Ce blog contient des articles issus du livre "Start-Up" et des articles originaux de Hervé Lebret. Le livre est disponible sur Amazon ainsi qu'en version électronique. Pour acheter le livre cliquez ici.

Archives pour le tag ‘Capital-risque’

Les Super Angels

17 août 2010

Je rentre de vacances pour découvrir que le monde a changé! Avant ma coupure estivale, il y avait les business angels qui investissaient dans le premier tour jusque $1M environ et les VCs qui n’investissaient que rarement moins de $1-2M, et de plus en plus à partir du deuxième tour. Mais la frontière est devenue floue: il y a maintenant les “seed VCs” (dont Index seed est un dernier en date) et les Super Angels qui se font la compétition sur les mêmes territoires.

Si vous voulez en savoir plus vous trouverez de nombreux articles, essentiellement en anglais:

VCs et super Angels: la guerre pour les entrepreneurs qui est en fait la traduction de

VCs And Super Angels: The War For The Entrepreneur de Techcrunch.

Why Micro-VCs Are So Damn Friendly de Xconomy.

‘Super Angels’ Alight du WSJ.

Micro VCs Are all BFFs… Forever? par David Beisel.

Tout cela n’est pas si nouveau puisque Business Week relevait le phénomène dès mai 2009: ‘Super Angels’ Shake Up Venture Capital.

Et je ne dois pas oublier le blog de Fred Destin grâce à qui j’ai découvert tout cela: Super Angels, Lean VCs, Proto-Incubators, whatever. Focus on social contract. Il a aussi publié un post sur les European SuperAngels.

Alors tout cela est-il si révolutionnaire? Je ne suis pas trop convaincu, mais je suis peut-être si loin de ce monde que j’ai manqué ce changement. Ou bien le monde high-tech et du VC est dans une telle crise qu’il cherche de nouveaux modèles. Pourtant, il y a toujours eu de gros business angels, tels que Arthur Rock pour Intel et Apple, Andy Bechtolsheim pour Google et Magma, et Sequoia a financé Yahoo dès le début, alors quoi?

Il est vrai que les VCs ont des fonds de taille considérable, qui atteignent le milliard et investir mois de $1M devient un casse-tête, mais ils ont compris la faiblesse du modèle et ils reviennent au seed. Les entrepreneurs croient que les anges sont plus sympathiques, mais relisez mes posts sur la Tesla story ou sur Elon Musk.

Enfin, il y a des arguments intéressants comme le fait que les start-up dans le logiciel et l’internet ont moins besoin de capitaux que les start-up classiques et que ces entrepreneurs souhaitent se vendre à
Google pour $25M, ce qui n’est pas si mal, et du coup, ils n’ont peut-être plus besoin des VCs classiques. Au risque que la Silicon Valley ne produise plus de sociétés comme Google ou Apple. Alors il ne s’agit sans doute que d’un retour vers le futur…

La Crise du Capital-Risque

23 juillet 2010

Cette fois, le chose semble claire. Le capital-risque est en crise. L’association Capintech tire la sonnette d’alarme dans un récent communiqué de presse (pdf) relayé par le Journal de l’Innovation.

Quant au diagnostic, trois points sont relevés:

1- Quels que soient les pays observés, le financement en fonds propres des entreprises innovantes nécessite une forte implication des pouvoirs publics en amont.

2- Les mesures « prudentielles » vont freiner la participation des banques et des assurances qui apportent des fonds au capital-risque.

3- Comme dans les autres pays européens et aux USA, l’industrie du capital-risque français doit repenser son modèle économique.

L’association pense que la crise est durable mais que des mesures sont nécessaires à court terme:

- La mise en place du Fonds national d’amorçage - FNA.

- La réflexion globale engagée par l’AFIC peut conduire à une meilleure cohabitation des outils de financement en fonds propres.

Les données ci-dessous extraites d’un rapport de l’European Investment Fund intitulé Private Equity Market Outlook confirment les difficultés.

Je ne suis pas tout à fait sûr que ce diagnostic et les soins proposés soient adéquats. La crise est peut-être beaucoup plus profonde comme je le mentionnais à travers les réflexions d’Andy Grove dans mon post précédent. S’il n’y a sans doute pas  de crise de l’inventivité (il y a toujours de belles et nouvelles idées), il y a sans doute une crise de l’innovation, c’est à dire une difficulté à commercialiser ces nouvelles idées et cela ne vient pas seulement d’une crise du capital-risque. Il n’est d’ailleurs pas convaincant comme je l’ai écrit dans mon livre que le capital-risque européen ait jamais fonctionné…

Ainsi la globalisation des marchés, une certaine maturité de ceux-ci compliquent notre capacité à innover. Après les révolutions que le transistor, l’ordinateur, les télécom puis l’internet nous ont apporté, qui peut dire ce qu’est le prochain cycle? Nanotechnologies, greentech ou cleantech sont des buzzwords qui n’ont pas été (encore?) suivis des faits. La biotech reste un marché très peu prédictible et relativement “petit”. La crise du capital-risque est sans doute en partie le reflet de cette situation également et sans innovation de rupture, le capital-risque est sans doute à bout de souffle ou au mieux surdimensionné.

