Ce blog contient des articles issus du livre "Start-Up" et des articles originaux de Hervé Lebret. Le livre est disponible sur Amazon ainsi qu'en version électronique. Pour acheter le livre cliquez ici.

Archives pour le tag ‘Innovation’

L’industrie et la recherche sont toujours deux mondes cloisonnés

20 juillet 2011 2 Commentaires »

Voici la synthèse d’un entretien que j’ai eu avec Jacques Marouani (ElectroniqueS) qui suit ma participation à la table ronde des 5 ans de Minalogic à Grenoble, il y a quelques jours (voir antre autres la fresque qui en a résulté plus bas).

D’origine française, Hervé Lebret a passé une partie de sa vie professionnelle dans la SiliconValley et dirige aujourd’hui une structure de transfert de technologies à l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) qui remporte un grand succès auprès des start-up. Il estime que les collaborations entre recherche et industrie ne sont pas assez ouvertes.

Comment percevez-vous le rapprochement de l’industrie et de la recherche, notamment dans le cadre des pôles de compétitivité en France?
Le concept d’«innovation ouverte» selon lequel les grands groupes rechercheraient des partenariats avec des start-up et des laboratoires de recherche est trompeur. Il s’agit juste pour eux d’ouvrir leurs portes, mais de façon sélective, pour profiter de technologies dont ils ont besoin. Ils créent des sortes de constellations dans lesquelles les start-up sont prisonnières comme le sont les planètes de notre système solaire. Dans le cadre de ces collaborations fermées, ils tirent des bénéfices du savoir que leur apportent les start-up ou les chercheurs qui ont de bonnes idées. En se contentant de ces apports, il en résulte un manque d’échanges entre les partenaires. Cela n’aide pas la communauté industrielle et scientifique. En faisant en sorte que les résultats de leurs travaux de recherche ne soient pas disponibles pour tous, le brassage des idées et des connaissances ne peut pas avoir lieu. Sous couvert des pôles de compétitivité, les grands groupes roulent pour eux. Alors que ces pôles devraient être des facilitateurs d’innovation, ils créent en réalité de nouveaux cloisonnements.

Vous avez passé une partie de votre vie professionnelle dans la Silicon Valley. Quels enseignements en tirez-vous?
Dans la Silicon Valley, rien n’est formalisé. C’est le règne du «bottom-up» qui prévaut, alors qu’en France, les directives viennent davantage d’en haut. Aux Etats-Unis, des ingénieurs se rencontrent dans des bars pour parler d’innovation avec une totale liberté de parole, telle «Wagon Wheel Bar». Dans les années 70 et 80, de nombreux ingénieurs de chez Fairchild, National et autres se rencontraient autour d’une bière pour parler des problèmes qu’ils rencontraient dans la production ou la vente de semi-conducteurs. Le «Wagon Wheel Bar» était un lieu de rencontres où même les compétiteurs les plus vifs échangeaient des idées. Je ne suis pas certain que les pôles de compétitivité soient parvenus à une telle ouverture. Les systèmes innovants doivent avoir cinq composantes: des universités et des centres de recherche haut de gamme, une industrie du capital-risque agrégeant financiers institutionnels et investisseurs privés, des professionnels qui puissent apporter leur expérience, une offre de services incluant avocats, chasseurs de têtes, spécialistes des relations publiques, mais surtout un esprit pionnier qui encourage la culture entrepreneuriale. Or, ce dernier ingrédient est souvent ignoré de ce côté de l’Atlantique.


Mais cette plus grande ouverture que vous prônez pose des problèmes de propriété intellectuelle. Cela ne constitue-t-il pas un risque pour les inventeurs de s’exprimer si librement?

C’est pour cette raison que cet esprit d’ouverture n’existe pas en Europe. L’essentiel est d’aller plus vite que son concurrent, et ainsi de garder une longueur d’avance sur lui. C’est celui qui court le plus vite qui gagne. Et le temps que les gens vous copient, vous les aurez dépassés. Soyons le plus créatifs possible et nous serons les meilleurs. Est-ce que Microsoft ou Airbus sont menacés dans leur existence par des vols de brevets? Je ne le crois pas. En cherchant toujours à nous protéger, nous oublions qu’il faut d’abord être créatif pour gagner la bataille de l’innovation. La notion de propriété intellectuelle n’est pas si critique que certains l’avancent. Elle a un effet de ralentisseur et recèle peut-être plus d’effets pervers que d’effets positifs. En Silicon Valley, nous entendons souvent des inventeurs se dire «essayons cette idée». C’est une région de migrants où il existe une grande émulation, alors que dans d’autres régions des Etats-Unis et en Europe, il y a une plus grande culture de la confidentialité. L’autre atout de la Silicon Valley est que tout est concentré dans un rayon de 100 kilomètres, alors qu’en Europe, il est nécessaire de sans cesse prendre l’avion pour rendre visite à des start-up, car elles sont disséminées sur tout le territoire, et aussi en Israël où il y a un vivier important de jeunes entrepreneurs.

