Posts Tagged ‘Capital-risque’

Capitalisation : Kelkoo

Mardi, mai 6th, 2008

Kelkoo est un cas d’étude passionnant. La société fut une pour ne pas dire la success story de l’Internet français voire européen. Elle fut acquise par Yahoo pour €475M en 2004. Elle fut extrêmement ambitieuse dès ses débuts et elle eut une stratégie paneuropéenne assez étonnante en attaquant l’Espagne, le Royaume-Uni et la Scandinavie par une série de croissances externes : DondeCom, Shopgenie et ZoomIT. Kelkoo leva environ €45M en moins d’un an ! Il y eut donc pour les fondateurs une série de dilutions, liées aux trois tours de financement A, B et C et à ces trois acquisitions.

La table de capitalisation et les figures ci-dessous montrent l’évolution des chiffres. J’ai bien conscience que ces tableaux sont riches en information mais si le lecteur veut bien me suivre, je pense que ces données sont d’intérêt. Commençons par le tableau du bas, qui donne la liste des tours de financement. En 1999, Kelkoo est créée par cinq fondateurs (Chappaz, Lopez, Amouroux, Odin and Mercier) et immédiatement financée par 2 capitaux-risqueurs (« VCS ») : Banexi et Innovacom. Les deux fonds investirent €1.5M en décembre 1999 (round A), puis un peu plus de €4M en mars 2000 (round B). Première subtilité, il y eut un stock split entre les deux tours : chaque action pre-round A donna 50 actions post round B ; ceci explique que le prix par action de €24.67 est en fait équivalent à environ €0.50. Pour le round B, le prix par action fut de €1.45. Les cinq fondateurs s’étaient réparti les actions initiales sur la base 1/3 pour Chappaz, 1/3 pour Lopez et le delta entre les trois autres fondateurs. Mais des options furent allouées à Chappaz et Mercier lors du tour B, sans doute pour rééquilibrer différemment ces parts. Les « camemberts » donnent donc une répartition différente. Dominique Vidal n’est pas un fondateur mais travaillait chez Banexi où il travailla à l’investissement dans Kelkoo avant de rejoindre Kelkoo comme directeur général. Il reçut initialement 338′000 actions environ, puis reçut d’autres actions avec le temps, mais je ne connais pas le nombre exact (il s’agit d’une simple estimation dans son cas). Enfin, un plan de stock-options fut aussi mis en place pour les employés, leur donnant alors virtuellement 19% de Kelkoo. Nous ne sommes qu’en mars 2000 et déjà l’évolution de la capitalisation est riche en données. On peut donc lire le tableau soit avec le nombre d’actions (partie droite) soit en proportion du total de la société partie gauche).

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La situation se complexifie avec les acquisitions de Kelkoo. Tout d’abord DondeCom (Espagne) et ShopGenie en juin 2000. Le partage fut d’environ 50-50 entre Kelkoo et les nouveaux arrivants. Egalement en juin 2000, Kelkoo lève son troisième tour (round C) pour un total de €30M ; en septembre 2000, elle lève €6M de plus aux mêmes conditions. Initialement, le prix par action était de €1.99. Mais il y avait une condition à ce prix : Kelkoo devait fournir une sortie, une liquidité aux investisseurs en 2001 ou le prix serait ramené à €1.70. Kelkoo n’eut ni IPO ni M&A fournissant une liquidité aux investisseurs, ils reçurent donc de nouvelles actions pour diminuer le prix initial. Ceci implique donc que la valorisation de Kelkoo était alors de €96M et que les investisseurs du troisième tour possédaient 37% de Kelkoo. Il ne reste plus qu’à mentionner la dernière acquisition de Kelkoo, ZoomIT en Scandinavie pour un peu moins d’un tiers du total de Kelkoo.