Comment négocier avec les VCs

28 juin 2010

Une présentation intéressante, tout autant par la forme que par le fond, sur la manière de négocier avec les capitaux-risqueurs, faite par Fred Destin (Atlas Venture) à la conférence LIFT. J’ai rencontré Fred il y a quelques mois et c’est une personne dont j’ai apprécié le style. Vous pouvez aller sur son blog directement ou regarder les documents qui suivent.

Quant au format, j’ai été séduit par l’outil de Prezi.

A123, Boston et Atlas

26 février 2010

Je viens de rencontrer Fred Destin dans le très beau Rolex Learning Center de EPFL. Nous avons tous les deux une passion pour les entrepreneurs et l’architecture!

Fred m’a dit qu’il aimait mes tables de capitalisation (pour mémoire skype, mysql, Kelkoo, Synospsys, Genentech, Adobe ou le document général.

Voici donc un petit cadeau pour Fred qui quitte l’Europe pour le bureau d’Atlas à Boston: la capitalisation de A123 Systems, spin-off du MIT, qui a fait son entrée au Nasdaq en Septembre dernier.

J’ai conscience que les images ne sont pas de super qualité mais vous pouvez cliquer dessus et aussi me demande le fichier excel.

Les Bons Vieux Jours

8 février 2010

Deux articles on attiré mon attention ces derniers jours. L’un est intitulé Frank Quattrone, Star Banker of Technology Ventures, Talks Wistfully of the Good Old Days—Before Netscape’s IPO.

L’autre est moins nostalgique et je vous passe la traduction du titre du site, que je trouve amusante: You’re in Deep Chip Now.

En voici le contenu:

Je ne vais pas commenter cette info, mais je reviens brièvement sur Quattrone. Quattrone était une des stars du monde des IPOs comme vous pourrez le lire sur ce post de Xconomy. Ce qui est frappant est que depuis 8 ans, depuis l’éclatement de la bulle internet, il y a (beaucoup) moins de capital-risque et d’IPOs. Les causes en sont multiples. Mais la question principale est pour moi la suivante: faisons-nous face à une crise majeure de l’innovation? Les années 60 avaient donné le transistor et l’industrie du semiconducteur date de ces années-là, puis vint l’ordinateur dans les années 70, le PC dans les années 80, puis l’Internet et les communications mobiles dans les années 90. Mais que nous ont donné les années 2000? Sans parler de la décennie à venir… je n’ai pas de réponse. Et vous?

Les VCs sont-ils arrogants?

28 janvier 2010

C’est la question posée (en anglais) par Fred Destin sur son blog: The Arrogant VC: A View From the Trenches.

C’est un sujet qui me concerne, entre autres parce que vois trop d’entrepreneurs ne voulant même pas considérer une rencontre avec ce type d’investisseurs. Je ne vais pas aller plus loin dans ce post mais (par paresse), je vous renvoie à la suite en anglais sur Are VCs arrogant?

Business angels et capital-risque

24 novembre 2009

Je me suis amusé à utiliser Google Translate et à en laisser la majeure partie pour ce post que j’ai écrit initialement en anglais. Je n’ai corrigé que les choses incompréhensibles en laissant les maladresses visibles. Le résultat n’est pas inintéressant !

La question se pose souvent sur la différence entre les deux groupes, les business angels et investisseurs en capital-risque. La réponse simple, qui prétend que les anges viennent à l’amorçage alors que les VCs arrivent plus tard, est trompeuse. Par exemple, Google a obtenu 1 million de dollars de business angels initialement alors que Yahoo obtint son 1er million de Sequoia. En fait, les différences sont ailleurs. Un article scientifique récent, théorise certaines ces différences et je les décris ci-dessous.

J’ai une tendance à dire que le capital-risque a été l’institutionnalisation des anges. Dans les années 60, il n’y avait pas beaucoup de capital-risque et les premiers fonds ont été construits par la syndication de l’argent ange et institutionnels. Même aujourd’hui, certains groupes d’anges syndiquent leur argent et ressemblent à du capital-risque. Alors, ils sont en effet assez similaires.

