Archives de catégorie : Données start-up

Une analyse des spin-offs de l’EPFL et de son écosystème entrepreneurial

J’essaie en général de ne pas mélanger mes activités à l’EPFL et celles relatives à mon blog. Voici une des rares exceptions. À l’EPFL, nous venons de publier un bref rapport décrivant les start-up de l’EPFL. Voici le lien. Vous pouvez également visiter les pages sur le soutien de l’entrepreneuriat à l’EPFL.

Le rapport fournit des données sur la création de valeur liée à la collecte de fonds et à la création d’emplois, ainsi que sur un phénomène connu, l’importance des migrants dans la création d’entreprise. Je suis conscient que la création de valeur est un sujet sensible, d’autant plus qu’en Europe, le capital-risque n’a pas démontré une corrélation réelle avec la valeur. Il peut même avoir détruit plus de valeur qu’il n’en a créé…

Les start-up selon la Paris Innovation Review

Encore une fois, la Paris Innovation Review (anciennement ParisTech Review) publie une série d’excellents articles, cette fois dédiés aux start-up. Ceux-ci sont:
– Des entreprises comme les autres? Une enquête sociologique sur des startups françaises. http://parisinnovationreview.com/2017/03/21/enquete-sociologique-startups-francaises/
– Rémunération & incitations des salariés de startup – 1 – Les salaires. http://parisinnovationreview.com/2017/03/23/remuneration-incitations-startup-salaires/
– Rémunération & incitations des salariés de startup – 2 – Actions et stock options http://parisinnovationreview.com/2017/03/23/remuneration-incitations-salaries-startup-actions/

L’article sur la sociologie des start-up montre (en fait confirme) des choses intéressantes. Je vais vous laisser le lire et sauter directement à leurs conclusion: « Quelques-uns de ces résultats peuvent donner matière à réflexion pour des politiques publiques qui viseraient à favoriser les créations d’entreprises. La survie de ces sociétés semble relativement peu prévisible, aussi bien pour les personnes impliquées (les entrepreneurs, les salariés, les services d’aide à la création) que pour les analystes qui les observent de l’extérieur. Nous avons interprété cette imprévisibilité comme le résultat de deux causes. La première est la sélection opérée par les services d’accompagnement, sélection qui a largement guidé la nôtre dans la mesure où la revendication d’innovations techniques, qui était notre principal critère d’inclusion dans notre enquête, est en général associée à des suivis et des aides par ces services. On peut penser qu’un certain nombre de projets jugés très irréalistes ont pu être exclus par ces services, ce qui limite de fait la variété des entreprises que nous avons étudiées. La seconde cause, plus fondamentale, est la variété des éléments qui font le succès ou l’échec des entreprises : débouchés qui apparaissent et disparaissent au gré de changements économiques mondiaux, des stratégies des grands groupes industriels et des initiatives des concurrents, conflits internes, ressources qui deviennent abondantes ou peu accessibles en fonction des évolutions du contexte, problèmes de financement difficiles à anticiper, etc. Cela pourrait inciter les pouvoirs publics à encourager de très nombreux projets et à ne pas se contenter de ceux qu’ils considèrent comme les plus prometteurs. Arroser un champ entier est souvent plus efficace que déverser toute l’eau disponible sur quelques mètres carrés… Très soutenues par les pouvoirs publics, les entreprises réputées innovantes s’en sortent mieux que les autres si l’on considère leur taux de survie. Peut-être ne serait-il pas absurde de faire bénéficier d’un soutien équivalent des entreprises situées dans d’autres mondes économiques. »

Le thème de l’incitation fait partie de mes sujets de prédilection comme vous pouvez le voir avec le lien Slideshare ci-dessous. En ce qui concerne les salaires, je suis entièrement d’accord avec leur conseil: être aussi objective que possible : cela garantit l’équité et reconnaît une vérité fondamentale: les gens parlent. Du point de vue des stock options, connaître les règles de vesting (durée d’acquisition) et de cliff (durée minimale) et créer un mécanisme de’obtention basé sur l’expérience des employés et mais aussi sur les couches des employées des plus anciens aux plus récents, c’est-à-dire que le même nombre d’options pourrait être accordé chaque année (et en conséquence plus d’actions pour les employés les plus anciens, car il y devrait y avoir plus d’employés par an lorsque la société grandit. Si cela n’est pas le cas, les stock-options sont probablement sans grande valeur…)

Quelle est la structure actionnariale d’Uber et d’Airbnb?

