bête. Ils ont toujours su qu’un homme pauvre ou terrorisés par la police ou par son propriétaire est un esclave. Ils ont toujours su qu’un homme terrorisé est cruel. Ils ont toujours su que la violence entraine la violence. Et nous le savons. Mais les grandes masses, dans le monde, le savent-elles ? Non. Notre travail consiste à le leur dire. Car les grands hommes ne peuvent pas y perdre leur temps. Leur imagination s’emploie déjà à inventer des moyens de coloniser Vénus ; ils créent déjà dans leur esprit une vision d’une société composée d’être humains libres et nobles. Pendant ce temps, les êtres humains ont dix mille ans de retard sur eux, et sont prisonniers de la peur. Les grands hommes ne peuvent pas y perdre leur temps. Et ils ont raison. Parce qu’ils savent que sommes là, nous, les pousseurs de pierre. Ils savent que nous continuerons à pousser des rochers sur les premiers contreforts d’une immense montagne, pendant qu’ils sont déjà libres au sommet. Ils comptent sur nous, et ils ont raison. Et c’est pour cela que finalement nous ne sommes pas inutiles.

Voici maintenant ma traduction de la version originale, elle est assez différente de la traduction française au Livre de poche !

Toi et moi, Ella, nous sommes les ratés. Nous passons notre vie à nous battre pour que des gens un peu plus stupides que nous acceptent des vérités que les grands hommes ont toujours connues. Ils savent depuis des milliers d’années qu’enfermer une personne malade à l’isolement l’aggrave. Ils savent depuis des milliers d’années qu’un pauvre qui a peur de son propriétaire et de la police est un esclave. Ils le savent. Nous le savons. Mais la grande masse éclairée du peuple britannique le sait-elle ? Non. C’est notre tâche, Ella, la tienne et la mienne, de leur dire. Parce que les grands hommes sont trop grands pour être dérangés. Ils découvrent déjà comment coloniser Vénus et irriguer la lune. C’est ce qui est important pour notre temps. Toi et moi sommes les pousseurs de rochers. Toute notre vie, toi et moi, nous mettrons toutes nos énergies, tous nos talents, à pousser un gros rocher sur une montagne. Le rocher est la vérité que les grands hommes connaissent par instinct, et la montagne est la bêtise de l’humanité. Nous poussons le rocher. Parfois, j’aimerais être mort avant d’avoir obtenu ce travail que je voulais tellement – je le considérais comme quelque chose de créatif.

Je ne sais pas quelle version je préfère, mais j’ai été vraiment assez étonné par ce que Doris Lessing a écrit il y a plus de cinquante ans, d’autant plus que cela me rappelle la citation de Wilhelm Reich dans le post que j’ai mentionné ci-dessus.

Maintenant honte sur moi ! J’ai eu un gros doute et je ne pouvais pas croire que le traducteur était si créatif, alors j’ai regardé à nouveau et j’ai trouvé cette nouvelle partie :

Toi et moi, Ella, nous sommes des ratés. Nous passons notre vie à nous lutter contre des gens à peine plus sots que nous pour leur faire admettre des vérités que les grands esprits ont toujours connues – ils ont su depuis des milliers d’années qu’on aggrave l’état d’un homme malade si on le confine en isolement total. Ils ont su depuis des milliers d’années qu’un homme terrorisé par son propriétaire ou par la police est un esclave. Ils l’on su. Nous le savons. Mais la grande masse éclairée du peuple britannique le sait-elle ? Non. Notre tâche, à toi et à moi, consiste à le leur dire. Car les grands esprits sont trop grands pour qu’on les dérange. Ils sont déjà en train de découvrir comment coloniser Vénus et irriguer la lune. C’estcela qui compte à notre époque. Toi et moi, nous sommes des pousseurs de rochers. Toute notre vie, toi et moi, nous consacrerons notre énergie et tous nos talents à pousser un gros rocher jusqu’au commet de la montagne. Le rocher est la vérité que les grands esprits connaissent d’instinct, et la montagne est la bêtise de l’humanité. Nous poussons le rocher. Je regrette parfois de ne pas être mort avant de pratiquer ce métier qui m’attirait tant – je l’imaginais créatif.

Pourquoi y avait-il Anna et Ella, j’aurais dû y penser tout de suite. La partie sur Ella est à la page 247 et celle sur Anna à la page 711 de ma version. Mon erreur au moins est une indication de l’étrange richesse du roman de Lessing.

Qu’est-ce qu’une startup ? (partie 4)

J’ai utilisé à nouveau aujourd’hui la merveilleuse définition de Steve Blank d’une startup que j’avais utilisée pour la dernière fois en 2013 ici.

Vous pouvez l’écouter la donner à Helsinki en 2011 à l’université Aalto

ou grâce à son Mooc ici:

C’est évident une fois que vous l’avez entendu mais cela a pris des années à être conçu!