Yahoo acheta Kelkoo pour €475M ce qui implique un prix par action de €5.7 en admettant que le nombre total d’actions soit correct. La dernière colonne donne donc la valeur des actions par actionnaire (mais elle n’indique pas combien ses actions coutèrent. Il faudrait déduire le coût pour obtenir le profit avant impôt). Comme je l’ai toutefois mentionné pour les cas précédents (Skype, mysql), ces données ne sont jamais faciles à garantir. Je ne dois pas être très loin de la réalité mais les augmentations successives de capital n’indiquent pas toujours combien d’options furent réellement exercées et donc transformées en actions. J’ai toutefois acheté sur le registre du commerce français une dizaine de documents qui décrivent de manière précise cette histoire. Ils sont mal seule source d’information pour bâtir tous ces tableaux. L’histoire de Kelkoo est très bien racontée dans le livre « Ils ont réussi leur start-up » chez Village Mondial. Pierre Chappaz est aujourd’hui CEO de Wikio et tient un excellent blog, Kelblog. Pierre Chappaz fit aussi une passionnante présentation de son histoire à l’EPFL en 2005.

Références : www.euridile.fr

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Capitalisation: skype

Jeudi, avril 17th, 2008

Comme suite au cas “mysql” case, voici la capitalisation de Skype. Skype a été fondée en novembre 2003 et acquise par eBay en septembre 2005 pour environ $2.6B. Le deal est assez complexe toutefois car il incluait une composante cash et une composante equity et parce qu’il y avait un potentiel de gain supplémentaire jusque $4B. Le document de la SEC indiquait: “Skype shareholders were offered the choice between several consideration options for their shares. Shareholders representing approximately 40% of the Skype shares chose to receive a single payment in cash and eBay stock at the close of the transaction. Shareholders representing the remaining 60% of the Skype shares chose to receive a reduced up-front payment in cash and eBay stock at the close plus potential future earn-out payments which are based on performance-based goals for active users, gross profit and revenue.” En octobre 2007, eBay annonça que l’earn-out serait de $530M. Je considère ici l’acquisition à sa valeur plancher de $2.6B.

Les deux fondateurs, Janus Friis (Danemark) et Niklas Zennström (Suède) avaient déjà co-fondé Kazaa et en avaient profité pour créer une holding, Maitland Holdings, qui regroupa plus tard leur participation dans Skype. Je ne sais pas si Maitland regroupait d’autres participations mais je fais l’hypothèse que les premiers employés estoniens (Toivo Annus, Jaan Tallinn, Pritt Kasesalu et Ahti Heinla) furent inclus. Il est toutefois possible qu’ils n’aient eu que des options. Comme ces répartitions individuelles n’ont pas été publiées, j’estime que les deux fondateurs avaient environ 40% chacun et que les Estoniens se sont partagé les 20% restants. Ceci n’est toutefois pas tout à fait consistant avec un document de la SEC qui indique que les Estoniens avaient 5.6% des actions eBay à l’acquisition. Par contre le nombre total d’actions ordinaires (« common ») de stock options, d’actions préférentielles (« preferred A et B ») provient de Legilux, le site du registre du commerce du Luxembourg et les données sont elles correctes. (Voir les références ci-dessous.)

Il y eut deux tours de financements institutionnels et aussi un financement seed (converti en actions plus tard). Les documents Legilux permettent d’estimer que Skype leva €600k de seed en 2002-2003 avec Bill Draper et d’autres bus. angels, puis un premier tour de €1.5M en nov. 2003 (Mangrove et Bessemer) et enfin un tour de €14.5M en mars 2004 (DFJ et Index Ventures). Le nombre d’actions de chaque financement et le montant permet d’obtenir un prix par action.

Le conseil d’administration de Skype incluait ses investisseurs, Tim Draper (DFJ), Danny Rimer (Index) ainsi que Mike Volpi (Cisco). Volpi est devenu par la suite CEO de Joost, la nouvelle start-up de Friis and Zennström. Skype avait environ 200 employés au moment de l’acquisition, des revenus de $7M en 2004 et estimés alors à $60M pour 2005.

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Références : SEC, Legilux, Kazaa and Skype, Eestit Ekspress

à suivre, Kelkoo, Addex.