Quelle est la structure actionnariale d’Uber et d’Airbnb? Malheureusement, il s’agit d’une question que seuls les actionnaires des deux start-up peuvent connaître. Je n’en ai presque aucune idée. Mais au cours du week-end j’ai essayé de trouver combien ces licornes ont levé d’argent et comment cela a impacté les fondateurs. Si vous lisez ce blog de temps en temps, vous savez probablement que je fais cet exercice régulièrement. J’ai une base de données de plus de 350 exemples, et je vais bientôt la mettre à jour avec 401 entreprises, y compris ces deux dernières. Voici le résultat de mon analyse « quick & dirty ».


La table de capitalisation d’Airbnb- Un exercice spéculatif avec très peu d’informations disponibles


La table de capitalisation d’Uber – Un exercice spéculatif avec très peu d’informations disponibles

Quelques remarques:
– les trois fondateurs d’Airbnb avaient 27, 27 et 25 ans à la date de la fondation. Tandis que pour Uber, ils avaient 32 et 34 ans;
– comme vous le voyez, je n’ai aucune information sur les autres actionnaires « ordinaires », ni sur les plans d’options d’achat d’actions. Plus information sera disponible quand / si les entreprises décident d’aller au Nasdaq …
– les montants levés sont hallucinants mais les fondateurs relativement peu dilués;
– il y a eu un  » stock split » pour Uber (je ne sais pas comment bien traduire ce qui consiste à multiplier le nombre d’actions par un facteur donné). La forte valeur du prix par action a été en conséquence divisée par un facteur 40, ici.

Commentaires bienvenus!

PS: pour des raisons inconnues, j’ai des problèmes avec Slideshare. Voici le document sur Scribd…

Equity Structure in 401+ Start-ups by Herve Lebret on Scribd

Seydoux, le fondateur de Parrot, à propos d’entrepreneuriat et d’innovation

Une publication récente de l’excellente ParisTech Review a attiré mon attention. Elle est intitulée Trois leçons de la saga Parrot et vous en trouverez le texte intégral ici (www.paristechreview.com/2016/09/28/trois-lecons-de-la-saga-parrot/)

J’ai déjà écrit sur Parrot et son fondateur Henri Seydoux (voir www.startup-book.com/fr/2012/08/10/parrot-et-henri-seydoux-une-success-story-francaise/) et j’ai eu la chance de l’écouter à l’EPFL en 2014. Je vous encourage à regarder sa présentation où il donne cinq conseils : suivez votre intuition, entourez-vous, focalisez-vous – c’est essentiel, soyez frugal et… bonne chance.

Dans cette nouvelle série de conseils, je n’ai pas seulement retenu les trois leçons de Seydoux (il est possible de réussir en France en faisant de l’industriel, il ne faut pas se bercer d’illusions car les cycles technologiques sont rapides, le logiciel est plutôt orienté vers le B2C), mais aussi des anecdotes parlantes :
– Parrot aura été plusieurs fois au bord de la faillite mais l’obstination et la clairvoyance de son fondateur lui a permis d’éviter le pire.
– A son grand regret, Seydoux n’avait pas réussi à « convaincre les marques françaises » et d’ajouter « nul n’est prophète en son pays ».
– Pour innover, Seydoux créa des « start-up internes », avec de petites équipes talentueuses et deux interdictions : pas de spécifications, pas d’études de marché. De la bidouille, des essais et « petit à petit on accumule du savoir et parfois, cela marche ».

En 2016, Parrot, c’est une capitalisation de €300M, un chiffre d’affaires de €300M et presque 1’000 employés. Une belle success story européenne.