Comment en êtes-vous venu à créer votre structure de transfert de technologies, Innogrants, au sein de fEPFL?
Dans les années 90, des amis m’ont proposé de rejoindre une start-up. A cette époque, je me demandais si beaucoup de chercheurs avaient entendu ce mot en France. Puis en 1997, je me suis associé à la création d’un fond de capital-risque, Index Ventures, à Genève. Maintenant, à l’EPFL, j’aide les étudiants à lancer leurs start-up. J’essaie de leur communiquer cette envie dans le cadre d’un programme de soutien à la création d’entreprises innovantes. Je me suis inspiré du «Deshpande Center» américain dont le fonctionnement a été basé sur l’octroi de bourses à des étudiants du MIT. Mon budget provient de l’EPFL et de fonds privés, généralement des mécènes. En six ans, nous avons reçu 300 demandes et j’ai financé à ce jour 48 projets qui ont donné naissance à 25 start-up dont certaines croissent rapidement, à l’américaine. Chaque projet reçoit en moyenne 70000€, ce qui correspond à une dépense annuelle de l’ordre de 600000€, tous domaines confondus. Le problème, en France, c’est que nous n’avons pas de «business-angels» suffisamment fortunés ou de grands groupes qui accepteraient de jouer le rôle de mécènes.

PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES MAROUANI

Israel, la “Start-Up Nation”

5 février 2011 2 Commentaires »

Grâce à l’occasion que j’ai eue de rencontrer le “Chief Scientist (OCS)” d’Israël, et le fait d’avoir reçu le livre Start-Up Nation à la fin de la réunion, permettez-moi de vous donner mon opinion sur ce livre très intéressant. Mais tout d’abord voici un certain nombre de choses toutes simples au sujet d’Israël et de l’innovation.


La version française publiée par Maxima en septembre 2011

Comme l’indique la carte (adaptée de John Kao, Harvard et présentée à cette réunion de l’OCS), Israël est une superpuissance de l’innovation. Cisco, Intel, Microsoft, Novartis, Nestlé et beaucoup d’autres y sont présents. Check Point est la plus grande réussite des start-up israéliennes, mais Israël a plus de start-up cotées sur le Nasdaq que l’Europe et le capital-risque y est très actif. Enfin, le bureau du Chief Scientist gère et finance le côté public de l’innovation en Israël. Tout cela est parfaitement analysé dans le livre Start-Up Nation que je viens de lire.

Je pensais que je savais beaucoup de choses sur Israël, mais le livre est riche en anecdotes. L’histoire d’Israël est bien décrite et l’innovation a été sans doute une nécessité pour survivre. S’il y a un point que j’ai apprécié un peu mois c’est l’importance que les auteurs donnent à l’armée. Ils peuvent avoir raison, ce n’est pas le problème, mais je trouve que le sujet revient un peu trop au fil des chapitres. Cela reste un grand livre et une lecture incontournable pour quiconque s’intéresse à l’innovation high-tech et à l’entrepreneuriat.

Je voudrais maintenant citer un certain nombre de choses que j’ai aimées. Ceci n’est pas structuré du tout, mais je j’espère que je vais ainsi vous inviter à lire le livre. De plus vous verrez que j’ai un peu trop utilisé Google Translate!

Extrait de l’introduction

Eric Schmidt, CEO et et président de Google, a ainsi déclaré que les États-Unis sont numéro un dans le monde pour les entrepreneurs, mais “après les États-Unis, Israël est le meilleur.” Steve Ballmer a appelé Microsoft “une société israélienne autant qu’américaine en raison de la taille et l’importance de ses équipes israéliennes.”

Les auteurs commencent par expliquer que l’adversité et la multidimensionnalité autant que le talent des individus, sont critiques: “c’est une histoire non seulement de talent, mais de ténacité, de contestation incessante de l’autorité, d’informalité tenace, combinée avec une attitude unique envers l’échec , le travail en équipe, un sens de la mission, du risque, et de la créativité interdisciplinaire.”

Chapitre 1 - Persistence

Les Américains ont toujours besoin de placer une plaisanterie, mais je l’ai trouvée drôle et juste!
Quatre hommes sont à un coin de rue. . .
un Américain, un Russe, un Chinois, et un Israélien. . . .
Un journaliste vient vers le groupe et leur dit:
“Excusez-moi. . . . Quelle est votre opinion sur la pénurie de viande? ”
L’Américain dit: Qu’est-ce qu’une pénurie?
Le Russe dit: Qu’est-ce que la viande?
Le Chinois dit: Qu’est-ce qu’une opinion?
et l’Israélien dit: Qu’est-ce que “Excusez-moi”?

-Mike Leigh dans Deux Mille Ans

- Aucune inhibition à défier la logique de la façon dont les choses ont été faites depuis des années.
- Un attitude rude, une culture agressive mais qui tolère l’échec.
- L’attitude et l’informalité israéliennes proviennent aussi d’une tolérance culturelle pour ce que certains Israéliens appellent des «échecs constructifs» ou «échecs intelligents».
- Il est essentiel de faire la distinction entre “une expérience bien planifiée et la roulette russe”.
(Lors de la réunion avec le chief scientist, il y eut un argument similaire: “si nous avons un taux de succès de 5%, nous ferions mieux de donner la responsabilité de choisir aux ânes et si il est de 70%, nous ne prenons pas assez risques”)
- Amos Oz parle “d’une culture du doute et de l’argument, un jeu ouvert d’interprétations, contre-interprétations, de réinterprétations, puis d’interprétations opposées. Dès le début de l’existence de la civilisation juive, elle a été reconnue pour son plaisir à argumenter. ”