L’article universitaire récent que je viens de mentionner est «résultats de prévision et de contrôle dans l’incertitude: une analyse par les business angels», écrit par Wiltbalm, Read, Dew et Sarasvathy et publié dans le Journal of Business Venturing. Pour des questions de copyright, je ne suis pas sûr que vous pourrez accéder au papier, mais vous pouvez essayer en cliquant sur l’image ci-dessous.

Les auteurs définissent les investisseurs providentiels comme «une personne fortunée qui agit comme un investisseur en capital risque informel». Capital-risque informel et business angel institutionnel ; voilà deux définitions assez proches. L’un gère son argent directement, l’autre gère l’argent des autres. Mais il ya beaucoup plus que cela. Oubliez les conditions dans les « feuilles terme ». Ils sont devenus très similaires, même si certains pensent que les anges sont des partenaires plus simples. Vous trouverez des gens bons et mauvais dans les deux groupes. Le document que j’ai mentionné ci-dessus est très intéressant à un autre niveau. Il classe les investisseurs dans les deux groupes. Je simplifie certainement car ces documents académiques sont souvent trop détaillés pour un blog!

D’un côté, les auteurs affirment que vous avez les investisseurs qui se concentrent sur la prédiction, de l’autre côté, ceux qui insistent sur le contrôle. Prédiction signifie ici vous voyez une opportunité d’affaires à long terme et de déployer les ressources nécessaires pour cette ambition. Contrôle signifie que vous ne vous attachez pas au long terme mais que vous prévoyez à court terme et vous agissez comme vous apprenez. Pas réellement besoin d’un plan d’affaires. Permettez-moi d’utiliser les termes des auteurs :

“Stratégies prédictive impliquent des études de marché en utilisant des outils formels tels que des enquêtes, des modèles détaillés financiers et des calculs minutieux des risque-rendement ajusté prévus, etc, et sont très familiers à pratiquement toute personne impliquée dans la rédaction de plans d’affaires … Cependant, une forte incertitude peut réduire l’exactitude et l’utilité de la prévision … Un concept suggère que, dans la mesure où vous pouvez contrôler le futur, vous n’avez pas besoin de prévoir. Ces acteurs commencent avec qui ils sont, ce qu’ils savent et ce qu’ils connaissent, plutôt que par une vision prédéterminée ou validée par l’”opportunité”. Cela signifie qu’ils n’évaluent pas les opportunités fondées sur le rendement attendu. Au contraire, ils travaillent avec tous les intéressés. En d’autres termes, ceux qui s’engagent à aider, à déterminer ce que l’entreprise va faire. Les gens travaillent sur des choses sous leur contrôle, s’emploient à étendre la zone de choses qu’ils ne peuvent matériellement contrôler, éliminant ainsi la nécessité de prévoir l’avenir. ”

Quelles sont les implications de ces deux stratégies?

Les auteurs affirment ce qui suit: “Les résultats montrent que l’insistance sur les stratégies de contrôle est fortement corrélée à moins d’échecs alors que les investisseurs qui insistent sur la prévision font des investissements sensiblement plus importants, mais ne connaissent pas plus de homeruns (des gros succès). Nous avons constaté que les investisseurs providentiels qui exerçait une diligence supérieure connu beaucoup plus de homeruns et plus d’échecs également (donc moins de sorties modérées). En outre, les investisseurs providentiels qui ont davantage participé à leurs projets, après l’investissement, ont connu moins de sorties négatives. Étonnamment, nous avons constaté que les investisseurs qui se sont concentrés sur les opportunités très tôt (seed, amorçage) ont connu moins de sorties négatives. Ces résultats soulèvent d’importantes considérations sur l’utilisation de la prévision et de contrôle dans des contextes très incertains. Comprendre l’utilisation différentielle de ces approches stratégiques pourrait être pertinent non seulement pour les investisseurs providentiels, mais aussi pour les sociétés de capital risque, les entrepreneurs des sociétés, et les managers qui prennent des décisions dans des situations très incertaines ».

Ces implications sont très intéressantes et aussi surprenantes. Si je comprends pleinement les avantages de la stratégie de contrôle, il semble surprenant qu’un homerun vienne avec une stratégie conservatrice. Mais le contrôle ne signifie pas conservateur, cela signifie plus pragmatique. Ceci est ma compréhension de la chose.

Pour ceux qui ont lu mon livre, vous vous rappelez peut-être l’analyse du capital-risque que j’avais empruntée à Tim Cruttenden. Je vois des similitudes entre sa description et les deux catégories sauf que Cruttenden s’attend à plus de homeruns (et plus d’échecs), avec des stratégies agressives. Que pensez-vous?