 

Capitalisation : mysql

Jeudi, avril 10th, 2008

Comme suite à mon précédent article sur la Scandinavie, je commence avec mysql une série de posts qui sont liés au chapitre 3 « Fondateurs de Start-up » : il est assez intéressant d’analyser les capitalisations de start-up lors d’une liquidité (IPO ou acquisition). Les entrepreneurs et employés peuvent ainsi découvrir ceux à quoi ils peuvent s’attendre en termes de dilution en raison de l’arrivée d’investisseurs ou d’un plan de stock-options.

La récente acquisition de mysql par Sun Microsystems pour $1B montre que les “success stories” européennes existent. De manière assez remarquable, mysql suit Skype, une autre start-up scandinave. Autre élément la diversité d’origine des fondateurs : des Suédois et Danois pour Skype, des Suédois et Finlandais pour mysql. Enfin dans les deux cas, le Luxembourg a servi de base pour la holding des fondateurs. L’article “Focus on Sweden” publié par la Library House à Cambridge montre l’importance de la Scandinavie et des pays baltes. Vous, lecteur, pourriez ne pas vous en souvenir, mais la Scandinavie a eu de très jolis succès tels que Navision, Qeyton, Altitun. L’acquisition de Trolltech par Nokia récemment en est un autre exemple, même s’il est modeste.

Laissez-moi revenir à mysql: de manière similaire aux chapitres 3 et 8, voici quelques éléments d’information sur mysql. mysql fut fondée en 1987 (comme projet) par trois fondateurs, deux Suédois et un Finlandais, David Axmark, Allan Larsson and Michael “Monty” Widenius qui avaient travaillé ensemble dans les années 80. Le CEO, Marten Mickos, les rejoignit en 2001, année où mysql leva son premier tour de financement ($1M) avec ABN Amro. Ensuite la start-up leva $19.5M en 2003 avec Benchmark et Index. En février 2006, mysql leva son troisième et dernier tour de $18.5M, avec pour investisseur principal IVP et pour co-investisseurs Intel, Red Hat, SAP. Bien que dans le domaine « Open source », mysql put générer des revenus grâce à la maintenance et aux services. La croissance est impressionnante (mais il faut relativiser les chiffres toujours sujet à caution pour les sociétés non cotées).

Année Revenus
2002 $6′500′000
2003 $12′600′000
2004 $20′000′000
2005 $34′000′000
2006 $50′000′000
2007 $75′000′000

Le conseil d’administration était également très riche en personnalités: Bernard Liautaud, fondateur de Business Objects et Tim O’Reilly.

La table de capitalisation est sans doute proche de celle que je présente ici, mais la aussi, malgré des sources Internet diverses, la véracité des données doit être qualifiée de probable seulement…

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Sources : Di.se Legilux

à suivre, Skype, Kelkoo, Addex.

Prendre des Risques

Lundi, mars 17th, 2008

Le site Stanford Venture Technology Program est une des meilleures sources d’informations que je connaisse sur les start-up. Dans une récente newsletter, est mentionnée une vidéo deVinod Khosla (co-fondateur de Sun Microsystems et ancien capital-risqueur chez Kleiner Perkins). STVP résume son point de vue ainsi:

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“Launching a start-up is not a rational act. And Vinod Khosla, a partner in Kleiner, Perkins, Caufield & Byers and former Sun Microsystems CEO, believes that success only comes from those who are foolish enough to think unreasonably. Entrepreneurs need to stretch themselves beyond convention and constraint to reach something extraordinary.”

Tom Perkins, un capital-risqueur de la Silicon Valley

Jeudi, décembre 20th, 2007

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Tom Perkins est une des icônes de la Silicon Valley. Je n’ai pas encore lu son autobiographie mais Andre Mercanzini, un collègue de lEPFL, m’a mentionné un intéressant podcats de VentureVoice. Voici donc le point de vue de Perkins sur ce qui rend la Silicon Valley unique:

The difference is in psychology: everybody in Silicon Valley knows somebody that is doing very well in high-tech small companies, start-ups; so they say to themselves “I am smarter than Joe. If he could make millions, I can make a billion”. So they do and they think they will succeed and by thinking they can succeed, they have a good shot at succeeding. That psychology does not exist so much elsewhere.