Chapitre 2 - Leçons de l’armée

- Hiérarchie étroite et autonomie donnent beaucoup de responsabilités aux individus; dès la base, l’autorité est discutée.
- Les gens sont matures plus tôt.
- Pas besoin d’attendre pour agir.
- “La clé du leadership, c’est la confiance des soldats en leur commandant. Si vous n’avez pas confiance en lui, si vous ne le croyez pas, vous ne pouvez pas le suivre.”
- “Si vous ne savez même pas que les gens de l’organisation sont en désaccord avec vous, alors vous êtes en difficulté”

- “L’expérience réelle aussi vient généralement avec l’âge ou la maturité. Mais en Israël, vous acquérez de l’expérience, de la perspective, et de la maturité à un âge plus jeune, parce que la société mélange tant d’expériences de transformation alors que vous êtes à peine sortis de l’école secondaire. Au moment où ils sortent du lycée, leurs esprits sont différents de ceux de leurs homologues américains. “…” La notion que l’on doit accumuler de la compétence avant de lancer une entreprise n’existe tout simplement pas. “

Un réseau dense - l’ensemble du pays n’est qu’à un degré de séparation (Yossi Vardi)

Chapitre 5 - Ordre et chaos

- “Les dirigeants de Singapour n’ont pas réussi à innover comme Israël dans un monde qui donne une grande importance à un trio d’attributs historiquement étrangers à la culture de ce pays: l’initiative, la prise de risque, et l’agilité; en plus d’être de véritables experts qui peuvent improviser dans des situations de crise.”
- “L’innovation est fondamentalement une entreprise expérimentale” (improvisation plus que discipline)
- “Apprendre de ses erreurs sans craindre de perdre la face.”
- “Personne n’apprend de quelqu’un qui est sur la défensive.”
- “Selon une nouvelle école d’économistes qui étudient les ingrédients clés pour l’esprit d’entreprise, la fluidité est un atout lorsque les gens peuvent traverser les frontières, s’opposer aux normes sociales, créer de l’agitation dans une économie de libre marché, et catalyser toutes les idées radicales.”

Chapitre 7 - Immigration

Les immigrants ne sont pas opposés à recommencer. Ils sont, par définition, des preneurs de risque. Une nation d’immigrants est une nation d’entrepreneurs. - Gidi Grinstein

Sergey Brin fut invité à parler dans une école israélienne: “Mesdames et messieurs, jeunes filles et jeunes garçons”, dit-il en russe, sa langue maternelle (ce qui provoqua des applaudissements spontanés). “J’ai émigré de Russie quand j’avais six ans,” Brin continua. “Je suis allé aux États-Unis. Je suis comme vous, j’ai des parents juifs russes. Mon père est un professeur de mathématiques. Mes parents ont une certaine attitude au sujet des études. Et je peux comprendre que ici aussi, car on m’a dit que votre école a récemment obtenu sept des dix premières places dans un concours de mathématiques dans tout Israël.” … “Mais ce que j’ai à dire,” Brin a continué, à travers les applaudissements, “est ce que mon père disait- Mais pourquoi pas les trois autres prix?”

Les auteurs mentionnent les travaux fondateurs de AnnaLee Saxenian (Regional Advantage, the New Argonauts). Voici quelques exemples de la diaspora high-tech israélienne mentionnée dans le livre:
- Dov Frohman - Intel - 1974 - lien Wikipedia. Apparemment, Israël a été au cœur de l’innovation d’Intel dans les dix dernières années et Intel est le premier employeur privé en Israël.
- Michael Laor - Cisco - 1997 - Voir son profil Linkedin . Cisco a acquis 9 start-up israéliennes depuis que Laor est revenu (plus que les acquisitions de Cisco dans aucun autre pays sauf les États-Unis)
- Yoelle Maarek - Google - http://yoelle.com maintenant à Yahoo!

Mais il ne faut pas oublier Mirabilis / ICQ (voir ci-dessous) ou Check Point. Check Point a été créé en 1993, par le Président & CEO de la société Gil Shwed, http://en.wikipedia.org/wiki/Gil_Shwed à l’âge de 25 ans, avec deux de ses amis, Marius Nacht (actuellement au poste de vice-président) et Shlomo Kramer (qui a quitté Check Point en 2003 pour lancer une nouvelle entreprise).

Chapitre 9 - Yozma

Un autre membre de cette unique diaspora: Orna Berry - doctorat USC - Unisys -IBM puis ORNET et Gemini, enfin chef de l’OCS… L’industrie du VC a été vraiment lancée par l’effort de Yozma de même que pour les incubateurs israéliens. Gemini fut le premier fonds Israël. (voir la page wikipedia en anglais sur le capital risque en Israel)

Une autre citation sur les start-up face aux industries plus matures: “Dans l’aéronautique, vous ne pouvez pas être un entrepreneur”… “Le gouvernement est propriétaire de l’industrie, et les projets sont énormes. Mais j’ai appris beaucoup de choses techniques, qui m’ont énormément aidé plus tard.”