Les plus grandes (anciennes) start-up des USA et d’Europe

Depuis la publication de mon livre en 2007, je fais régulièrement l’exercice de comparer les plus grandes (anciennes) start-up américaines et européennes. En 2010, j’avais obtenu les tableaux suivants.

top-10-usa-2010

top-10-europe-2010

Ce que j’appelle d’anciennes start-up sont des sociétés de technologies cotées en bourse qui n’existaient pas il y a 50 ans. Bien sûr l’Europe souffrait (et souffre encore) de la comparaison, raison d’être de mon livre. Voici l’exercice mis à jour.

top-10-usa-2016

top-10-europe-2016

Je vous laisse vous faire votre propre opinion sur l’évolution des choses. Pour ma part, j’y vois quelques éléments frappants. Le plus impressionnant est lié à une présentation il y a quelques jours qui montrait l’évolution avec le temps des plus grandes capitalisations américaines . La voici… assez étonnant…

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Source: Visual Capitalist

Crispr Therapeutics Ag, la start-up suisse, prépare aussi son entrée au Nasdaq

En avril dernier, je publiai un court post sur les start-up CRISPR qui sont tellement « hot ». Alors, seules Editas et Intellia avaient publié leur dossiers d’entrée en bourse. J’avais pu construire les données sur CRISPR Therapeutics grâce aux registres suisses. Maintenant CRISPR Therapeutics Ag a également déposé son dossier pour le Nasdaq (voir son S-1). Je n’étais pas si loin de la vérité comme vous pourrez le vérifier en comparant les deux tableaux. Des données intéressantes …

– Crispr Therapeutics d’après les données du Nasdaq
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– Crispr Therapeutics d’après les données des registres suisses
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Quand le mot « start-up » a-t-il été utilisé pour la première fois ?

C’est une question qui m’a été posée hier (le 21 mai) et j’ai alors pensé qu’il avait lancé entre les années 60 et 80, mais je n’en avais honnêtement aucune idée. J’ai donc fait une petite recherche, d’abord à travers de vieux livres que j’avais lu et trouvé ceci sur Google books:

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Silicon Valley Fever: Growth of High-Technology Culture, by Everett M. Rogers, Judith K. Larsen Basic Books, 1984.

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mais apparemment j’étais assez loin du compte. Il semble que cela se soit passé en 1976 car j’ai trouvé une réponse à la question sur Quora: Quelle est l’origine du terme «start-up», et quand ce mot a-t-il commencé à apparaître?

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Comme cité dans le OED (1989 edn) start-up, au sens des affaires, est d’abord enregistrée en 1976:
1976 Forbes 15 août – 6/2: Le business démodé? d’investir dans des start-up dans le domaine du traitement électronique des données.
L’entreprise start-up est arrivé un an plus tard:
1977 Business Week (Industr edn.) 5 septembre. Un incubateur pour les entreprises start-up, en particulier dans les domaines de croissance rapide et de haute technologie. […]
Le terme «start-up» qui signifie se lancer date de 1550. Maintenant, au sens de la « jeune pousse », il a été utilisé la première fois par le magazine Forbes en 1976: « L’OED retrace les origines du terme, utilisé dans son sens moderne, dans un article de Forbes en 1976, qui utilise le mot comme suit: « le business démodé d’investir dans des start-up dans le domaine du traitement électronique des données. » Un article de business Week de 1977 inclut la pharse, « un incubateur pour les entreprises start-up, en particulier dans les domaines de croissance rapide et de haute technologie ».

Mythes et réalités des entrepreneurs en série

Voici une nouvelle contribution à Entreprise Romande. C’est un sujet que j’ai déjà abordé ici et j’ai pensé qu’il serait utile de le partager avec une plus large audience grâce à publication de la FER.

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Je me suis toujours méfié du concept de serial entrepreneur ce créateur qui, selon Wikipedia, « produit continument de nouvelles idées et commence de nouvelles entreprises, par opposition à l’entrepreneur typique, qui vient plutôt avec une idée, démarre son entreprise, puis continue à jouer un rôle important dans le fonctionnement au jour le jour de sa société. » Pourquoi un tel biais si l’on considère les parcours exceptionnels de serial entrepreneur comme Steve Jobs (Apple, Next, Pixar), Elon Musk (PayPal, Tesla, SpaceX) ou la quasi- « rock-star » anglaise Richard Branson qui a décliné le mot Virgin dans la musique, la grande distribution, le transport aérien et les communications mobiles ? Parce que par expérience, l’idée de butiner d’une idée à une autre me semble insuffisante si l’on ne consacre pas durablement une énorme énergie à sa commercialisation ? Pas vraiment, puisque les trois exemples cités montrent qu’il peut s’agir, non d’hyper-activité superficielle, mais de succès de produits ou de services consécutifs à un engagement total de leurs créateurs.