Le capital-risque et l’Europe

Vendredi, novembre 2nd, 2007

Pour ceux qui douteraient de mon point de vue sur le capital-risque en Europe, le journal Le Temps a publié un article intitulé “Le capital-risque européen profitera d’un effet de rareté”. L’auteur affirme qu’à la suite de la bulle Internet seuls 12 fonds de taille importante ont survécu. Le tableau qui suit confirme que les retours sur investissement n’ont pas été brillants.

Private Equity Returns over 10 years

Les milliardaires de la technologie en 2007

Vendredi, octobre 12th, 2007

Quand le magazine Forbes a publié sa liste de milliardaires, j’ai essayé d’extraire ceux qui ont bâti leur fortune grâce à des start-up high-tech. J’ai ensuite compré Europe et Etats-Unis et la table qui suit est éloquente: en Europe,seule SAP a permis la création de telles fortunes.

Rang Nom Pays Fortune ($B) Origine Age
1 Bill Gates USA 56 Microsoft 51
11 Larry Ellison USA 21.5 Oracle 62
19 Paul Allen USA 18 Microsoft 54
26 Sergey Brin USA 16.6 Google 33
26 Larry Page USA 16.6 Google 34
30 Michael Dell USA 15.8 Dell 42
31 Steven Ballmer USA 15 Microsoft 51
76 Pierre Omidyar USA 8.8 Ebay 39
116 Eric Schmidt USA 6.2 Google 51
119 Hasso Plattner Allemagne 6 SAP 63
132 Steven Jobs USA 5.7 Apple, Pixar 52
188 Jeffrey Bezos USA 4.4 Amazon 43
204 Jeffrey Skoll USA 4.2 Ebay 42
243 Gordon Moore USA 3.6 Intel 78
287 Klaus Tschira Allemagne 3 SAP 66
369 Ray Dolby USA 2.5 Dolby 74
369 David Filo USA 2.5 Yahoo 40
407 Mark Cuban USA 2.3 Broadcast.com 48
432 John Abele USA 2.2 Boston Scientific 70
432 Henry Nicholas III USA 2.2 Broadcom 47
432 Jerry Yang USA 2.2 Yahoo 38
458 Omid Kordestani USA 2.1 Google 43
458 Henry Samueli USA 2.1 Broadcom 52
538 Hans-Werner Hector Allemagne 1.9 SAP 67
538 Peter Nicholas USA 1.9 Boston Scientific 65
538 Andy Bechtolsheim USA 1.9 Sun, Google, 51
557 John Morgridge USA 1.8 Cisco 73
583 Irwin Jacobs USA 1.7 Qualcomm 73
583 Mike Lazaridis Canada 1.7 RIM (Blackberry) 46
583 Kavitark Shriram USA 1.7 Google 51
583 Theodore Waitt USA 1.7 Gateway 44
618 James Balsillie Canada 1.6 RIM (Blackberry) 46
664 Amar Bose USA 1.5 Bose 77
664 Thomas Siebel USA 1.5 Siebel Systems 54
717 David Cheriton USA 1.4 Google 55
717 Scott Cook USA 1.4 Intuit 54
717 Todd Wagner USA 1.4 Broadcast.com 46
754 Richard Egan USA 1.3 EMC Corp 71
754 Margaret Whitman USA 1.3 Ebay 50
799 David Duffield USA 1.2 Peoplesoft 66
799 Dietmar Hopp Allemagne 1.2 SAP 66
840 James Clark USA 1.1 Netscape 63
891 Weili Dai USA 1 Marvell 45
891 John Doerr USA 1 Venture capital 56
891 Arthur Rock USA 1 Venture capital 80
891 Charles Simonyi USA 1 Microsoft 59
891 Sehat Sutardja USA 1 Marvell 45
New Vinod Khosla Inde 1.5 Sun, Venture capital 52
New Michael Moritz USA 1.3 Venture capital 52