Chapitre 12 - La trans-disciplinarité

“Il ya une mentalité multi-tâche ici.” La mentalité multi-tâche produit un environnement dans lequel les titres et les cloisonnements qui vont de pair ne signifient pas grand chose.
- “La combinaison de mathématiques, biologie, informatique et chimie organique à Compugen”
- “Mettre tout cela ensemble nécessite une combinaison de compétences techniques peu orthodoxes.”

“Le terme aux États-Unis pour ce type de choses est un mashup. Et le terme lui-même a été rapidement transformé pour acquérir de nouvelles significations. … Un mashup encore plus puissant, à notre avis, se produit quand l’innovation est née de la combinaison de technologies et disciplines radicalement différentes. Les entreprises où les mashups sont les plus courants en Israël sont celles des appareils médicaux et le secteur de la biotechnologie, où vous trouverez des ingénieurs en soufflerie et les médecins qui collaborent à un dispositif au format carte de crédit.”

Mais les auteurs n’ont pas oublié de mentionner que Israël est un pays avec une raison d’être, une motivation très forte.

Les role models

“Bien qu’Israël fût déjà bien immergée dans la haute technologie, la vente d’ICQ/Mirabilis a été un phénomène national. Il a inspiré beaucoup d’Israéliens à devenir entrepreneurs. Les fondateurs, après tout, étaient un groupe de jeunes hippies. Nombreux sont ceux qui pensent qu’exposer à toutes les formes de succès pousse à penser “si ce gars-là l’a fait, je peux faire mieux“. En outre, la vente a été une source de fierté nationale, comme gagner une médaille d’or aux Jeux Olympiques.”

«Il y a un moyen légitime de réaliser un profit parce que vous êtes en train d’inventer quelque chose», dit Erel Margalit «Vous parlez d’un mode de vie, pas nécessairement combien vous allez gagner, même si l’argent est aussi une motivation.»

“En effet, ce qui rend le mélange actuel d’Israël si puissant est qu’il est un mashup de patriotisme des fondateurs, de motivation, de conscience constante de la rareté et de l’adversité et doté en plus d’une culture de la curiosité et de l’agitation qui ont des racines profondes dans l’histoire juive et israélienne.” explique Shimon Peres et d’ajouter: “La plus grand contribution du peuple juif dans l’histoire est l’insatisfaction”.

Encore une fois: “pas seulement du talent, mais de la ténacité, une insatiable contestation de l’autorité, une informalité déterminée, et une attitude unique face à l’échec, le travail en équipe, la motivation, le risque et la créativité interdisciplinaire.”

En guise de conclusion

“Alors, quelle est la réponse à la question centrale de ce livre: Ce qui rend Israël si novateur et entrepreneurial? L’explication la plus évidente réside dans un modéle de cluster classique du type décrit par le professeur de Harvard, Michael Porter et que la Silicon Valley incarne. Il se compose d’une proximité de grandes universités, de grandes entreprises, de start-ups, et d’un écosystème qui les relie entre eux, y compris des fournisseurs, un bassin de talent, et du capital risque. La partie la plus visible de ce système est le rôle des militaires avec une R&D considérable dans les systèmes de pointe et des unités d’élite technologique. Les retombées de cet investissement important, tant dans les technologies que les ressources humaines, vont directement vers l’économie civile… Mais cette  “couche externe” n’explique pas entièrement le succès d’Israël. Singapour a un fort système éducatif et la conscription, la Corée; a été confrontée à une menace sur sa sécurité durant toute son existence; la Finlande, la Suède, le Danemark et l’Irlande sont les pays relativement petits avec une technologie de pointe et d’excellentes infrastructures, ils ont produit beaucoup de brevets et en ont connu une croissance économique robuste. Certains de ces pays ont connu un croissance plus forte qu’Israël, mais aucun d’entre eux n’a produit un tel nombre de start-up ou n’a attiré de tels niveaux de capital-risque. Ce qui manque dans ces autres pays est un noyau culturel construit sur un goût de l’agressivité et un esprit d’équipe, bâtis sur un isolement et un réseau dense, avec le désir du petit de devenir grand. Quantifier cette face cachée, qui fait partie d’une économie culturelle n’est pas chose facile. C’est une combinaison inhabituelle de caractéristiques culturelles. En fait, Israël a des scores élevés sur l’égalitarisme, le dévouement et l’individualisme. En Israël, ces attributs apparemment contradictoires, à la fois ambitieux et collectiviste prend son sens quand on sait que les Israéliens vont passer tant de temps dans l’armée . Il n’y a pas de leadership sans exemple et sans inspirer votre équipe. Le secret du succès d’Israël est la combinaison d’éléments classiques de grappes technologiques avec certains éléments uniques de la culture israélienne qui renforcent les compétences et l’expérience des individus, les fait travailler ensemble plus efficacement en équipe, et fournit des connexions fortes et facilement accessibles au sein d’une communauté établie et en pleine croissance.”

J’espère que vous seraz arrivé au bout de ce long article malgré la langue googlelienne! Si cela est le cas, je crois que votre prochain achat sera Start-Up Nation!

Les petits matins de la RSR

9 décembre 2010 Commentez! »

J’étais convié ce matin à parler d’innovation et de start-up par la RSR lors de son émission matinale (5h-6h!) des Petits Matins. Pour ceux qui connaissent le sujet, pas de révélation fracassante, à part peut-être ma découverte récente que d’après des études anglaises et américaines, la caractéristique la plus répandue chez les entrepreneurs serait la dyslexie. Au total une trentaine de minutes de conversation à bâtons rompus sur mon sujet favori, que vous pouvez retrouver sur le site de la RSR. Merci à Manuela Salvi, journaliste talentueuse de la radio suisse.