Y a-t-il trop de capital-risque?

27 octobre 2009

Il s’agit d’un débat récurrent entre ceux qui pensent qu’il n’y a pas assez de capital disponible ou investi pour les entrepreneurs et les start-up et ceux qui pensent que trop d’argent tue les bonnes idées (par manque de discipline ou par trop d’investissements sur des clones de bonnes idées).

J’ai tendance à penser qu’il y a en effet trop d’argent depuis la bulle Internet et laissez moi illustrer mes pensées: un analyse récente a montré combien d’argent a été levé (committed) et investi depuis 20 ans. Voici les chiffres:

Malgré la bulle Internet, nous ne sommes pas revenus aux niveaux du début des années 90.

Il y a maintenant un second argument, parfaitement illustré dans le post VC’s Mathematical Challenge de Matt McCall. Si l’argent investi par les VCs ($35B) est au même niveau que la valeur combinée des M&As et des IPOs, l’indutrie du VC industry iva au devant de sérieux problèmes. Lisez le post si vous êtes sceptiques.

Bien sûr, il est difficile de lever de l’argent. Vous avez peut-être entendu parler du R.I.P. de Sequoia. Pourtant Sequoia, dans un post très récent a annoncé avoir fait plus d’investissements “early stage” que dans les deux années qui précédaient.

De plus, il y a en effet moins de levées de fonds.

En voici deux illustrations:

- J’étais à Washington il y a quelques jours et je suis tombé sur cet article:

- vous pouvez lire le post Is Venture Up or Down? sur Xconomy.

En conclusion, je crois qu’il y avait trop d’argent et que les nouvelles récentes indiquent peut-être que nous allons retouver les bons niveaux. Des réactions?

Pas de business plan. Est-ce important?

8 juillet 2009

Une étude en date de décembre 2008 indique que la soumission d’un business plan à des capitaux-risqueurs serait au mieux un acte symbolique, au pire sans intérêt ou du moins sans relation avec la décision d’investissement.

L’article intitulé “Form or Substance: The Role of Business Plans in Venture Capital Decision Making” a été écrit par David Kirsch, Brent Goldfarb et Azi Gera de l’Université du Maryland et a été publié par la Strategic Management Journal.

Sur une base de plus de 1000 documents, les auteurs ont testé un certain nombre d’hypothèses relatives au business plan:

1- l’impact d’un document standard,

2- la présence d’investisseurs dans la société cherchant des fonds,

3- la mention des besoins financiers,

4- les informations sur l’équipe,

5- les informations sur le “capital humain”,

6- les références à l’expérience entrepreneuriale passée,

7- les références à l’expérience professionnelle.

Les résultats sont assez frappants: les hypothèses 1, 2, 3, 5 et 7 ne sont pas validées et les hypothèses 4 et 6 auraient un certaine validation.

Leurs conclusions sont claires: “Les éléments d’information d’un business plan ne sont pas des sources d’information importantes pour la prise de décision. La soumission d’un tel document est au mieux un acte cérémonial” et ils ajoutent “ni l’existence d’un business plan ni son contenu n’ont de rôle de communication avec les capitaux-risqueurs… Les informations critiques sont obtenues par d’autres canaux de communications”.

Mais j’ajoute, à titre personnel cette fois, que tout cela ne signifie pas que le document n’est pas nécessaire pour tout entrepreneur qui souhaite lever des fonds…

A propos du premier fonds de Kleiner Perkins (épisode 3)

9 février 2009

Eurêka!

Il y a quelques jours, j’ai reçu un “vieux” livre, The New Venturers: Inside the high stakes word of venture capital de John G. Wilson (Addison-Wesley, 1985). C’est un livre passionnant sur les débuts du capital-risque, plus un livre d’histoire qu’un livre d’économie. Wilson y publie des données très intéressantes. Le chapitre 5 “The New Entrepreneurs” est consacré à Kleiner Perkins et Wilson y publie des faits et chiffres sur le portefeuille et les performances du premier fonds KP. Les données sont relativement cohérentes avec celles de Golis, mais il y a des différences…

Malheureusement Wilson ne mentionne pas ses sources et qunad j’ai demandé à Perkins ce qu’il en pensait, il m’a répondu: “Each name rings true in my memory, but I have no idea if the numbers are accurate. I think John Wilson got his hands on one or our reports to the Limited Partners—not directly from us. It’s probably all correct.”

Si quelqu’un peut m’aider à en savoir plus soit à travers les LPs de KP (par exemple Wilmington Securities) ou grâce à John Wilson… il pourrait y avoir un épisode 4!