Dans ces temps incertains de Coronavirus, je ne peux que vous encourager à la relaxation. Une manière pour moi l’a été à travers Recomposed by Max Richter – Vivaldi’s Four Seasons.

La créativité selon Isaac Asimov

Lors de mon voyage aux États-Unis en janvier, il m’a été mentionné un essai écrit par Isaac Asimov en 1959, « Comment les gens ont-ils de nouvelles idées ? » – J’en ai lu la version publiée en anglais par le MIT Technology Review).


Isaac Asimov par Andy Friedman (Source: MIT Technology Review)

J’ai toujours été sceptique sur la façon d’enseigner la créativité ou même de l’encourager. Je me sens du coup beaucoup plus en accord avec ce qu’avait écrit Asimov il y a 60 ans. Laissez-moi en donner quelques extraits:

– la méthode de génération [d’idées] n’est jamais claire même pour les « générateurs » eux-mêmes,

– il faut non seulement des personnes ayant une bonne expérience dans un domaine particulier, mais également des personnes capables de faire une connexion entre un point 1 et un point 2, points qui pourraient ne pas sembler normalement liés,

– une fois la connexion croisée établie, cela devient évident,

– la connexion croisée nécessite une certaine audace,

– une personne disposée à se lancer contre la raison, l’autorité et le bon sens doit être une personne dotée d’une grande assurance; puisque cela ne survient que rarement, il/elle doit sembler excentrique (du moins à cet égard) au reste de nous autres,

– mon sentiment est que pour ce qui est de la créativité, l’isolement est nécessaire; la personne créatrice, en tout cas, travaille continuellement; son esprit est en train de mélanger des informations à tout moment, même s’il/elle n’en a pas conscience,

– la présence des autres ne peut qu’empêcher ce processus, car la création est embarrassante; néanmoins, une réunion de telles personnes peut être souhaitable pour des raisons autres que l’acte de création lui-même,

– le nombre optimal de personnes du groupe [i.e. de telles personnes juste au-dessus] ne doit probablement pas très élevé. J’imagine que moins de cinq est souhaitable.

C’est assez fascinant: pour Asimov, la créativité est un acte isolé; rendre les connexions possibles peut-être aidé par de petits groupes, mais même de cela, Asimov n’est pas totalement convaincu… J’ai souvent lu des articles intéressants sur la créativité dans l’art, la science, la technologie et l’idée que la liberté de penser combinée à une obsession de résoudre ou de faire quelque chose pourrait être beaucoup plus critique que les interactions sociales.

Du Street Art à Florence

Il n’y a sans doute pas de ville au monde sans Street Art. Après mes découvertes de Banksy, de Space Invader à travers la planète ou des mosaïques miroir de Pully, voici quelques images de Florence.

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L’artiste semble être connu par sa signature – .K – et j’ai trouvé quelques autres pages qui décrivent son travail: Exit/Enter et The Elusive “.K”. Les images qui suivent l’icluent aussi avec le célèbre Clet Abraham qui « sévit » lui aussi sur toute la planète.

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Et encore…

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Voici un autre lien des ses interventions à Florence: Florence street sign art by Clet. Et que dire de ces images poétiques?

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Lorsque l’entrepreneuriat rencontre le street art

De temps en temps, je poste des articles qui ne sont pas liés aux start-up ou à l’entrepreneuriat, mais à d’autres sujets tels que le Street Art par exemple. Maintenant se présente l’occasion de joindre les deux grâce à Banksy. Et en plus, je peux même parler des migrants (qui sont une composante essentielle de l’entrepreneuriat). Banksy a récemment créé l’œuvre de Street Aart qui suit:

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Banksy a expliqué: « On nous amène souvent à penser que l’immigration est un fardeau pour les finances publiques. Mais Steve Jobs était le fils d’un immigrant syrien. Apple est l’entreprise qui fait le plus de profits au monde, et paye 7 milliards de dollars d’impôts par an. Et tout ça ne peut exister que parce qu’on a laissé entrer un jeune homme originaire de Homs (Syrie). » Dois-je ajouter quelque chose sur l’importance des migrants dans la haute technologie ? Si oui, il suffit de lire à nouveau AnnaLee Saxenian, Migrations, Silicon Valley, et Entrepreneuriat.

L’art comme réponse à la tragédie de la vie

Ce blog parle des Start-up. Mais de temps en temps, je prends la liberté de toucher à d’autres sujets. Souvent sur l’Art. Ce sera encore le cas ici. Et aussi lorsque des événements tragiques se produisent. Vendredi dernier, Paris a été frappé à nouveau. Et je n’ai pas de réponse, mais simplement dire que je crois en la paix et l’amour, pas la guerre et la haine. Mon frère m’a envoyé deux belles photos qu’il a prises récemment à Paris. Elles signifient beaucoup.