Mais le plus intéressant pour moi fut d’inviter une personne au téléphone à 5h45 (cadeau empoisonné!) Je fus donc ravi de laisser parler Peter Harboe-Schmidt de son roman The Ultimate Cure, beau thriller sur fond de start-up biotech à Lausanne, dont j’avais déjà parlé sur ce blog. Peter a annoncé sa prochaine traduction en Français. A suivre!

Rêves brisés

30 septembre 2010 Commentez! »

Je le fais parfois. Je vous encourage à lire mon post en anglais uniquement cette fois, à propos du livre de Josh Lerner Boulevard of Broken Dreams: Why Public Efforts to Boost Entrepreneurship and Venture Capital Have Failed–and What to Do About It.

Cet extrait de la MIT Technology Review suffira peut-être à vous faire basculer ici.

Il n’y aura jamais de nouvelle Silicon Valley

22 septembre 2010 1 Commentaire »

Bon… qui suis-je pour être capable de prédire l’avenir? En fait je n’en sais rien mais j’en doute. Des bloggers célèbres viennent d’aborder le sujet à nouveau. Dans Techcrunch, il s’agit de Can Russia Build A Silicon Valley? par Vivek Wadhwa. Et dans l’Equity Kicker, cela devenait Building an ecosystem to rival Silicon Valley de Nic Brisbourne. J’ai réagi à ma manière:

Quel sujet! Quelque chose qui est discuté depuis à peu près… 35 ans (je veux dire comment copier la SV). Le fait que la discussion continue montre la complexité du problème. C’est un de mes sujets favoris depuis des années. Pour la beauté du débat (c’est entre autres ce à quoi servent les blogs, n’est ce pas?), laissez-moi jouer l’avocat du diable. En effet, en allant au bout des choses, je ne crois pas qu’il y aura jamais d’autre Silicon Valley. Par exemple dans son livre sur la SV, Kenney explique qu’il faut 5 ingrédients de base: des universités de très haut niveau (telles que Stanford et Berkeley dans la SV), une forte communauté d’investisseurs, des fournisseurs de service (légal, fiscal, comptables, marketing, PR, etc…), des professionnels de la high-tech (qui acceptent de quitter leur emploi dans des grosses sociétés telles qu’Intel, Cisco, Apple, MSFT, ou même Google aujourd’hui pour rejoindre la nouvelle vague) et pas le moindre des ingrédients une culture entrepreneuriale. Ce qui n’est pas facile à réunir… mais bien pire, je crois que la SV fut un accident, un monstre qui n’a jamais pu être reproduit. Saxenian a montré dans Regional Advantage que même la région de Boston a relativement échoué et le fait que Paul Graham ait complétement déménagé ycombinator de Boston vers la SV est un autre signe. En Europe, Sophia Antipolis fut la première expérience … en 1972 donc? Donc il faut une combinaison difficile à trouver d’ingrédients pour la recette et espérer que le four sera à la bonne température pendant un temps très, très long. Bien sûr je faisais l’avocat du diable et la situation n’est pas si désastreuse. Ainsi, il y a des raisons d’espérer: je ne suis pas convaincu que les états, ni même les institutions soient de bons innovateurs, mais ils peuvent être excellents pour stimuler la recherche. Ainsi l’argent public aux Etats-Unis a investi des milliards à travers les DARPA, NIH, DOE, etc, ce qui a considérablement aidé au développement de Stanford ou de Berkeley et à leurs classements dans les “rankings” à la mode. Et cela a aussi contribué à la création de l’Internet. Les investissements à long terme, voilà dans quoi les états sont efficaces (éducation, recherche, transport, …) Ensuite, oui, je crois qu’il faut créer des ponts avec la SV. C’est exactement ce qu’Israel, Taiwan, puis l’Inde et la Chine ont réussi avec leur diaspora. Les nations devraient inviter leur migrants expérimentés à revenir. Quand il aura le temps, Brin devrait aider la Russie ou Levchin l’Ukraine, ou même Grove la Hongrie. Je suis moins sûr de l’efficacité des avantages fiscaux, des moindres barrières légales et administratives et de leur role dans les années 50, 60 et 70, c’est à dire au commencement de la SV. En conclusion, oui, le sujet est et restera pour encore un moment un grand sujet.

Bien sûr ma réaction est moins importante que l’origine de ces posts: la Russie veut être plus innovante et a commandé une étude qui fait le bilan de quelques clusters high-tech. Le résultat est le rapport suivant: Yaroslavl Roadmap 10-15-20 (format pdf).

Rien de réellement nouveau dans ce rapport (surtout pour les experts de l’innovation), mais une très bonne analyse des USA, Israël, Finlande, Inde et Taiwan qui ont essayé, parfois réussi et souvent échoué. Les descriptions historiques, chronologiques sont riches en leçons. J’ai eu cette légère impression toutefois d’une plus grande importance accordée à l’infrastructure qu’à la culture. C’est mon biais habituel qui ressurgit! Il est bien sûr question de culture, mais les auteurs ont sans doute conscience que c’est l’ingrédient le plus difficile à inclure ou à créer dans le système. Si vous aimez le sujet, vous devriez télécharger et lire ce rapport et bâtir votre propre opinion.