Ma méfiance s’est construite avec le temps, car à l’exception de quelques personnages mythiques toujours cités en exemples pour de bonnes raisons, j’ai eu la conviction de « patterns » récurrents que l’exemple de Steve jobs illustre assez bien : il n’aura jamais fait aussi bien qu’avec Apple, sa première création. Il y a quelques années, je me suis attelé à une étude statistique des « performances » de ces serial entrepreneurs en les comparant à leurs plus classiques homologues [1]. L’étude de quelques 450 entrepreneurs en série au sein d’un groupe de plus de 2 700 fondateurs m’avait donné des résultats intéressants : si en moyenne, les entrepreneurs en série font mieux que les autres lors de leur première entreprise (la valeur créée est supérieure avec des investissements moindres), la tendance s’inverse avec les suivantes, et dès la troisième, ils font moins bien en levant plus d’argent auprès de leurs investisseurs. CQFD ! Cette étude était peut-être le résultat d’une situation particulière à la Silicon Valley et Stanford ? Une étude de 2011 sur quelques 600 entrepreneurs britanniques [2] montre que 60% des fondateurs ayant connu l’échec étaient des entrepreneurs en série alors qu’ils représentaient la moitié de l’échantillon. Les auteurs sont connus comme des experts du sujet et leurs nombreuses études ne montrent en tout cas pas que l’expérience représente un véritable avantage.

Si les faits semblent quelque peu saborder le mythe, il est aussi intéressant de poursuivre l’analyse. Un entrepreneur en série, et plus encore s’il a un parcours à succès, aura une énorme confiance en lui et sans doute un pouvoir de séduction conséquent pour attirer investisseurs et talents pour ses futurs projets. Il sera prêt à prendre des risques d’autant plus grands que, comme il a déjà réussi, l’échec aurait, pour lui, un moindre impact financier. Les auteurs de l’étude britannique ajoute que ceux qui ont échoué ont vécu un tel trauma qu’ils refouleront cet échec au point de ne pas apprendre quoi que ce soit de l’expérience…

Quelles leçons en tirer pour ceux – investisseurs ou employés – qui seraient prêts à suivre aveuglément un tel héros ? Sans doute qu’il faut faire preuve d’un peu de prudence et analyser avec un peu de rationalité si le projet a du sens et si son créateur semble un minimum rationnel dans sa vision du développement de ce nouveau projet. En réalité, le succès restera toujours du domaine de l’exception, un alignement improbable des planètes. Un entrepreneur se doit d’être toujours optimiste, mais s’il perd trop de vue ces réalités, son aveuglement pourra lui être fatal. Et je me permets d’ajouter un message pour l’entrepreneur sans expérience : à trop écouter les conseils de ceux qui « sauraient », l’entrepreneur risque d’oublier sa petite voix intérieure, cette intuition si fondamentale à tout créateur. Ce mythe du serial entrepreneur montre peut-être que le talent a plus d’importance que l’expérience…

[1] Serial Entrepreneurs: Are They Better? – A View from Stanford University Alumni – Babson Conference “Frontiers of Entrepreneurship Research” 2012. http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2133127
[2] Why Serial Entrepreneurs Don’t Learn from Failure. Par Deniz Ucbasaran, Paul Westhead et Mike Wright . https://hbr.org/2011/04/why-serial-entrepreneurs-dont-learn-from-failure

L’A&D de Cisco

En 2009, j’avais analysé la stratégie d’acquisitions et de développement (A&D) de Cisco qui prétendument était un substitut à la R&D. Vous pouvez voir mon article précédent également intitulé l’A&D de Cisco. J’ai décidé de refaire la même analyse, à savoir la taille de Cisco par an (chiffre d’affaires et employés), ainsi que le nombre et la valeur de ses acquisitions. J’ai aussi analysé la situation géographique de ces acquisitions. Les résultats suivent ci-dessous. J’ajoute que la Silicon Valley reste la principale source d’acquisitions. La valeur totale des fusions et acquisitions était environ $75B ($48B jusqu’en 2006 et $27B au cours des 10 dernières années).