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Mon ami Dominique m’a envoyé une citation de René Girard dans «Achever Clausewitz», 2007, Gallimard Champs, pages 57/58 « Ces échecs de résolution [de conflit] sont fréquents quand deux groupes « montent aux extrêmes » : nous l’avons vu dans le drame yougoslave, nous l’avons vu au Rwanda. Nous avons beaucoup à craindre aujourd’hui de l’affrontement des chiites et des sunnites en Irak et au Liban. La pendaison de Saddam Hussein ne pouvait que l’accélérer. Bush est, de ce point de vue, la caricature même de ce qui manque à l’homme politique, incapable de penser de façon apocalyptique. Il n’a réussi qu’une chose : rompre une coexistence maintenue tant bien que mal entre ces frères ennemis de toujours. Le pire est maintenant probable au Proche Orient, où les chiites et les sunnites montent aux extrêmes. Cette escalade peut tout aussi bien avoir lieu entre les pays arabes et le monde occidental. Elle a déjà commencé : ce va et vient des attentats et des « interventions » américaines ne peut que s’accélérer, chacun répondant à l’autre. Et la violence continuera sa route. L’affrontement sino-américain suivra…. »

Donc ma réaction est ailleurs. J’ai reçu des e-mails vendredi soir et samedi de la communauté des Space Invader pour vérifier que tout le monde allait bien. Ceux qui aiment l’art urbain cherchent les œuvres pour les prendre des photos. Invader, lui-même, était dans le même état d’esprit en Janvier dernier. Il est maintenant en train d’envahir New York, avec une cinquième vague. En suivant avec son travail en cours, je vois l’art comme une réponse à la tragédie de la vie.

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Voici mon propre travail en cours:

ainsi que ma carte (si je vous ai donné accès – Invader demande aux gens de ne pas donner inidcations à des gens qui détruisent son travail).

Space Invaders à Paris et Toyko : une mise à jour.

Pas directement liée à mon activité principale sur ce blog, je publie de temps à autre sur le Street Art. L’été est un bon moment pour faire des synthèses et j’ai fait un peu de travail sur ma quête dse Space Invaders de Paris et Tokyo. Paris a maintenant 1167 invasions. Tokyo est toujours à 138 mais j’ai pu trouver quelques anciens en ligne.

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Voici également deux autres œuvres. Tout d’abord, mon artiste préféré, l’homme aux mosaïques miroirs de Pully en Suisse. Voiic une oeuvre qu’il a déposée à Paris.
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– Breaking Bad
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– Cost
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Plus «sérieusement» voici quelques stats à propos de Paris (mise à jour en octobre 2015 avec 1182 invasions)
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Donc, ma synthèse, que vous trouverez aussi sur SlideShare donne ceci:

Paris: de PA_1000 à …

Toyko

Street Art, Space Invaders et les miroirs de Pully

Ces dernières semaines ont été plutôt riches pour moi question Art Urbain – Street Art. D’abord, j’ai trouvé un beau miroir mosaïque à Pully. J’en suis maintenant à plus de 40 lieux avec environ 50 mosaïques.

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Ensuite, j’ai accidentellement trouvé deux Space Invaders à Tokyo. J’ai fini de compiler les Space Invaders de Tokyo et j’ai des images quasiment pour toutes les 138 oeuvres déposées dans la capitale japonaise.

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Enfin, j’ai achevé ce pari fou de répertorier tous les Space Invaders parisiens et je pense qu’il y en a eu 1139 jusqu’à présent (mai 2015). Fou mais amusant … vous pouvez trouver ma compilation complète dans mon article sur les Space Invaders à Paris.

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Space Invader à Paris

Un billet très court sur Space Invaders à Paris. Jusqu’à présent, plus de 1100 céramiques ont été créées, la plupart d’entre elles détruites par ailleurs.

En septembre 2014, j’ai commencé à visiter Paris. De temps en temps j’ajoute plus d’informations à leur sujet. Voici des fichiers pdf de certains arrondissements:
le 1er,
le 2ème,
le 3ème,
le 4ème,
le 5ème,
le 6ème,
le 7ème,
le 8ème,
le 9ème,
le 10ème,
le 11ème,
le 12ème,
le 13ème,
le 14ème,
le 15ème,
le 16ème,
le 17ème,
le 18ème,
le 19ème,
le 20ème,
la banlieue de Paris,
et aussi un document sur les récentes invasions: les 1000+.

Si vous êtes intéressés par mon fichier excel avec plus de 1000 entrées sur les invasions parisiennes, demandez-moi! Et voici ma carte de Paris. Cependant, j’ai reçu un message de l’équipe d’Invader en juin 2015. Ils se plaignent du taux élevé de destruction de leurs œuvres et m’ont demandé de cacher autant d’informations que possible sur l’emplacement des Space Invaders. Mes cartes sont donc désormais privées et mes pdfs beaucoup moins instructifs. Désolé pour cela, et bonne chance à ceux qui cherchent eux juste pour prendre des photos …

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SI-PA-stats1

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