La Crise du Capital-Risque

23 juillet 2010 4 Commentaires »

Cette fois, le chose semble claire. Le capital-risque est en crise. L’association Capintech tire la sonnette d’alarme dans un récent communiqué de presse (pdf) relayé par le Journal de l’Innovation.

Quant au diagnostic, trois points sont relevés:

1- Quels que soient les pays observés, le financement en fonds propres des entreprises innovantes nécessite une forte implication des pouvoirs publics en amont.

2- Les mesures « prudentielles » vont freiner la participation des banques et des assurances qui apportent des fonds au capital-risque.

3- Comme dans les autres pays européens et aux USA, l’industrie du capital-risque français doit repenser son modèle économique.

L’association pense que la crise est durable mais que des mesures sont nécessaires à court terme:

- La mise en place du Fonds national d’amorçage - FNA.

- La réflexion globale engagée par l’AFIC peut conduire à une meilleure cohabitation des outils de financement en fonds propres.

Les données ci-dessous extraites d’un rapport de l’European Investment Fund intitulé Private Equity Market Outlook confirment les difficultés.

Je ne suis pas tout à fait sûr que ce diagnostic et les soins proposés soient adéquats. La crise est peut-être beaucoup plus profonde comme je le mentionnais à travers les réflexions d’Andy Grove dans mon post précédent. S’il n’y a sans doute pas  de crise de l’inventivité (il y a toujours de belles et nouvelles idées), il y a sans doute une crise de l’innovation, c’est à dire une difficulté à commercialiser ces nouvelles idées et cela ne vient pas seulement d’une crise du capital-risque. Il n’est d’ailleurs pas convaincant comme je l’ai écrit dans mon livre que le capital-risque européen ait jamais fonctionné…

Ainsi la globalisation des marchés, une certaine maturité de ceux-ci compliquent notre capacité à innover. Après les révolutions que le transistor, l’ordinateur, les télécom puis l’internet nous ont apporté, qui peut dire ce qu’est le prochain cycle? Nanotechnologies, greentech ou cleantech sont des buzzwords qui n’ont pas été (encore?) suivis des faits. La biotech reste un marché très peu prédictible et relativement “petit”. La crise du capital-risque est sans doute en partie le reflet de cette situation également et sans innovation de rupture, le capital-risque est sans doute à bout de souffle ou au mieux surdimensionné.

Gazelles et Gorilles - la croissance des start-up

19 avril 2010 1 Commentaire »

Depuis mon intérêt pour les start-up, c’est à dire depuis 1997 environ, j’ai toujours été intrigué par l’impact macroéconomique de ce type de sociétés, c’est à dire les sociétés à forte croissance, en général high-tech. On connait l’importance des Intel, Apple, Microsoft, Cisco, Yahoo et autres Google mais quel est-il au niveaux des économies globales.

De manière surprenante, le sujet n’est pas si bien connu qu’on pourrait croire. J’ai lu ces jours-ci quelques études récentes que vous pourrez trouver plus bas si vous êtes intéressé. La fondation Kauffman que j’ai déjà mentionnée sur ce blog publie d’excellentes choses et en particulier son expert Dane Strangler. Il est l’auteur de High-Growth Firms and the Future of the American Economy et de Exploring Firm Formation: Why is the Number of New Firms Constant? ainsi que de Where Will The Jobs Come From?

Grâce à son travail, j’ai pris aussi connaissance de travaux plus anciens, tels que Gazelles as Job Creators – A Survey and Interpretation of the Evidence and High-Impact Firms: Gazelles Revisited , tous les deux publiés en 2008.Enfin les Britanniques ont aussi leur étude, High growth firms in the UK: Lessons from an analysis of comparative UK performance. Ce dernier document est intéressant car il ne considère pas que les gazelles, autrement dit les sociétés de croissance, mais aussi les gorilles, les sociétés de croissance jeunes, c’est à dire qui ont cru rapidement en moins de 10 ou 15 ans.

Les premières réponses à ces questions furent fournies en 1981 par David Birch qui montra les grandes entreprises ne sont plus les créateurs de nouveaux emplois. Mais même à ce jour, la réponse à ces questions n’est pas très simple. En totu cas, il m’a fallu plus de temps que je n’aurais pensé pour me faire une idée que je vais essayer de partager ici avec vous. Par exemple, le tableau qui suit montre la création d’emplois aux USA par taille d’entreprises. Je fournis les chiffres sans garantie car je les ai rapidement compilé à partir de plusieurs sources, mais essentiellement de High-Impact Firms: Gazelles Revisited

Qu’est-ce que cela signifie? Premièrement, les “high impact firms” contribuent à l’essentiel des créations d’emplois. les “high impact firms” sont les sociétés qui croissent à plus de 20% par an (en emplois et en chiffres d’affaires*), les sociétés à forte croissance. Comme vous pouvez le constater, les “low-impact firms” créent aussi des emplois, mais seulement les PMEs (les petites et moyennes entreprises). Cela explique ce quasi-mythe autour de l’importance des PMEs de croissance.