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Enfin, voici la liste exhaustive de ces acquisitions (à partir du site web de Cisoc et Wikipedia).

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Grandeur et décadence de Blackberry

Article très intéressant dans l’excellente ParisTech Review: Grandeur et décadence de BlackBerry. L’article montre comment la « disruption » est de plus en plus menaçante non seulement pour les entreprises établies, mais aussi pour les start-up à croissance rapide .

Blackberry a été fondée en 1984 comme Research in Motion par deux jeunes étudiants ingénieurs de l’Université de Waterloo – Mike Lazaridis – et de l’Université de Windsor – Douglas Fregin. Ils avaient environ 23 ans. Huit ans plus tard, un homme d’affaires expérimenté, James Balsillie, les rejoindra, investira une partie de son argent ($250k) et deviendra le « co-PDG » avec Lazaridis. RIM a financé une grande partie de son activité initiale avec ses partenaires (Ontario New Ventures – $15k; General Motors – $600k; Ericsson – $300k; l’Université de Waterloo – $100k; le développement local de l’Ontario – $300k) de sorte qu’elle n’a levé des fonds auprès des investisseurs qu’1995 seulement, y compris Intel en 1997. La société est entrée en bourse à Toronto en octobre 1997, puis sur le Nasdaq en 1999.

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Comme les auteurs le remarquent, « si BlackBerry représente à peine 1% des parts de marché du smartphone aujourd’hui, l’entreprise canadienne en contrôlait la moitié il y a quelques années. […] Or, dans cet âge de la rupture, l’histoire du BlackBerry est la mère de toutes les histoires. L’entreprise qui l’a lancé en 1998 pèse 20 milliards de dollars une décennie plus tard. Puis, quatre ou cinq ans après, cette même société, à bout de souffle, ne vaut plus que 3 milliards. Ce n’est pas seulement une histoire de rupture ; c’est une histoire qui résume la vitesse de la course technologique actuelle. »

Ils expliquent comment Lazaridis était un visionnaire lorsque les téléphones mobiles devaient être des dispositifs simples et comment il a échoué quelques années plus tard: « Le moment crucial, c’est janvier 2007, quand Steve Jobs se promène sur scène, à San Francisco, en tenant cet objet brillant que nous tous connaissons et adorons tous, et qu’il dit: « C’est un iPhone ». […] La partie vraiment fascinante de l’histoire de BlackBerry, c’est leur réaction ce jour-là. À Mountain View, chez Google, il y avait deux projets secrets : l’un pour un nouveau téléphone à clavier, l’autre pour un téléphone à écran tactile exploité sous Android. À la minute où ils ont vu Jobs présenter l’iPhone, ils ont réalisé que leur projet avec clavier était mort, et ils ont tout basculé vers le téléphone à écran tactile. Mike Lazaridis, lui, a regardé cette annonce, considéré ce qu’offrait Steve Jobs, et il a dit : « C’est impossible. » Une fois encore, l’ingénieur conservateur disait non, les réseaux ne pourront jamais transmettre toutes ces données. C’est une impossibilité. Ce n’est même pas logique que quelqu’un le propose. Il a eu raison les deux premières années. N’oubliez pas tous les appels interrompus, toutes les frustrations, toutes les poursuites contre Apple et les opérateurs. Cela ne fonctionnait pas… Mais ensuite cela a fonctionné, et RIM a eu tout faux. Deux ans, dans la technologie, c’est une vie complète ; au moment où ils ont enfin réalisé la gravité de la menace, ils en étaient à suivre la meute. »

Blackberry était (est encore) la réussite la plus connue de l’Université de Waterloo et Wikipedia mentionne à quel point Lazaridis a remercié son alma mater: En 2000, Lazaridis a fondé l’Institut Perimeter pour la physique théorique. Il a fait un don de plus de 170 millions de dollars à l’institut. En 2002, Mike Lazaridis a fondé l’Institute for Quantum Computing (IQC) de l’Université de Waterloo. Avec sa femme Ophelia, il a fait don de plus de 100 millions de dollars à l’IQC depuis 2002. Cela me rappelle ce que Logitech et Daniel Borel sont à l’EPFL (où je travaille). Vous devriez lire l’article complet et je conclus ici avec ma table de capitalisation habituelle…

Blackberry CapTable