Mais il y a là une simplification. Les “high-impact firms” ne sont pas que des PMEs et toutes ces études montrent de plus qu’

- elles ne sont pas jeunes, elles ont en moyenne 25 ans,

- elles ne sont pas nécessairement high-tech, on les trouve dans tous les secteurs de l’économie,

- elles ne sont que minoritairement financées par le capital-risque. ceci devient évident quand on sait que ces “high impact firms” sont environ 300 000 aux USA alors que les VCs ne financent que quelque milliers de sociétés par an…

Plus sur les gazelles ici. Et maintenant, qu’en est-il des gorilles? les gorilles sont des sociétés de croissance et jeunes. Le rapport britannique ci-dessus, leur donne un âge de 10 ou 15 ans. je me souviens aussi que Geoffrey Moore les définit comme les leaders de leur marché. mais assez peu est connu sur les gorilles. Ce rapport anglais indique qu’il n’y a pas eu de gorille récent au Royaume Uni alors que Yahoo, eBay, Amazon, Yahoo et Google sont Gorilles américains.

Dane Strangler dans son rapport fournit d’autres données intéressantes. Il ne décrit pas les gorilles à strictement parlé, mais il en est sans doute assez proche:

- Dans une année donnée, le pour-cent le plus performant 1 percent des jeunes sociétés crée environ 40% des nouveaux emplois.
- les jeunes sociétés de croissance, environ 1 percent de toutes les sociétés, créent environ 10% percent des nouveaux emplois d’une année donnée.

Plutôt impressionnant! Bien, je n’ai pas toutes les réponses que je souhaiterais avoir, mais je sais que les gazelles (environ 5-6% des sociétés américaines) sont importantes et que les gorilles (1% des sociétés) le sont peut-être encore plus. En définitive, ce qu’est l’impact de la high-tech et du capital est uen autre (mais intéressante) histoire!

*: La croissance en terme d’emplois est plus complexe que le chiffre de 20%… les experts emploient le “Employment Growth Quantifier” (EGQ), c’est à dire le produit des changements absolu et relatif (en pourcentage) en emplois sur une période de quatre ans et le prennent supérieur à 2 pour “high impact” … Une augmentation de 20% des ventes correspond aussi à un facteur 2 sur quatre ans.

La Crise et le Modèle Américain

4 mars 2010 Commentez! »

J’ai souvent des dialogues sur la crise. La crise. Mais crise de quoi? Cette crise financière, économique cache-t-elle autre chose? Une crise de civilisation? Mes collègues me reprochent souvent ma fascination pour le modèle américain qui est peut-être bien à l’origine de cette crise. Alors je vais essayer de contribuer très indirectement à la réflexion en commençant pas la crise de la Science. J’espère que vous allez me suivre!

En août 2008, j’écrivais un texte bref sur le sujet à travers le livre de Lee Smolin, Rien ne vas plus en physique. Je viens de lire récemment deux autres ouvrages dont les préoccupations sont proches. Laurent Ségalat a écrit La science à bout de souffle. Cliquez sur le lien qui précède et vous aurez un meilleur descriptif du livre que je ne pourrais le faire.

Libero Zuppiroli publie La bulle universitaire. Faut-il poursuivre le rêve américain?. Il y montre un problème qui commence à se généraliser. Ces derniers jours l’intellectuel français Régis Debray sur France Inter ou le professeur de l’EPFL, Denis Duboule sur la RSR (il faut aller à 22mn15sec environ), se sont eux aussi exprimé l’un sur l’université de la performance et l’autre sur la fraude scientifique. Duboule comme Ségalat compare la pression sur les scientifiques à celle qui pousse les sportifs à se doper. Debray qualifie hier sur France Inter d’asphyxiante cette université de la performance devenue entreprise. Il y expliquait que copier l’Amérique protestante, mélange de temple et de supermarché où Dieu est sur les billets de banque dans une France catholique où l’argent est plus proche de l’enfer risque de faire disparaître le désintéressement, qualité par excellence du service public, de l’université et sans doute de notre culture. Il ajouta qu’une de ses amies, professeur de latin à la Sorbonne, est partie aux USA, faute de “clients en France”, parce que “dans les universités américaines, on fait de plus en plus de latin et de grec”. Le constat est plus complexe car un de mes amis, spécialiste de Beaudelaire et professeur aux USA, ne serait pas convaincu que la nouvelle Athènes que serait le nouveau monde est aussi reluisante, quant à la culture classique. Comme quoi, l’enthousiasme réel que j’ai pour certains aspects des USA n’empêche pas (et ne doit pas empêcher) l’esprit critique.

Zuppiroli termine son livre par une postface dont j’extrais un passage:

“La servitude volontaire des masses est encore aujourd’hui le plus grand danger qui guette nos sociétés et menace la paix du monde. C’est le sentiment profond que le plus fort a toujours raison : son succès est la preuve qu’il n’y a pas d’autre choix que de suivre son exemple, car c’est là que se trouve l’espoir. Si les plus forts sont ouvertement injustes, le soutien qu’il convient malgré tout de continuer à leur apporter est ressenti comme une fatalité à laquelle on ne peut échapper.

En principe c’est aux dangers de la servitude volontaire que la culture universitaire, que le travail de pensée devraient permettre de résister pour proposer des solutions nouvelles.”

Je vais sauter du coq à l’âne, ou plutôt au chat… allez voir Les chats persans de toute urgence. La servitude n’y est pas volontaire, dictature obligeant. Mais dans une interview à la revue Positif, le réalisateur Bahman Ghobadi explique que son film l’a libéré. Il n’a plus peur. Et d’ajouter qu’à sa connaissance la censure ne tue plus les cinéastes ou le cinéma aux USA. Modèle pour les uns, repoussoir pour les autres. Cliquez sur ce qui suit pour un intermède musical.

Je vais revenir au point de départ, le coq. Un peu d’égo donc! Je citais Wilhelm Reich en conclusion de mon livre. « Écoute, Petit Homme » est un magnifique essai, petit par la taille, grand par l’inspiration. « Je vais te dire quelque chose, petit homme : tu as perdu le sens de ce qu’il y a de meilleur en toi. Tu l’as étranglé. Tu l’assassines partout où tu le trouves dans les autres, dans tes enfants, dans ta femme, dans ton mari, dans ton père et dans ta mère. Tu es petit et tu veux rester petit. » Le petit homme, c’est vous, c’est moi, c’est nous. Le petit homme a peur, il ne rêve que de normalité, il est en nous tous. Le refuge vers l’autorité nous rend aveugle à notre liberté. Rien ne s’obtient sans effort, sans risque, sans échec parfois. « Tu cherches le bonheur, mais tu préfères la sécurité, même au prix de ta colonne vertébrale, même au prix de ta vie. »

Il me semble que nous avons une crise profonde du collectif et de l’individuel. Comment laisser s’exprimer l’ambition individuelle s’exprimer en enrichissant le collectif. Paradoxalement, le collectif en croyant favoriser l’individuel l’a emprisonné, l’a censuré et le pousse à l’autocensure ou à la fraude.”

La réponse à la crise est difficile. On la trouve en partie chez Zuppiroli. Une utopie universitaire basée sur la créativité et sur l’enseignement, outil de transmission et d’échange. La créativité, l’inventivité et aussi (ou en conséquence?) l’innovation sont, je crois, en crise profonde. Elles sont étouffées par une culture du résultat et de la performance. J’écoutai ce matin un autre point de vue dans le Café philo de la RSR. Rétablir la confiance. La confiance en soi (l’individu) et la confiance réciproque en les autres (le collectif) qui permet respect, transmission et sans doute rapprochement de la tradition et de la nouveauté. “La confiance en soi individuelle peut faire tache d’huile sur le plan collectif”. Il y faudra aussi un esprit critique qui libère de notre servitude et une profonde discussion de nos modèles .

Si vous m’avez suivi jusque là, merci! J’y ai mis beaucoup de conviction. Réagissez, réagissez s’il vous plait.

La Suisse et l’Innovation

5 octobre 2009 Commentez! »

“La Suisse est moins compétitive dans le secteur des nouvelles technologies qu’il n’y paraît”

Tel est le sujet abordé lors de l’émission “Le Grand 8″ du 18 septembre 2008, de la Radio Suisse Romande. Je fus invité à commenter ce qui suit: “Mauvaise nouvelle: notre pays est moins compétitif dans le domaine des nouvelles technologies! C’est du moins ce qui ressort d’une nouvelle étude de “The Economist Group” publiée ce jeudi. Réalisée dans 66 pays, elle fait perdre à la Suisse trois points et se classe 14e, entre Israël et Taiwan, très loin de la Finlande (2e), de la Suède (3e) ou des Pays-Bas (5e). Le Grand 8 s’interroge ce vendredi sur les façons d’augmenter la compétitivité suisse dans ce domaine. Quelles sont les pistes à privilégier et surtout, quels seraient les avantages concrets d’une 1re place?”

Difficile de répondre à une telle question. Il est toutefois certain que les rapports fleurissent!

Le rapport mentionné est le suivant:

Mais voici une autre étude dont les résultats diffèrent:

La particularité du premier rapport est qu’il se focalise sur les technologies de l’information. Sur ce sujet, la Suisse est sans doute moins forte que dans les biotech, medtech. Contrairement à la FInlande qui peut compter sur Nokia, la Suisse n’a pas de Google, de Yahoo, de Cisco ou d’Intel en IT.

Toutefois le rapport pointe quelques faiblesses au delà de l’excellente infrastructure du pays. Au niveau de l’éducation, l’accès à l’enseignement supérieur pourrait devenir un problème. La Suisse est connue pour n’envoyer qu’une minorité d’une classe d’âge à l’université. Est-ce un mauvais pari à long terme. La course aux talents est en effet devenue mondiale. Le second domaine de faiblesse est l’environnement R&D. “Small IT firms are drivers of Innovation”. Je ne peux que noter que la Suisse n’a pas généré de grandes success stories à partir de ces start-ups (à l’exception de Logitech). On ne peut donc que souhaiter que la Suisse travaille à ces faiblesses…

Le rôle entrepreneurial du MIT

12 mars 2009 Commentez! »

En général, j’essaie de traduire intégralement mes posts en Français et en Anglais. Je n’en ai exceptionnellement pas le courage. Je vous renvoie donc au post en Anglais à propos du rôle entrepreneurial du MIT.

Vous y découvrirez l’importance des aspects culturels, comme le montre aussi la table qui suit. Bonne lecture en anglais…